Il y a des causes. Donc des conséquences... Il faut assumer les conséquences politiques de ce que l'on vote à l'Assemblée Nationale quand on est élu député. Il faut aussi savoir tirer ces conséquences politiques en respectant l'intégrité des biens et des personnes ainsi contestées en usant de moyens de protestation adaptés qui rendront une colère agricole bien justifiée plus légitime encore.

A Saint-Lô, les éleveurs laitiers à juste titre inquiets des conséquences pour l'avenir de leur profession suite au vote du traité de Libre échange avec le Canada, ont décidé de ne pas murer la permanence de Stéphane Travert ni même d'arroser de fumier celle de Bertrand Sorre ou encore moins de taguer celle de Sonia Krimi, tous trois députés LREM de la Manche qui ont voté en faveur d'un traité CETA qui autorisera, à terme, l'arrivée sur le marché français de viandes bovines issues d'animaux ayant mangé des farines animales, ayant été engraissés aux hormones de croissance ou nourris avec des végétaux contenant des OGM.

Ils ont préféré afficher une vaste bache noire de protestation bien visible sur les remparts de la ville haute de Saint-Lô, non loin de la préfecture, avec la phrase suivante:

"Nos députés de la Manche Stéphane Travert, Sonia Krimi, Bertrand Sorre ont voté pour remplir nos assietes de pesticides et farines animales et anéantir notre modèle agricole d’exploitation familiale. Honte à eux !"

Pour en savoir plus:

https://actu.fr/normandie/saint-lo_50502/manche-agriculteurs-colere-deploient-une-banderole-contre-ceta_26603133.html

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 Commentaire de Florestan:

La stratégie fameuse du "et en même temps", sotte devise du régime macroniste actuel, confine à l'escroquerie intellectuelle! Tout le monde sait et notoirement les paysans, que l'on ne peut durablement ménager la chèvre et le chou, les compromis finissant toujours en compromission au profit des plus forts dans un rapport de force qui ne cesse de se tendre...

Par exemple, sur le dossier agricole: on ne peut pas "en même temps" obliger la grande distribution à mieux rémunérer les agriculteurs, favoriser le développement des filières de l'agriculture biologique et locale et signer un accord de libre-échange avec un pays qui n'a pas les mêmes exigences que les nôtres: les lobbies de l'agro-industrie chimique ont, d'ailleurs, bien compris que leur intérêt était d'investir très en amont les panels de négocation très technos pilotés par la Commission européenne pour préparer les textes des futurs traités de libre -échange bilatéraux entre l'Union européenne et des pays tiers car cela permet de subvertir, en instrumentalisant la hiérarchie juridique des normes, des législations nationales et européennes de plus en plus sévères avec l'agriculture dite  "conventionnelle"...

Les prochains mauvais coups sont donc à venir avec les futurs traités de libre-échange avec le Mercosur, le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Les éleveurs laitiers normands doivent, notamment, craindre tout particulièrement tout ce qui se trame certainement déjà dans le secret et loin des citoyens entre l'Union européenne et la Nouvelle-Zélande premier exportateur mondial de... lait!

Une course contre la montre doit donc être engagée pour que la majeure partie de la filière laitière normande achève sa conversion vers la qualité (normandisation du cheptel, élevage bio, retour à l'herbe...) pour qu'elle puisse bénéficier de la protection d'un label AOC/AOP avant le vote d'un traité de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande: en conséquence, il devient urgent de mettre en oeuvre une AOC/AOP "lait de Normandie"!

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