Depuis la veille au soir à Grand-Couronne mais aussi dans toute la Normandie entrepreneuriale et industrielle on doit, en principe, sonner le tocsin: l'un de nos plus beaux fleurons industriels est directement menacé!

upm-chapelle-darblay

 

"Ceci tuera cela."

Victor Hugo, exergue de "Notre-Dame de Paris"

Nous venons d'apprendre que l'usine à papier de la Chapelle- Darblay située sur la commune de Grand-Couronne, donc sur le territoire de la Métropole de Rouen présidée par le crépusculaire Yvon Robert, usine performante, ultra-moderne et, qui plus est, spécialisée dans la fabrication de papier journal recyclé, vient d'être abandonnée par son actionnaire historique, le groupe finlandais UPM qui souhaite fermer son usine normande pour profiter totalement d'une belle spécialité européenne, une parfaite saloperie, portant le nom horrible de "dumping social" dans les pays dits de "l'Est" dans un contexte de déclin général de la demande de papier en raison du développement des technologies de communication numérique...

Après la consternante affaire de la sucrerie de Cagny prise en otage par son patron allemand, voici donc venir ce sale coup de savate à la finlandaise dans la goule de l'industrie normande: cette rude actualité démontre, tout à la fois, la pertinence de l'actuelle politique régionale industrielle menée avec grand volontarisme par le conseil régional de Normandie présidé par Hervé Morin, mais la met aussi à l'épreuve car, de fait, la région Normandie se retrouve politiquement, institutionnellement et même techniquement (de part les instruments pour l'instant efficaces qu'elle a su créer et mettre en oeuvre) en première ligne pour trouver la solution qui serait, dans ce dossier, de deux ordres:

1) Trouver au plus vite un industriel repreneur.

2) Sécuriser le capital de cette entreprise stratégique normande en mettant en oeuvre les outils de l'intelligence économique normande.

Pour mémoire, dans les archives de l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2015/02/24/31592193.html

Pour mémoire aussi, rappel de l'affaire de la nationalisation temporaire par le département de l'Eure d'une autre papeterie en difficulté:

https://www.usinenouvelle.com/article/papeterie-les-dessous-d-une-nationalisation-temporaire.N190982

Il faut donc sauver l'usine de la Chapelle d'Arblay, ses quelques 200 salariés mais aussi les centaines d'emploi de sous-traitants générés par l'activité de cette grande unité industrielle d'intérêt régional et national puisque l'usine normande est l'une des rares en France à être capable de recycler le papier usagé... de la région parisienne!

Alors que les huiles officielles de notre République parisienne centralisée nous rebattent les oreilles de discours sur l'économie circulaire, il ne serait peut-être pas idiot de s'apercevoir que le réel se contrefiche de leurs belles paroles: il faut agir. Vite!

Lire ci-après:

https://www.usinenouvelle.com/article/upm-menace-de-fermer-la-papeterie-chapelle-darblay-en-seine-maritime.N88274

UPM menace de fermer la papeterie Chapelle Darblay, en Seine-Maritime

Franck Stassi , , , ,

Publié le 10/09/2019 À 12H10, mis à jour le 10/09/2019 À 18H17

Le papetier finlandais UPM annonce la mise en vente de son site de Grand-Couronne (Seine-Maritime). Faute de repreneur mi-2020, elle pourrait fermer ses portes. 246 emplois et un débouché important pour les papiers à recycler sont en jeu.

Le papetier finlandais UPM  (19 000 personnes, 10,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a annoncé mardi 10 septembre la mise en vente de sa papeterie Chapelle Darblay, située à Grand-Couronne (Seine-Maritime). Le site, qui emploie 246 personnes, exploite une machine à papier d’une capacité annuelle de 240 000 tonnes.

Si "aucune offre crédible" n’est reçue par le groupe mi-janvier 2020, UPM engagera une procédure de consultation en vue d’une fermeture de l’usine, mais annonce souhaiter poursuivre la recherche d’un acquéreur potentiel. UPM compte boucler le dossier d’ici à la fin du deuxième trimestre 2020.

"La demande de papier graphique en Europe est en baisse structurelle depuis plus de dix ans. Cette année, le déclin a été accentué par le développement économique défavorable. Les plans annoncés aujourd’hui sont donc une étape nécessaire pour assurer une production rentable de papier sur les derniers actifs de production de papiers non couchés concurrentiels", justifie Winfried Schaur, vice-président exécutif d'UPM Communication Papers. Le papetier annonce également la fermeture d’une machine à papier dans son usine finlandaise de Rauma, entraînant le licenciement de 179 personnes.

Une usine dans le giron d’UPM depuis près de trente ans

La mise en vente de la papeterie de Chapelle Darblay fait suite à plusieurs étapes de restructuration de cette usine ouverte en 1927. L’usine est entrée dans le giron du papetier finlandais Kymmene en 1990, avant que celui-ci ne fusionne avec plusieurs entités pour devenir UPM en 1996. Après le démarrage de la production à partir de fibres 100% recyclées (1999), la mise en service d’une chaudière biomasse (2007) et le démarrage du transport fluvial (2008), elle a connu ces dernières années des réductions de capacités.

En 2015, une machine à papier avait été arrêtée, représentant une baisse de capacité de production de papier journal de 130 000 tonnes. Un projet de reconversion dans les sacs en papier n’avait pas abouti. Depuis, l’avenir du site a été maintes fois remis en question.

Un débouché important pour le recyclage

La papeterie UPM de Grand-Couronne est l'un des acheteurs - comme la cartonnerie Europac de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) et le site de Nogent-sur-Seine (Aube) du fabricant de papiers et cartons Emin Leydier - des papiers à recycler triés par le tout nouveau centre de tri de la collecte sélective du Syctom, inauguré en juin dans l’éco-quartier de Clichy-Batignolles à Paris. Ce centre trie les déchets de sept arrondissements parisiens (1er, 7e, 8e, 9e, 16e, 17e, 18e) et de quatre communes limitrophes (Saint-Ouen, Clichy-la-Garenne, Levallois-Perret et Neuilly-sur-Seine.

Si le site devait fermer, l'impact serait important pour la chaîne du recyclage des papiers-cartons, dont les prix de revente ont été divisés par trois en deux ans, alors que la Chine fermait ses frontières à l’import de déchets en mélange. Les usines papetières implantées en France ne consomment que 74% des vieux papiers collectés.