Confirmation d'une mauvaise nouvelle, avec une toute récente note de l'INSEE Normandie au sujet de la démographie de notre région: nous savions déjà que la population normande stagnait ou n'augmentait que faiblement en raison d'un bilan migratoire négatif (départ de nombreux jeunes diplômés vers des villes et régions ayant une image médiatique meilleure que celle de la Normandie). Et que ce bilan migratoire négatif n'était réduit que par l'arrivée de retraités venant de la région parisienne ou d'autres régions françaises pour finir leurs vieux jours dans la région de leur jeunesse. Le bilan n'était pas glorieux donc... Or voici qu'il s'aggrave avec la confirmation que les populations normandes en âge de procréer ne font plus assez d'enfants pour compenser ce bilan migratoire doublement négatif (fuite des jeunes normands d'un côté, arrivée de jeunes retraités normands de l'autre).

Conséquence, depuis 2015, la population normande qui vieillissait plus vite que la moyenne nationale des autres régions françaises tout en augmentant un peu chaque année, stagne ou baisse, désormais.

Dans ce contexte, on comprend pourquoi certaines collectivités locales normandes ont entamé des actions de promotion territoriale pour faire fenir des nouvelles populations, de préférence des quadra bien formés et disposant de revenus suffisamment élevés dans leur métropole d'origine pour accepter d'échanger une perte de salaire contre un cadre de vie plutôt exceptionnel...

C'est ainsi que le département de la Manche fait la manche pour attirer le cadre parisien qui ne supporte plus sa vie trépidante au coeur de la mondialisation urbaine.

https://latitude-manche.fr/

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Ce sont des démarches qui sont isolées alors qu'elles devraient être concertées par la région Normandie et son agence régionale de l'attractivité. Au delà du marketing territorial qui n'agira que très à la marge pour corriger un réalité structurelle, il faut agir en profondeur et sur le long terme pour modifier les représentations datées et parfois ringardes que certains peuvent toujours avoir sur une Normandie qui n'est ni datée et encore moins ringarde si l'on prend la peine d'une saine curiosité intellectuelle: notre région est bien surprenante à bien des égards (on pensera, par exemple, au potentiel économique et aux savoir-faire du tissu entrepreneurial et industriel normand) mais, contrairement à d'autres destinations territoriales plus "fun", plus "cool", la Normandie se mérite: elle n'est pas à la mode et ne le sera jamais. C'est, à la fois, notre qualité et notre défaut si l'on considère que n'avons pas besoin de faire de la publicité sous prétexte que le marketing ne s'adresse finalement qu'aux... imbéciles!

Un espoir?

Depuis la réunification et un certain réveil normand, le conseil régional affirme observer un début de mouvement de retour de jeunes adultes (et pas seulement des retraités) qui reviennent dans leur Normandie natale après avoir achevé leurs études supérieures ou après une première expérience professionnelle.

Mais pour relancer le dynamisme démographique normand il faudra confirmer le réveil urbain et métropolitain normand avec des politiques adaptées et concertées entre les agglos de Caen, Rouen et Le Havre: hélas, nous en sommes encore loin!


 

Lire ci-après:

https://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-la-region-perdu-7-500-habitants-en-2018-et-vieillit-6502847

Selon des chiffres de l’Insee, au 1er janvier 2019, la Normandie comptait 3 319 000 habitants, se situant ainsi au 10e rang des régions françaises. Alors qu’elle augmente légèrement au niveau national, la population normande a diminué en 2018, perdant 7 500 habitants.

10e région de France

Au 1er janvier 2019, 3 319 000 habitants résident en Normandie, soit 5,1 % de la population de la France métropolitaine. En nombre d’habitants, la Normandie se situe au 10e rang des régions métropolitaines, devant la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val-de-Loire et la Corse. Avec 1 248 600 habitants, la Seine-Maritime est le département le plus peuplé de la région, devant le Calvados (691 700), l’Eure (606 400), la Manche (492 600) et l’Orne (279 800).

Une tendance depuis 2016

En croissance continue depuis l’après-guerre, la population normande régresse depuis 2015 et a perdu 7 500 habitants en 2018. La baisse de la population s’explique, selon l’Insee, à la fois par un déficit migratoire de 7 200 habitants, mais aussi, pour la première fois, par un déficit naturel de 300 personnes. Les naissances ne compensent plus les décès, qui augmentent en raison du vieillissement de la population dû, en partie, à l’arrivée des générations du baby-boom à des âges avancés.

Cette baisse marquée des naissances résulte exclusivement du recul du nombre de femmes en âge de procréer, la fécondité restant stable. En 2018, 34 100 bébés sont nés en Normandie, 400 de moins que l’année précédente. Les départements de l’Orne et de l’Eure sont les plus touchés par le recul du nombre de naissances (– 3,0 % et – 2,4 %). 34 400 personnes sont décédées en Normandie, 1 000 de plus qu’en 2017 (+ 3,0 %). La hausse régionale des décès est plus marquée qu’en France métropolitaine (+ 1,3 %). C’est particulièrement vrai dans l’Orne, la Manche et la Seine-Maritime (respectivement + 5,9 %, + 4,2 % et + 3,7 %).

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Voir aussi le site actu.fr qui publie en intégralité (version PDF) la note de l'INSEE Normandie:

https://actu.fr/societe/demographie-normandie-une-population-baisse-troisieme-annee-consecutive_26930428.html

Démographie en Normandie : une population en baisse pour la troisième année consécutive

D'après les chiffres de l'Insee, révélés mardi 3 septembre 2019, la population a diminué en Normandie pour la troisième année consécutive. Explications.

Les estimations démographiques annuelles de l’Insee sont tombées, mardi 3 septembre 2019. Avec 3 319 000 habitants au 1er janvier 2019, la Normandie se classe au 10e rang des régions françaises.

La population de la région (elle représente environ 5,1% de la France métropolitaine) diminue en 2018 pour la troisième année consécutive, avec une baisse de 7 500 habitants (-0,2%), à l’inverse de la tendance nationale (+0,1%).

Comment expliquer ces chiffres ? 

Moins de naissances, plus de décès

Pour la première fois, la Normandie connaît un déficit naturel. C’est à dire un écart négatif entre le nombre de décès et de naissances d’environ 300 personnes. Ce point constitue une « rupture historique », selon l’Insee.

Les naissances, en nette baisse depuis 2011, ne compensent plus le nombre de décès. Les départements de l’Orne et de l’Eure sont les plus touchés, avec respectivement 3% et 2,4% de naissances en moins. Viennent ensuite la Manche (-1,3%) et la Seine-Maritime (-0,8%). Seul le Calvados affiche un résultat stable. Au total en Normandie, 34 100 bébés sont nés en 2018. 

Ce recul des naissances est uniquement dû à la baisse de 0,9% du nombre de femmes en âge de procréer, soit entre 14 et 49 ans. Un chiffre trois fois supérieur à la moyenne nationale. En 20 ans, le nombre de « mères potentielles » a baissé de 13,4%. En moyenne, les mères normandes mettent au monde un enfant à 30 ans et 2 mois.

Le nombre de seniors, lui, augmente, tout comme la part des décès. C’est particulièrement le cas dans l’Orne (+5,9%), dans la Manche (+4,2%) et dans la Seine-Maritime (+3,7%). Ces derniers sont dus essentiellement au vieillissement, à hauteur de 80%. La longue épidémie de grippe en décembre 2017 et mars 2018, tout comme l’épisode caniculaire de l’été ont également contribué à ces chiffres.

Ces deux facteurs ont aussi joué sur la légère baisse de l’espérance de vie : 79,5 ans pour les hommes, 85,4 ans pour les femmes.

Les soldes naturels et migratoires sont déficitaires dans la plupart des départements normands.

La Seine-Maritime, département le plus peuplé

Le reste des 7200 habitants en moins s’explique par un autre déficit, migratoire cette fois, avec plus de personnes sortant du territoire que de personnes y entrant. La région manque d’attractivité pour les jeunes actifs de 18 à 29 ans, au contraire de l’Île-de-France voisine. Plus jeunes qu’à l’échelle nationale jusqu’en 2005, les Normands sont aujourd’hui plus vieux avec 44 ans en moyenne.

Bien sûr, tous les départements ne sont pas égaux face à cette baisse. L’Eure est le seul à résister, avec une population en augmentation de 0,1%, quand celle de la Manche (-0,7%) et de l’Orne (-0,4%) déclinent de manière assez marquée. La Seine-Maritime reste de loin le département le plus peuplé de Normandie avec 1 248 600 habitants, devant le Calvados (691 700), l’Eure (606 400), la Manche (492 600) et l’Orne (279 800).


 Pour résumer:

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