Hommage à Jacques Chirac... (SUITE)

chirac2

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/04/l-etat-et-les-collectivites-s-engagent-a-cofinancer-le-canal-seine-nord-pour-2-2-milliards-d-euros_6014286_3234.html

L’Etat et les collectivités s’engagent à cofinancer le canal Seine-Nord pour 2,2 milliards d’euros

Chaque partie financera à hauteur de 1,1 milliard d’euros ce canal « à grand gabarit », qui doit relier la région parisienne au nord de l’Europe par voie fluviale.

L’Etat et les collectivités vont verser 2,2 milliards d’euros pour financer le projet du canal Seine-Nord, une liaison « à grand gabarit » devant relier la Seine au réseau fluvial de l’Europe du Nord. Le canal, long de 107 kilomètres entre Compiègne (Oise) et Aubencheul-au-Bac (Nord), doit faciliter le transport de marchandises entre les pays du Benelux et la région parisienne, et décharger l’autoroute 1 (A1). Son coût total est évalué à 5 milliards d’euros.

Dans nos archives : Le canal Seine-Nord, trente-cinq ans de débats et toujours pas un coup de pioche

Sur ce montant massif, « une contribution budgétaire de l’Etat de 1,1 milliard d’euros sera versée à la Société du canal Seine-Nord Europe par l’Agence de financement des infrastructures de transport (AFITF) », ont expliqué vendredi le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, et le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari. Ce financement fera l’objet d’un amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2020.

Un financement européen de 2 milliards d’euros

L’apport de l’Etat sera complété par une contribution du même montant de la part des collectivités territoriales des Hauts-de-France, de l’Oise, du Pas-de-Calais, du Nord, de la Somme et de l’Ile-de-France.

L’Union européenne doit pour sa part apporter 2 milliards d’euros, « au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) », selon Bercy. Bruxelles s’était engagé à financer l’ouvrage « à hauteur de 50 % du montant des études et de 40 % du montant des travaux », selon le communiqué du gouvernement.

S’agissant du reste à financer – c’est-à-dire entre 700 millions et 900 millions d’euros, précise Bercy –, « l’Etat aidera à la mise en place de ressources à assiette locale pour financer la contribution d’équilibre, dont le montant sera garanti par les collectivités », ont ajouté les deux ministres.

Le projet d’origine, conçu comme un partenariat public-privé d’un montant évalué à 7 milliards d’euros, avait été abandonné et revu à la baisse à 5 milliards d’euros, avec un financement cette fois 100 % public. Mis de côté par le gouvernement à son arrivée aux affaires, en 2017, il a été relancé l’année d’après, sous la pression notamment du président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.


 

Commentaire de Florestan:

Darmanin s'est activé au gouvernement pour défendre le Canal Seine Nord et donc sa région d'origine... Edouard Philippe ex député-maire du Havre défend l'Axe Seine en faisant des discours et des ronds dans l'eau:

Contrairement au Canal Seine Nord conçu pour fédérer une région qui n'existe pas, l'Axe Seine est pensé comme l'axe Paris-Le Havre distrait d'une région qui existe depuis plus de mille ans.

Il n'y a pas d'unité politique pour créer un lobby Normandie-Axe Seine à Paris ou à Bruxelles:

L'Axe Seine est aux mains de la droite macronisée.

La Normandie est pilotée par la droite qui se refuse à la macronisation.

Problème: l'Axe Seine, ou plutôt, les "boucles de la Seine normande" ou la "Basse vallée de la Seine" c'est le coeur battant de notre Normandie, sa raison d'être, sa justification comme territoire d'intérêt national avec le grand port maritime du Havre et la métropole régionale de Rouen.

Le Canal Seine Nord va donc se faire: ils ont trouvé l'argent. Le chantier ne sera pas facile: il y a des millions de mètre cubes de terre à retourner et un pont historique à Compiègne à détruire: il y aura des procès, des recours des riverains voire même, peut-être, des zones à défendre (ZAD) là où le projet risque de bouleverser des milieux naturels et écologiques sensibles.

Nous avons donc un sursis pour mettre à niveau l'équipement et l'aménagement logistique d'un axe Seine vieillissant en terme de quais, d'écluses, de mise au bon gabarit, d'accès port/fleuve, de désenclavement ferroviaire en profondeur vers l'Est et l'Allemagne depuis la rive droite (le Serqueux-Gisors n'est pas suffisant) et vers le Sud-Ouest depuis la rive... sud de l'Estuaire pour éviter l'enfermement définitif du port du Havre dans son rôle de terminal portuaire du terminus grand-parisien: la création d'une sortie ferroviaire pour le fret havrais par une tranchée sous-fluviale ferroviaire dans l'estuaire branchée sur le réseau ferré bas-normand vers l'Espagne (axe Plantagenêt) et la création d'un grand parc logistique de valorisation des marchandises sur le foncier du port du Havre sont les seuls réponses pertinentes (avec le projet de "châtière" financé par la Région Normandie) pour répondre aux conséquences de brancher le canal naturel de la Seine sur le canal artificiel du Nord.

Il faut une volonté politique forte:

Cette volonté existe en Normandie (Morin) mais Hervé Morin est... seul.