Marommix a son équivalent aussi pénible que suffisant sur l'antenne de France Culture, la radio de service public.

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La différence entre Guillaume Erner et Marommix qui font tous deux le malin en nous faisant, en permanence, la leçon notamment sur la façon dont on dépense (mal) notre argent public c'est que le premier est payé avec l'argent de la redevance. Pas le second, même si sa présence sur le forum de l'Etoile de Normandie nous coûte aussi un bras en terme de savoir-vivre...

Néanmoins, ces demi-intelligents toujours critiques (parfois idiots utiles aussi) sont indispensables à la vigueur et à la rigueur du débat public.

C'est ainsi que l'insupportable animateur de la matinale de France Culture a-t-il décidé de sévir sur notre sujet de prédilection: la question régionale dans son émission hebdomadaire consacrée à tout ce qui foire et déraille dans la vie publique...

Cette émission est, d'ailleurs, nommée "Superfail": en soi une faillite pour le bon usage de la langue française!


 

Parce qu’il n’y a pas que la réussite dans la vie, « Superfail » ne s’intéresse qu’à l’erreur, l’échec, la catastrophe. « Superfail » parce que ça n’est pas si facile de réussir à échouer…. Chaque lundi, un nouvel épisode avec Guillaume Erner.

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Les régions, c'est comme les mensonges : plus c'est gros plus c'est cher !

La preuve par les chiffres est tombée le 24 septembre dernier lorsque la Cour des comptes a rendu son rapport sur les finances publiques : exit les 10 milliards d'euros d'économie dont parlait André Vallini, alors secrétaire d'Etat chargé de la Réforme territoriale, bonjour les 50 millions d'euros de surcoût ! Et la Cour des comptes de préciser que "dans le contexte financier favorable qu’elles connaissent, les régions doivent mieux exercer leurs compétences, au moment où l’État réorganise ses services déconcentrés".

Alors on le sait, réduire les finances publiques est un sujet récurrent. Et le Président Hollande en son temps, s'est essayé aux économies d'échelle, car, comme on le sait "plus c'est gros, moins ça coûte". Oui, mais ça hélas, ça ne marche pas à tous les coups... et les économies initialement prévues par la fusion des 22 régions en 13 "super régions" ne sont pas au rendez-vous. Alors qu'en est-il ? 

C'est Jean-Michel Thornary, Conseiller maître à la Cour des comptes, qui nous explique pourquoi ce n'est pas si simple en terme de coût :

Fusionner des régions avec l'objectif de les rendre plus grandes et plus puissantes, c'était un des principaux objectifs de la loi mais aussi de réaliser des économies d'échelle, c'était l'ambition du gouvernement de l'époque. Réaliser cette fusion supposait de mettre en place donc de nouvelles équipes, de nouvelles structures qui vont prendre en charge les politiques publiques sur des périmètres beaucoup plus importants et qui vont être constituées à partir d'équipes existantes dans les anciennes régions fusionnées. Jean-Michel Thornary

Alors, à l'heure du bilan, c'est une réforme qui a bousculé beaucoup de chose... est-ce que ça valait vraiment la peine pour économiser péniblement 50 millions ? Une somme à mettre au rapport de 65 millions d'individus ?

Jean-Michel Thornary nous rappelle que les périmètres régionaux n'étaient pas le seul élément de la réforme proposé par le gouvernement Valls à l'époque et que les départements avaient vocation à disparaître.

L'ambition d'avoir des grandes régions au niveau européen était une ambition tout à fait légitime. Je pense que les choix qui ont été faits étaient des choix que l'on pourra toujours discuter... Au résultat, on a quelque chose qui d'ores et déjà fonctionne. Je suis personnellement convaincu que l'on a besoin de stabilité dans les institutions et je ne pense pas que dans les 10 ans à venir, il soit judicieux d'imaginer retoucher cette carte des régions. Jean-Michel Thornary

Invité : Jean-Michel Thornary, Conseiller maître à la Cour des comptes. Il a présidé à la rédaction du rapport 2019

Liens

La Cour des comptes

Cour des comptes, Publications, Les finances publiques locales 2019 : Fascicule 1

Cour des comptes, Publications, Les finances publiques locales 2019 : Fascicule 2


 

Commentaire de Florestan:

LA QUESTION REGIONALE, un sujet méprisé et maltraité...

Jean-Michel Thornary est comptable. Mais il n'est pas géographe. Il a raison de critiquer la réforme de 2015 d'un point de vue comptable. C'est légitime puisque ce monsieur est comptable...

Mais quand va-t-on enfin parler du sujet? Du vrai?

A savoir de la géographie régionale qui est un sujet sérieux avec des gens sérieux qui passent des années de leur vie à étudier ce sujet sérieux dans les laboratoires de recherche en géographie de nos universités?

La bêtise des experts qui se permettent de juger de sujets dont ils ne sont pas experts sous prétexte de maîtriser une expertise qui serait supérieure à toutes les autres est...

INSUPPORTABLE!

Cette réforme régionale de 2015 est une catastrophe comptable car elle procède d'une catastrophe territoriale résultant d'une incompétence, sinon d'une inculture de nos soi-disant élites politico-administratives et médiatiques parisiennes sur la géo-histoire française issue d'une histoire du temps long...

Fernand BRAUDEL!

Réveille-toi!

Ils sont devenus fous!

http://normandie.canalblog.com/archives/2016/06/29/34026509.html

Comme nous l'avons déjà dit ici, la fusion régionale normande est l'exception qui marche bien et qui, hélas, confirme la catastrophe quasiment partout ailleurs.

Hervé Morin, président de l'association des régions de France est bien gêné pour le dire: en tant que président de la Normandie il peut se vanter d'une fusion régionale qui fonctionne et en être légitimement fier, fierté que nous partageons et relayons ici, bien évidemment. Mais le président des régions de France ne peut pas se permettre de dire es qualités que les autres "grandes régions" sont des machins territoriaux voués à l'échec.

AVERTISSEMENT:

Les jacobins de Paris maltraitent ce  sujet depuis près de 230 ans: Le Général de Gaulle, qui pensait prendre enfin ce sujet au sérieux avait eu raison (trop tôt) en 1969. Depuis les années 1980, l'expérience de la décentralisation a montré sa pertinence. Mais nous demeurons toujours au milieu du gué. Notamment sur la question essentielle d'articuler correctement la politique régionale avec son territoire pertinent.

S'il n'y a pas un cadre institutionnel républicain suffisamment intelligent et ouvert pour accueillir la question régionale pour la prendre en charge et au sérieux dans son intégralité, il est à craindre que la question régionale ne devienne une question folle où le régionalisme le plus légitime pourrait muter en nationalisme régional, différentialiste ou séparatiste: à croire, d'ailleurs que nos pompiers pyromanes jacobins de Paris le fassent exprès pour mieux décrédibiliser et nier ce réel régional ou provincial qu'ils refusent de voir jusqu'au moment où ce réel en rébellion viendra leur exploser à la figure!

La question alsacienne ouvrira le bal en 2022: ce ne sera qu'un début...

Pour mémoire, notre proposition de redécoupage de la France métropolitaine en 17 régions respectant la géo-histoire séculaire de notre pays: projet présenté en mai 2014 et qui avait intéressé Alain Rousset, le président de l'association des régions de France...

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