En 1944, hélas... Cette ville c'est notre bonne ville de Caen.

A l'occasion d'une exceptionnelle exposition organisée par le musée de Normandie dans l'enceinte du château ducal, "Caen en Images" (jusqu'en janvier 2020), le dernier numéro venant de paraître du magazine "Patrimoine Normand" (n°111), revient sur l'histoire d'une ville qui était autrefois très pittoresque et qui était considérée comme l'une des plus belles villes de France.

Evidemment, après le passage désastreux de l'Histoire "avec une grande hache" au cours du XXe siècle, ce n'est plus le cas à moins d'admettre quelques contorsionnements idéologiques et esthétiques pour considérer que les tours et les barres en béton de la Reconstruction participent d'une nouvelle approche paysagère et esthétique.

On n'échappera pas à la nostalgie qui, face à l'idéologie actuelle du politiquement correct qui ne voit rien de mal dans le progrès et la modernité, est une saine réaction de lucidité, de vigilance et de résistance car, hélas, le confort moderne a aussi été payé au prix fort d'une généralisation de laideur et d'une brutalisation de nos paysages et de notre environnement naturel.

A défaut de pouvoir reconstruire la Reconstruction (comme on le fait actuellement dans les centre-villes allemands désormais reconstruits "à l'identique" après avoir été défigurés tant par les bombes des années 1940 que par les bulldozers des années 1950/1970), il ne serait pas idiot de restaurer la ville de Caen comme une "ville à la campagne" par la déminéralisation et le verdissement de son centre ville des années 1950 mais aussi par le rétablissement de cette proximité "agreste" entre l'urbanité, les jardins, les prés, les vergers, la campagne. Comme il serait judicieux de présenter enfin de façon pérenne l'histoire de la ville de Caen dans un musée qui n'a toujours pas été rétabli depuis le désastre de 1944.


 

Caen-en-1850

Pour tous les Normands, il y a un avant et un après. Avant la Seconde Guerre mondiale, et après. Avant le Débarquement, et après. Avant la bataille de Normandie, et après. Caen aurait préféré, à l’instar de Bayeux, être l’exception qui confirme la règle. Il n’en est rien. Pendant la tourmente qui sévit du 6 juin au 23 août 1944, plus de la moitié de la ville est détruite, chacun des 60 000 habitants est meurtri dans sa chair, dans ses biens, dans son identité. En écho à la remarquable exposition Caen en images présentée au musée de Normandie à l’occasion du 75e anniversaire du D-Day, nous évoquons ici ce qu’était Caen au XIXe siècle, jusqu’à la Grande Guerre.

 

« Ce pays est très beau, et Caen, la plus jolie ville, la plus avenante, la plus gaie, la mieux située, les plus belles rues, les plus beaux bâtiments, les plus belles églises. »

Ainsi s’exprime la marquise de Sévigné, dont on connaît l’enthousiasme naturel et le penchant pour les superlatifs...


 

Caen, ville pionnière du tourisme culturel et patrimonial dès les années 1830:

Caen - Un patrimoine exceptionnel

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L’éditeur et historien Guillaume Stanislas Trébutien écrit dans son guide: « Aujourd’hui, malgré le Temps, ce destructeur des choses, et les hommes qui l’aident trop souvent dans ses ravages, la vieille favorite de Guillaume le Conquérant a, pour appuyer sa vieillesse, des monuments robustes et superbes».

Hélas, à force de vivre au contact de la beauté, on finit par ne plus la voir. Caen avait besoin d’un miroir pour se révéler à lui-même. Ce reflet viendra d’Angleterre. Depuis deux siècles, le Grand Tour est dans la grande île le complément indispensable de toute éducation de qualité. Les jeunes aristocrates cultivés, puis les bourgeois les plus fortunés, parcourent l’Europe afin d’affiner les connaissances acquises dans leurs écoles, des humanités aux arts plastiques, en passant par l’écriture...


 

 

Pour feuilleter et commander ce numéro de Patrimoine Normand (n°111, octobre/novembre/décembre 2019):

 

http://www.patrimoine-normand.com/achat-patrimoine-normand-111-410726.html