L'Etoile de Normandie salue, par principe, et sans a priori, toutes les personnes qui, es qualités, entrent dans la grande responsabilité de prendre en charge l'intérêt général des Normands et de la Normandie.

Hervé Morin, premier président régional de l'unité normande élu au suffrage universel des électeurs normands est la personnalité publique qui est la plus directement en charge, par définition et par principe, de cet intérêt général normand qui n'avait vraiment jamais été pris en charge en tant que tel du fait du désastreux éparpillement institutionnel de la Normandie pendant 60 années de division régionale (1956 - 2016).

Mais il y a aussi l'Etat central présent "en région" depuis sa préfecture régionale sise à Rouen avec son préfet représentant le Premier ministre en Normandie et des hauts-fonctionnaires, nommés à la discrétion du secrétariat général du gouvernement qui dépend du Premier ministre.

Le premier (Hervé Morin) est élu au suffrage universel direct des citoyens normands pour un mandat clairement défini dans le temps, les compétences et le ressort géographique (la Normandie).

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Les seconds (préfet et haut-fonctionnaires) sont nommés à la discrétion du Premier ministre.

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Deux légitimités, donc, pour prendre en charge l'intérêt général des Normands: nous avons, bien entendu, notre préférence. Sachant que le critère essentiel est l'efficacité de la mise en oeuvre des meilleures politiques publiques au service de l'intérêt général des Normands, dans une région où, contrairement à tant d'autres, la défense et la valorisation d'un intérêt général régional semble évident.

Mais ces deux légitimités peuvent s'affronter lorsque celle qui provient de l'Etat abuse de sa nature (le centralisme jacobin, la valse des nominations à discrétion d'un bureau parisien, les arbitrages interministériels toujours compleses) ou lorsque celle qui provient de la souveraineté populaire régionale abuse de sa situation (posture d'isolement, volonté d'expérimentation et de différenciation sans concertation donnant l'impression d'un pouvoir régional "féodal"): lorsque cela tire à hue et à dia (prurit néo-jacobin recentralisateur d'un côté et foucades néo-girondines "régionalistes" de l'autre), l'intérêt général régional en prend un sérieux coup!

Pour que notre propos soit intellectuellement honnête, il faut rappeler que si les relations ont été souvent tendues entre Hervé Morin et les préfètes et préfets de région en balade sinon en valse chez nous, c'est d'abord la faute à celui qui, du plus haut sommet de l'Etat, a commencé le premier, à savoir le très "jovien" (et pas du tout jovial) Emmanuel Macron qui fait exactement le contraire de ce qu'il avait vaguement promis pendant la campagne des présidentielles au printemps 2017: alors que Macron nous avait promis un "pacte girondin", il nous inflige depuis trois ans un "impact jacobin" pour mieux faire passer la raboteuse de Bercy. Dans ce contexte, on comprend la mauvaise humeur récurrente d'un Hervé Morin qui défend une vision authentiquement girondine de l'intérêt général régional autour d'un principe simple:

"Laissez-nous faire!"

Grâce à la mise en oeuvre de ce principe dans le coeur même des compétences dévolues au conseil régional et à son président, à savoir, le développement économique et la mise en place d'une intelligence économique territoriale normande, Hervé Morin a mis en place un véritable bouclier social normand partant de l'idée élémentaire que le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté, le chômage et le risque du déclassement social était de garantir et de développer les emplois dans les entreprises normandes.

On dira donc que le conseil régional met en oeuvre une politique préventive volontariste de lutte contre le risque de pauvreté.

On peut aussi dire que la préfecture régionale peut, en conséquence, développer une politique de prise en charge de la pauvreté existante en lien avec les conseils départementaux en charge directement de l'aide sociale publique de proximité.

A l'amont, l'action régionale. En aval, la prise en charge de la pauvreté par l'Etat central en régions et les départements: ces deux cultures politiques différentes doivent mieux coopérer en attendant d'y voir enfin plus clair dans un énième "acte" de la décentralisation promis par l'actuel gouvernement pour le printemps 2020...

En attendant, saluons l'arrivée en Normandie d'un Monsieur "pauvreté" à la préfecture de région à Rouen:

Christianforterre

(source: Lettre Eco Normandie, 26 juillet 2019)

Car il faut bien un "haut" commissaire pour s'occuper des Normands d'en bas: la Normandie fut très jaune fluorescente cet hiver... Ceci expliquant peut-être cela!

monsieurpauvreténormandie

(Source: Chronique de Normandie, 22 juillet 2019)