Ambiance funèbre au conseil municipal autour du crépusculaire Yvon Robert maire et président de la métropole de Normandie... Le pauvre homme qui fait le mandat de trop!

La ville et la métropole de Rouen vont porter plainte. Il était temps...

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Hier soir (07/10/19) au conseil municipal de Rouen: Yvon Robert avait  le droit d'avoir les... boules!

Comme nous l'écrivions dès le 26 septembre 2019, l'une des principales conséquences de la catastrophe Lubrizol sera une image de la métropole de ROUEN et de la Normandie durablement polluée: les bénéfices de l'Armada (dont les quais sont, de fait, situés en zone SEVESO) sont balayés et le projet de candidature de Rouen "capitale européenne de la culture" pour 2028 semble bien mal parti. A moins qu'il ne s'agisse d'un objectif à suivre pour une rédemption et de survie face à toute cette pollution et la pollution du mépris médiatique parisien au sommet duquel trône un certain Emmanuel Macron dont le gouvernement refuse de décréter l'état de catastrophe industrielle pour aider les Rouennais dans leurs démarches d'indemnisation, n'est pas la moindre!

https://www.paris-normandie.fr/rouen/la-ville-de-rouen-et-la-metropole-deposent-plainte-apres-l-incendie-de-l-usine-lubrizol-EK15681401

La Ville de Rouen et la Métropole déposent plainte après l’incendie de l’usine Lubrizol

Pollution. Lundi 7 octobre 2019 s’est tenu le premier conseil municipal post-incendie Lubrizol. Une « catastrophe nationale » selon le maire Yvon Robert qui a laissé s’exprimer, avant la réunion, des anonymes tandis qu’une sorte d’unanimité régnait parmi les groupes politiques.

Comme un numéro de duettistes, comme s’il avait été préparé. Juste avant le conseil municipal de lundi soir, le maire PS Yvon Robert annonçait que la Ville ainsi que la Métropole allaient déposer plainte contre X, que la municipalité allait créer une plateforme pour regrouper ces plaintes avec celles de collectivités et d’associations et qu’il s’agissait « d’une catastrophe nationale ». Habilement, Nicolas Mayer-Rossignol (qui concourt aux prochaines élections municipales, qui est issu de la même formation politique qu’Yvon Robert), a choisi d’intervenir en dernier pour en appeler à une « alliance républicaine » transpartisane, mêlant élus de tous bords, pour « que les élus soient à la hauteur de cet situation exceptionnelle » et aident à faire émerger des solutions concrètes pour les habitants, qu’il s’agisse d’études épidémiologiques, d’indemnisations. Une boucle « bouclée » mais qui n’occulte pas que si les habitants et les formations politiques réclament presque tous les mêmes mesures, des divergences fortes apparaissent quand il s’agit d’évoquer l’avenir du site Lubrizol, de celui de l’écoquartier Flaubert et du devenir du préfet.

« Il se fout de qui ? »

À situation exceptionnelle début de réunion exceptionnel puisque des habitants ont été invités à prendre la parole. « Cette catastrophe, c’est un crime industriel commis avec la complicité de l’État », lance Gérald Le Corre (CGT), qui dénonce un capitalisme si axé sur les profits qu’il en oublie la sécurité, qui est consterné par la déréglementation dans le secteur. Davantage avec ses tripes, une femme du collectif Lubrizol évoque le sort de ces SDF « qui n’ont eu aucune information, qui n’ont pas été confinés dans un gymnase », qui estime que les élus « n’ont pas fait leur travail... Tout cela est honteux ». « Face à cette crise, il fallait réagir avec des moyens exceptionnels », dit une autre. « Dans une interview, le directeur de l’usine dit qu’il a découvert qu’il avait un toit en amiante de 8 000  : il se fout de qui là ? », rajoute une troisième femme.

Mathieu de Montchalin (Vitrines de Rouen) plaide pour une indemnisation des commerçants qui ont perdu jusqu’à 50 % de leurs chiffres d’affaires.

Les élus l’ont bien senti : l’angoisse et la colère sont fortes, leurs déclarations scrutées. Quasiment chaque groupe fait les mêmes constats, sur la nécessité d’un suivi médical, sur l’importance de meilleurs systèmes d’information, sur la nécessité d’indemniser vite et bien. Beaucoup critiquent le préfet, la gestion de crise, sauf Robert Picard (qui cherche l’investiture LREM avec Marine Caron pour les municipales) : pour lui, l’information doit passer par les collectivités. Il dénonce des responsables « aux abonnés absents » et estime qu’il faut « respecter le travail de l’État », tandis que d’autres espèrent le départ de l’actuel préfet.

« Oui, nous avons sans doute une part de responsabilité dans ce qui s’est passé », détaille Jean-Michel Bérégovoy (EELV) quand les habitants évoquent les permis de construire, les études validées par les élus. Pour lui, « l’usine ne peut pas rouvrir ». « Alors on va délocaliser la pollution ?, interroge Patrick Chabert (UDI). Je trouve ça honteux. » Dans la corbeille il y a le sort des emplois, mais aussi le sort de l’écoquartier Flaubert et de nombreux élus demandent la remise à plat des études préparatoires à la construction de ce quartier avant de le construire. Il y a aussi l’image d’une ville durement touchée dans son image. « C’est insupportable de voir les efforts de nombreuses années anéantis », regrette Jean-François Bures (LR).

Il est certain que la catastrophe de Lubrizol va durablement marquer Rouen et au-delà : ce débat n’est que le premier d’une longue série qui, espérons-le, en tirera les leçons.


 

Voir aussi cet extrait d'article de Paris-Normandie: la population rouennaise (la plus populaire) est abandonnée à son sort....

 

À Rouen, leur petite fille mouche des suies : des « naufragés » de Lubrizol en quête de relogement

Lubrizol. Aux premières loges de la catastrophe, leur maison a été sérieusement polluée. Mais comment partir en si peu de temps, sans moyens ?

Le matin fatal, du jeudi 26 septembre 2019, Natalie Da Silva et Jérémy Le Costoec étaient aux premières loges, eux qui habitent rue de la Motte, au Petit-Quevilly, à 500 m à peine du brasier de l’usine chimique Lubrizol. « Les explosions nous ont réveillés à 3 h. On a appelé les pompiers, on a été voir les policiers. On leur demandait si c’était dangereux. L’un d’entre eux nous a dit : « Vous voyez AZF ? Prenez votre famille et partez ». On a pris nos quatre enfants dans des plaids. Ils hurlaient. On est allés passer trois jours dans la famille, puis une semaine en Alsace. Le problème, c’est que notre maison [une location, NDLR] est devenue inhabitable. C’est tellement pollué, toute l’odeur stagne, même mon aloe vera est devenu tout jaune », raconte Natalie Da Silva.


 Voir aussi dans l'édition papier caennaise de Ouest-France (8 octobre 2019)

  • La crainte d'une pollution durable de l'image de la ville de ROUEN (Daniel Havis et Jean-Louis Louvel):

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  • Les couacs de communication officielle: partie de ping-pong entre la préfecture régionale et les entreprises mises en cause (Lubrizol et Normandie Logistique):
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  • Pendant ce temps-là, une population inquiète en souffrance... Consternant!

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  • Sans même parler des éleveurs laitiers impactés par l'arrêté préfectoral qui gèle les productions depuis le 26 septembre dernier... Le Gouvernement a, semble-t-il, d'autres priorités et n'a pas l'intention de décréter l'état de catastrophe industrielle pour simplifier les démarches d'indemnisation. Cet après-midi (08/10/19) aux questions d'actualité de l'Assemblée Nationale, Elizabeth Borne, la ministre concerné a botté en touche sur le sujet en insistant sur l'application du principe "pollueur/payeur": Lubrizol paiera... Oui mais quand et combien? Et au prix de quels procès?

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