Les territoires ruraux, leurs élus locaux et leurs habitants se plaignent, de plus en plus, d'une relégation, voire d'une rupture d'égalité républicaine qui n'a rien d'une sensation ou d'un ressentiment: il y a des réalités concrètes bien connues et il n'y a qu'au coeur du pouvoir, au coeur des métropoles que certains se permettent encore d'en douter.

On connaissait les déserts médicaux, les déserts en services publics qui surviennent quand l'église reste toujours fermée, puis la boulangerie, l'épicerie, le bar-tabac-presse ou l'école maternelle et primaire...

https://actu.fr/normandie/lonlay-labbaye_61232/un-euro-le-m%C2%B2-un-village-de-lorne-brade-les-terrains-pour-attirer-de-nouveaux-habitants_712264.html

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Comme une double, triple ou quadruple peine dans le genre coup de pied de l'âne, on apprend aussi que le désert des services bancaires progresse aussi dans les territoires ruraux: trouver un distributeur automatique de billets au fin fond de sa campagne devient une aventure...

On lira avec un intérêt consterné cet article de Ouest-France, notamment l'infographie avec un comparatif Normandie / Bretagne qui sautera aux yeux:

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Commentaire de Florestan:

A propos de la "France des Gilets-jaunes" condamnée à rouler pour assurer l'essentiel, il y a ceux qui en parlent (plutôt en mal) et il y a ceux qui la connaissent ou qui la vivent... Monsieur François Villeroy de Galhau, gouverneur de la banque de France, à ce titre, le haut-fonctionnaire le mieux payé de la République française avec près de... 600000 euros de salaire annuel (soit... 450 000€ de plus que le chef de l'Etat!!!) promet qu'il sera "vigilant": une promesse qui, effectivement, nous serait chère, voire même, très chère si elle était tenue!

 

Mais il y a plus grave... Il y a, comme l'a magistralement démontré Jérôme Fourquet dans son livre d'enquête "l'archipel français", un processus de fragmentation complet dans tous les domaines du réel de la nation française.

La fracture entre la ville et la campagne n'est pas que territoriale ou dans les réalités matérielles. Elle grandit aussi dans les têtes, les représentations, les "espaces vécus" (Armand Frémont) avec cette idée qui devrait rester saugrenue en France d'une ségrégation culturelle liée au lieu de résidence à l'instar de ce qui existe depuis très longtemps aux Etats-unis héritiers d'une société coloniale basée sur des discriminations territoriales, culturelles et  sociales fondées sur le racisme.

Certains "hyper" urbains ne supportent plus les réalités concrètes de la ruralité quand ils s'y trouvent: cela oblige à envisager les mesures inédites d'une réalité en passe de dépasser toutes les fictions!

coqcloches