Une fois encore, il faut saluer les initiatives privées et locales de la société civile qui permettent de sauver et d'entretenir le patrimoine architectural, artistique, culturel et spirituel de notre Normandie...

Car dans un billet récent à propos de la démolition du château dit de "Navarre" à Evreux, un beau morceau d'architecture du XIXe siècle pourtant classé MH "in articulo mortis", nous avions, hélas, démontré que la DRAC de Normandie, à commencer par son chef qui représente, en principe, au nom de l'Etat l'intérêt général en matière de "beaux arts", comme on disait autrefois, n'en avait rien à foutre du patrimoine normand.

Fort heureusement, l'ancienne abbaye Saint-Martin d'Auchy à Aumale est entre de bonnes mains puisque des propriétaires passionnés par les lieux avec le concours actif et précieux de la fondation du Patrimoine, ont entamé un ambitieux projet de restauration et de réhabilitation à l'identique...

AVANT:

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APRES:

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 Avec le soutien de la fondation du patrimoine:

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/abbaye-saint-martin-d-auchy-a-aumale

 L’établissement religieux, appartenant actuellement à des propriétaires privés, est installé depuis la fin du Xe siècle ou le début du XIe siècle, à moins de 500 mètres du centre-ville d’Aumale, sur une terrasse aménagée qui domine la vallée de la Bresle en un lieu appelé Auchy. Si une bonne partie des bâtiments claustraux a malheureusement disparu lors de la Révolution, l’urbanisation a toutefois respecté l’emprise de l’ancien enclos monastique dont les limites ont perduré depuis la fin du XVIIe siècle. Ce dernier constitue encore aujourd’hui un îlot de vestiges qui témoigne du passé prestigieux de l’abbaye.

D’abord collégiale puis prieuré, l’Abbaye Bénédictine atteint l’apogée de sa splendeur durant les XIIe et XIIIe siècles, son église était considérée comme l’une des plus belles de la province. Elle connaît les vicissitudes de l’histoire et doit être reconstruite ou restaurée à plusieurs reprises.Lors de la Révolution, le monastère est vendu comme bien national ; l’église abbatiale et de nombreux bâtiments sont démolis ; l’église paroissiale contiguë de Sainte-Marguerite-lès-Aumale disparaît à son tour en 1812.

Du passé prestigieux de l’abbaye subsistent une élégante tour ronde en briques flanquée d’une tourelle d’escalier, vestige de la maison abbatiale élevée au début du XVIe siècle, ainsi qu’un long bâtiment conventuel qui a conservé l’aspect extérieur de sa dernière restauration réalisée par les Bénédictins réformés de Saint-Maur au début du XVIIIe siècle. Jusqu’en 1793 cet édifice, en pierres à parement de briques, était adossé à l’église abbatiale et au cloître. Il abritait la salle des hôtes, la salle capitulaire, le réfectoire, la cuisine et à l’étage le dortoir des moines et la bibliothèque. Sur la façade principale figurent toujours les armoiries, malheureusement mutilées lors de la Révolution, de la province de Normandie et des princes de Bourbon, ducs du Maine et d’Aumale.

Le parc actuel a gardé les limites de l’ancien enclos abbatial. À côté de la grille d'entrée, les ruines de la chapelle Sainte-Clotilde construite en 1815 rappellent la volonté des habitants de maintenir un lieu de culte en cet endroit.

Propriétaire de l'abbaye depuis 10 ans, M. Petit a entrepris de très nombreux travaux et souhaite en 2018, effectuer une 4ème tranche :

Après la remise en état des couvertures, de la charpente, le remplacement des pierres et des briques de Saint Jean dégradées sur l’ensemble des façades, la restauration du mur de vestige de l’aile nord, le remplacement de toutes les menuiseries extérieures et le bouchement des ouvertures réalisées durant les XIXe et XXe siècles, la restauration des soubassements en grès et des trois perrons en pierre, la restauration des trois blasons de façade, la restauration des balcons et ferronneries, la restauration des six passages d’origine vers la galerie du cloître, la restauration et restitution des grandes baies nord et sud, la restauration du pignon ouest de l’aile nord, la restitution du bâtiment annexe en appentis le long du mur nord du cloître, la consolidation des murs de soutènement situés en contrebas du bâtiment conventuel, la 5ème tranche de travaux prévoit :

- l'achèvement de la restauration et l'aménagement des intérieurs de l'ancien bâtiment conventuel
- la restitution de la galerie du cloître

Voir aussi:

https://actu.fr/normandie/aumale_76035/video-fin-travaux-interieurs-approche-labbaye-saint-martin-dauchy-aumale_26495179.html

La fin des travaux intérieurs approche à l’Abbaye Saint-Martin d’Auchy à Aumale

Depuis 10 ans, Bernard Petit et son épouse s’efforcer de redonner à l’Abbaye d’Auchy son lustre d’Antan. A quelques mois de la fin du chantier, le résultat est prometteur.

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En 2009, quand Bernard Petit et son épouse rachètent l’Abbaye Saint-Martin d’Auchy à Aumale (Seine-Maritime), le pari est osé. Dix ans plus tard, le couple est en passe de le réussir. Il espère même y vivre d’ici la fin de cette année ou au début 2020. Pour cela, les Aumalois n’ont pas chômé, permettant de rendre à cette abbaye, construite fin du 10e ou début 11e siècle, sur les hauteurs de la commune, son lustre d’antan. Ses explications : 

« Une propriété à l’abandon »

C’était une propriété à l’abandon depuis une quinzaine années. Nous avons donc commencé par un état sanitaire de l’ensemble de la propriété. Les bâtiments étaient dans un triste état. Certains étaient même en état de péril ».

A l’époque et dans l’attente de la reconnaissance par les monuments historiques, les propriétaires de la bâtisse se sont attachés à la protection des lieux, au défrichage du parc, au mur de clôture ainsi qu’à la grille.

Lire aussi : Six lieux incontournables à découvrir à Aumale

Une série de 12 plans de 1704

Depuis, de nombreuses fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour de nombreux vestiges. Comme un bassin, à l’intérieur du cloître.

Par chance, nous avons retrouvé aux archives nationales une série de douze plans de l’abbaye, colorés, datant de 1704 ou 1705. Ils sont précieux et nous sont d’une très grande aide pour les différentes restaurations. Et notamment pour ce bassin qui faisait six mètres de diamètre que nous allons entièrement rénover avec son environnement paysager ».

Ces plans, établis par la congrégation bénédictine de Saint-Maur, qui envisageait déjà sa restauration à l’époque, permettent également depuis deux ans de restaurer à l’identique l’intérieur du bâtiment. Et les premiers résultats sont très prometteurs. A l’image de la grande galerie du dortoir des moines qui se trouve au 1er étage.

« Elle ouvrait sur neuf cellules ainsi qu’une bibliothèque ».

20 % d’aides financières

Mais pour mener à bien ce gigantesque chantier et obtenir des aides financières, à hauteur environ de 20 % par les monuments historiques, Bernard Petit et son épouse doivent respecter un cahier des charges très précis. Ils doivent, entre autres, utiliser les mêmes matériaux qu’à l’époque, notamment au sujet des pierres utilisées ainsi que pour les différentes menuiseries. Faute de pouvoir en trouver dans les environs d’Aumale, ils font venir des artisans spécialisés dans la restauration des vieux bâtiments du Nord de la France et de la Normandie. La fin du tunnel est proche

Bientôt habitable

« Nous espérons pouvoir y vivre à la fin de cette année ou au début de 2020. Le chantier intérieur devrait être terminé à la mi-2020. Après, nous allons nous attaquer au très gros chantier extérieur qui nous attend ».

Visite gratuite

En attendant, à partir du 16 août et jusqu’à la fin du mois de septembre, comme chaque année, le parc de l’abbaye sera ouvert au public gratuitement. Des panneaux explicatifs se trouvent sur l’ensemble de ce parcours délimité. 400 à 500 personnes y viennent chaque année. L’invitation est lancée pour découvrir ce qui est en passe de devenir le joyau de la ville d’Aumale.


 Voir enfin le projet plutôt réussi du paysagiste Jean-Baptiste Duchêne chargé de recréer le jardin et le parc de l'abbaye pour mettre en valeur les ruines et les vestiges notamment ceux de l'ancienne église abbatiale:

http://duchene-paysagiste.eu/projets/abbaye-nord-de-la-france-prive/

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 Commentaire de Florestan:

L'ouverture au public des lieux est prévu pour 2020. Saint-Martin d'Auchy pourra donc être intégrée au réseau déja exceptionnel par sa densité et sa qualité des abbayes normandes sachant qu'il y a encore des dizaines de sites monastiques normands saccagés pendant la période révolutionnaire et les mésusages faits après qui réclament des restaurations urgentes pour sortir de l'oubli et ne pas disparaître totalement...

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Ne serait-ce que dans les environs de Caen, outre l'abbaye de Longues-sur-Mer qui vient de recevoir les honneurs et les finances du dernier tirage du loto du Patrimoine de Monsieur Bern, on citera trois lieux monastiques totalement oubliés ou presque et menacés de disparition:

1) L'ancienne abbaye cistercienne de Barbery (entre Falaise et Thury-Harcourt):

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2) L'ancienne abbaye augustinienne du Val de Saint-Omer (entre Thury-Harcourt et Condé-sur-Noireau):

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3) L'ancienne abbaye de l'ordre de Prémontré à Cerisy  Belle-Etoile (entre Condé-sur-Noireau et Flers) qui est, actuellement, en grand péril:

https://monumentum.fr/ancienne-abbaye-belle-etoile-pa00110762.html

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