Quinze jours après l'incendie du dépôt chimique de l'usine Lubrizol à Rouen, parvient à nos oreilles une petite musique plutôt désagréable sur l'air de: "on nous cache tout on nous dit rien et Morin ne fait... rien", l'Etoile de Normandie vous propose cette revue de presse plutôt édifiante:

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Hervé Morin le président de la Normandie a joué son rôle en travaillant aux solutions à donner à cette catastrophe dès le lendemain du sinistre en sonnant notamment à toutes les portes ministérielles parisiennes pour que, là haut, ils se bougent.

Dire que Morin ne dit rien ou ne fait rien c'est tout simplement FAUX!

En revanche, on peut le dire, hélas, d'un certain Emmanuel MACRON qui démontre par son silence et son absence depuis quinze jours qu'il n'est pas le président de tous les Français: c'est à croire que la Normandie, à l'instar des îles anglo-normandes, est une province étrangère en union personnelle avec la France...

Hervé Morin a donc pris ses responsabilités en tant que président de région au point d'anticiper ce qui, hélas, va arriver immanquablement: comme le gouvernement se refuse à décréter l'état de catastrophe industrielle en se prévalant de quelques arguties juridiques pour ne pas appliquer à Rouen le régime qui a prévalu à Toulouse après AZF, la région Normandie va indemniser sans attendre à hauteur de 5 millions d'euros les agriculteurs, artisans et commerçants dont l'activité a été gravement atteinte par les conséquences de la catastrophe.

C'est bien.

Mais il faudrait aller plus loin:

La région Normandie et le conseil départemental de la Seine-Maritime devraient à leur tour porter plainte pour accompagner et ne pas laisser seule la métropole de Rouen dans ce malheur collectif mais aussi pour avoir accès au dossier judiciaire en tant que partie civile, pour ne pas subir la situation, pour défendre les droits et les intérêts de la Normandie et de tous les Normands.


 

LUBRIZOL: l'action normande d'Hervé Morin, petite revue de presse:

  • Hervé Morin souhaite qu’Emmanuel Macron vienne à Rouen

Le président de la région Normandie estime que la présence du chef de l’État serait «utile» à Rouen après l’incendie de l’usine Lubrizol, il y a maintenant une semaine.

https://www.lefigaro.fr/politique/herve-morin-souhaite-qu-emmanuel-macron-vienne-a-rouen-20191003

Par Pierre Lepelletier

Publié le 3 octobre 2019 à 09:00, mis à jour le 3 octobre 2019 à 13:03

S’il se positionne en première ligne sur tous les dossiers, Emmanuel Macron a jugé bon de garder le silence après l’incendie de l’usine Lubrizol, classée Seveso, jeudi 26 septembre à Rouen. Le chef de l’État a laissé ses ministres à la manœuvre. Pour ces derniers, l’exercice a été périlleux: beaucoup ont été pris de court par l’accident et ont pu sembler confus, voire contradictoires, dans les informations relayées. Après une semaine un brin cacophonique, l’opposition s’est étonnée de l’absence du chef de l’État. À commencer par le président centriste de la région Normandie, Hervé Morin.

«Énormément de dysfonctionnements»

«Compte tenu de l’omniprésence du président de la République, qu’il vienne à Rouen serait une bonne chose, a-t-il souhaité jeudi matin sur LCI. Même si le premier ministre est venu, je pense qu’il serait utile que le président de la République adresse aux Rouennais un message simple: l’État sera là pour faire en sorte que l’ensemble des conséquences soient assumées autant que nécessaire».

Le président de la région Normandie regrette notamment que «la France ne se soit pas préparée» à ce genre d’événement dramatique. «Il y a énormément de dysfonctionnements. Jamais on a essayé de bâtir une méthode pour répondre à une catastrophe industrielle», déplore-t-il. Le président de la région Normandie souligne notamment qu’il n’y a aucune «formation des populations» en cas d’accident.

Face à ces problématiques, le Parlement veut s’emparer du sujet. À l’Assemblée nationale, une mission d’information doit s’ouvrir mardi prochain pour «voir ce qu’il s’est passé, (...) s’il y a des décisions à prendre d’ordre législatif ou réglementaire», a détaillé le chef de file de La République en marche, Gilles Le Gendre. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a, lui, annoncé jeudi sur LCI que les sénateurs iraient plus loin en créant une commission d’enquête parlementaire «la semaine prochaine».


  •  Dimanche 29 septembre, Hervé Morin était sur le terrain à Catenay pour constater les conséquences du nuage Lubrizol sur l'agriculture normande:

Incendie chez Lubrizol : la carte des communes de la Seine-Maritime touchées par la pollution

Agriculture. Le préfet de la Seine-Maritime a pris le 28 septembre un arrêté gelant la récolte de produits agricoles dans 112 communes du département. Dans les fermes, la colère se mélange à l’inquiétude.

   

PUBLIÉ LE 30/09/2019 À 07:22

MIS À JOUR LE 30/09/2019 À 07:22

 

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/incendie-chez-lubrizol--la-carte-des-communes-de-la-seine-maritime-touchees-par-la-pollution-CG15643331

Après une visite feutrée du lycée Flaubert, à Rouen, en compagnie de la rectrice de l’académie de Rouen, afin de s’assurer que tous les établissements scolaires touchés par le nuage noir « Lubrizol » avaient bien été nettoyés avant le retour des élèves ce lundi, Hervé Morin s’est rendu à Catenay.

Changement de décor pour le président de la Région Normandie. Et surtout changement de ton. Dans un bâtiment de l’exploitation de Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76, une trentaine d’agriculteurs, dont les terres figurent dans la zone des 112 communes arrosées par les fumées et les suies de l’incendie de Lubrizol (voir la liste dans notre infographie), est présente. Le maître des lieux n’y va pas par quatre chemins : « Ici, on est à la campagne. Il vaut mieux qu’on sente la merde que de voir “ça” nous tomber sur la gueule. On est très en colère. » « Ça », ce sont les échantillons de matières noires et gluantes collectées sur ses terres après le passage du panache noir qu’il a soigneusement conservés dans un bocal. « Les services de l’État n’ont compris qu’à 15 heures [ndlr : jeudi 26 septembre] que les fumées avaient franchi le mur de la métropole. C’est un scandale, enchaîne Stéphane Donckele. Les agriculteurs sont les baisés de l’histoire. »

« On jette le lait dans la fosse à lisier ? »

Hervé Morin qui en a entendu d’autres dans les campagnes qu’il arpente depuis sa prime jeunesse ne s’offusque pas. Il veut comprendre. Et surtout savoir ce que les agriculteurs seinomarins veulent. « Les services de l’État ont décidé de mettre fin à la collecte du lait en attendant les résultats des analyses. Ok, mais on fait comment ? Les vaches donnent du lait tous les jours. On fait quoi du lait ? On le jette dans la fosse à lisier ? »

Dans les rangs, plusieurs voix s’élèvent. Unanimes. « Il faut que les laiteries – Sodial, Danone, Lactalis – continuent de venir collecter notre lait. C’est la seule façon d’estimer notre préjudice. Et ce n’est pas à nous de détruire notre lait. »

Stéphane Donckele qui est sous contrat – 750 000 litres/an – avec Lactalis acquiesce. « Quand le lait est contaminé par des antibiotiques, on assume, on jette. Aujourd’hui, les agriculteurs n’y sont pour rien. Il ne faut pas inverser les rôles. » Hervé Morin enregistre et demande les coordonnées des responsables des trois laiteries du secteur. Dix minutes plus tard, un éleveur lui tend une feuille avec des noms et des 06. « Je les appelle dans la voiture dès que je pars d’ici. Je vais appeler aussi Didier Guillaume [ndlr : le ministre de l’Agriculture]. »

« Je préfère que le ministre ne vienne pas nous voir mais qu’il mette en place dans les plus brefs délais un système d’indemnistation et qu’ils dégagent des fondsrépond Sébastien Windsor, président de la Chambre d’agriculture de Normandie. Je fais confiance à l’État. Je n’ai aucun doute sur sa volonté d’indemniser les agriculteurs lésés. »

Il était question de lait hier à Catenay. Mais aussi de maïs, betteraves, pommes de terre. Les agriculteurs ont plaidé également la cause de leurs collègues maraîchers qui « ne vendent plus rien du tout. ». « On a récolté à peine 50 % du maïs sur la zone concernée par l’arrêté pris par le préfet, estime Sébastien Windsor. On a besoin d’avoir des résultats rapidement. » Plusieurs agriculteurs présents hier à Catenay ont vu débarquer plus tôt dans la matinée des agents préleveurs sur leurs exploitations. « Ils ont pris des échantillons de fourrages, de maïs, de lait, d’eau, témoigne un éleveur. Ils m’ont dit qu’ils recherchent sept molécules. »

CARTOGRAPHIE. La Normandie, une région Seveso habituée au risque

Le ministre attendu sur place

« Les analyses sont réalisées dans un laboratoire à Nantes, précise Sébastien Windsor. Ce sont des analyses à large spectre. Les premiers résultats sont attendus mardi [le 1er octobre] et les suivants le 3 octobre. »

Quand bien même les agriculteurs des 112 communes « Lubrizol » n’en font pas une priorité, Didier Guillaume viendra les voir aujourd’hui lundi (ndrl : il visitera la Gaec du Chapon à Bois-Guillaume à partir de 17 heures). « Nous avons besoin de retrouver de la sérénité morale »conclut un Stéphane Donckele qui surveillera les prochaines décisions du préfet Durand comme le lait sur le feu.


  •  A l'occasion de la première réunion du comité pour la transparence sur l'incendie Lubrizol à la préfecture de région, Hervé Morin plaide pour une réforme de la sécurité civile en France vis-à-vis des risques industriels:

Incendie de Lubrizol: "l'embarras" des élus et des médecins

AFP

Publié le 11/10/2019 à 18:14 | AFP

https://www.lepoint.fr/societe/incendie-de-lubrizol-l-embarras-des-elus-et-des-medecins-11-10-2019-2340784_23.php

Médecins "embarrassés", maires désemparés, députés "révoltés", écologistes "étonnés": le premier comité pour la transparence sur l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen a laissé vendredi nombre de questions sans réponse.

"De nombreux habitants nous demandent ce qu'ils doivent faire de leurs déchets verts avec des retombées d'hydrocarbure, des eaux utilisées pour nettoyer les retombées des suies ? Pourquoi à 150 mètres du site les habitants n'avaient aucune consigne pour se protéger alors que les policiers portaient des masques ?", égrène Charlotte Goujon, maire de Petit-Quevilly, commune qui jouxte l'usine Seveso seuil haut.

"La question de l'eau peut se poser dans les mois, voire les années qui viennent", renchérit Dominique Gambier, maire de Déville-lès-Rouen, devant les quelque 80 personnes présentes.

Et "qu'est-ce que cette fumée blanche qui persiste sur le site à l'emplacement des 160 fûts ? C'est lié au refroidissement ou c'est une émanation des produits contenus dans ces fûts ?", reprend l'élue de Petit-Quevilly, qui a porté plainte au nom de sa ville.

Parmi les "priorités" de l'État figure "l'élimination de 160 fûts" endommagés et présentant un "risque d'émanations de gaz mercaptan, très incommodant, et de sulfure d'hydrogène, extrêmement dangereux", avait rappelé auparavant Patrick Berg, le directeur régional de l'environnement.

Le désarroi des professionnels de la santé n'est pas moindre. "La population est traumatisée et on n'a pas de réponse très carrée à leur donner. Franchement on ne sait pas où on va. On a l'impression d'être entré dans un tunnel et de ne pas en voir le bout", explique Antoine Leveneur, président de l'union régionale des médecins libéraux.

"Une jeune maman enceinte m'a demandé si elle pouvait envoyer son fils jouer dans un stade où il y avait de la suie sur la pelouse. Je ne savais pas quoi répondre", ajoute le médecin dans "l'embarras".

"Organisation du pays"

Pour l'ancien ministre et président du conseil régional Hervé Morin ,"il faudra que la France toute entière s'interroge sur sa capacité à gérer une catastrophe industrielle comme celle-ci. On a vu toutes les défaillances, les carences et les lacunes. C'est l'organisation du pays qui n'est pas adaptée à une catastrophe industrielle".

Gilbert Renard, maire de Bois-Guillaume, commune de l'agglomération de Rouen, demande lui que soit sursis à l'exécution du plan local d'urbanisme "arrêté par la métropole en juin dernier" et qui "diminue la prise en compte des risques technologiques".

"On aura à tirer toutes les conséquences, y compris pour renforcer la prévention des risques technologiques", admet la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne qui participait au comité au côté de la ministre de la Santé Agnès Buzyn et de celui de l'Agriculture Didier Guillaume.

Les associations écologistes, elles, ne croient pas aux données présentées comme "rassurantes" par l'État. "Étonné", Jacky Bonnemains de Robin des bois dénonce les "numéros de prestidigitation" de M. Berg sur l'amiante et les dioxines.

L'État n'est pas le seul à subir les foudres des participants. Le PDG de Lubrizol France Frédéric Henry a beau promettre "d'accompagner" habitants, commerçants et agriculteurs impactés par la catastrophe, son entreprise détenue par Warren Buffett est aussi dans le viseur.

"Je trouve renversant de ne rien entendre de votre bouche qui renvoie à des éléments chiffrés, ne serait-ce que par rapport à vos responsabilités morales. Vous savez à quel groupe vous appartenez. Vous êtes en capacité de prendre des engagements financiers", a tonné le député PCF Hubert Wulfranc, "révolté".

"Transparence, principe de précaution, suivi sanitaire et environnemental: je l'avais annoncé, le comité pour la transparence et le dialogue sur #Lubrizol est désormais installé. À tous ceux qui ont été impactés, aux Rouennais: l'engagement de l'État à vos côtés reste total", s'est félicité dans un tweet vendredi le Premier ministre Edouard Philippe.

11/10/2019 18:13:22 -          Rouen (AFP) -          © 2019 AFP

Commentaire de Florestan:

Il y a ceux qui gazouillent sur un réseau social virtuel et il y a ceux qui sont sur le plancher des vaches...


  •  Incendie de Rouen : Hervé Morin évoque "un constat d'impuissance face à la rumeur"

INVITÉ RTL - "Il faut que le gouvernement annonce très clairement qu'il y a un suivi épidémiologique de long terme des personnes qui ont pu être exposées après l'incendie de Rouen" estime le président de la Normandie Hervé Morin.

https://www.rtl.fr/actu/politique/incendie-de-rouen-herve-morin-evoque-un-constat-d-impuissance-face-a-la-rumeur-7798381071

PUBLIÉ LE 02/10/2019 À 14:46

La publication de la liste des produits qui ont brûlé avec l'usine Lubrizol de Rouen ne suffit pas à rassurer l'opinion. "Derrière, il faut qu'il y ait une communication avec un collège de scientifiques pour nous dire quels sont les risques, estime le président de la région Normandie Hervé Morin. Il faut que le gouvernement annonce très clairement qu'il y a un suivi épidémiologique de long terme des personnes qui ont pu être exposées.

"Il y a un constat d'impuissance face à la rumeur, aux 'fake news' et à l'inquiétude de la population. Il est logique que nos compatriotes soient inquiets et veuillent des explications", explique Hervé Morin sur RTL, qui confie avoir eu des maux de gorge après s'être rendu sur le site, et avoir eu plusieurs collaborateurs malades. 

"On est dans un monde où plus personne ne croit personne, notamment lorsqu'il s'agit d'autorités politiques ou d'autorités administratives, selon l'ancien ministre de la Défense. Dès lors, si vous n'êtes pas dans l'information transparente et complète, ça ne marche pas. Dans un système où désormais le digital, l'Internet l'emporte sur tout le reste, il faut un système d'information en temps réel".  

Tirer des leçons pour l'avenir

"La France, et je ne jette pas la pierre à ce gouvernement, on n'est pas préparé à une catastrophe industrielle, ajoute le président de la région Normandie. Il y a toute une série de carences, de dysfonctionnements, une absence de méthodes. Il n'y a pas d'éducation et de formation des populations qui vivent à côté des sites classés SEVESO  à haut risque, comme le font certains pays avec le risque sismique".

"On a très clairement des policiers qui sont intervenus le premier jour qui n'avaient aucun équipement pour assurer leur protection on avait des conducteurs de transports collectifs qui étaient laissés pour compte", détaille Hervé Morin, ajoutant qu'"il y a toute une série d'enseignements qu'on doit tirer pour l'avenir, notamment en termes d'urbanisme.


  • Rouen - Hervé Morin : « Plus personne ne croit en la parole publique »

Le président de la région Normandie tire les premières leçons de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen et revient sur les cafouillages de communication.

 Propos recueillis par Jérôme Béglé

Modifié le 01/10/2019 à 18:31 - Publié le 01/10/2019 à 18:04 | Le Point.fr

https://www.lepoint.fr/politique/herve-morin-plus-personne-ne-croit-en-la-parole-publique-01-10-2019-2338784_20.php

 Président de la région Nomandie, Hervé Morin s'est retrouvé jeudi en fin de matinée au plus près de l'incendie qui a ravagé l'usine Lubrizol. Il a vu la fumée qui se dégageait des bâtiments et a constaté l'ampleur des dégâts. Dimanche, il s'est rendu au lycée Flaubert de Rouen puis a rencontré des conducteurs des tramways, des policiers, des agriculteurs et des chefs d'entreprise... Tous ont déploré le manque d'informations mises à leur disposition. Moins d'une semaine après le début de la polémique, Morin tire les premières conclusions de ces cafouillages. Et s'inquiète de la défiance qui accueille désormais la moindre parole de l'État ou de ses représentants.

Le Point : Après l'incendie de Lubrizol, les autorités semblent avoir tardé à annoncer des mesures de protection des hommes et du bétail...

Hervé Morin : Tout le monde s'accorde à dire que les secours sont intervenus rapidement et avec un grand professionnalisme dans des conditions extrêmement difficiles. Je pense tout particulièrement aux sapeurs-pompiers qui ont su faire les choses dans l'ordre, avec beaucoup de rigueur, pour éviter des conséquences qui auraient pu être dramatiques. On a tendance à l'oublier. Il faut les saluer.

Cela étant dit, nous sommes dans un contexte où plus personne ne croit en la parole publique. L'information devient donc capitale et à chaque fois que la parole publique donne le sentiment de refuser la transparence, elle génère de l'anxiété et du doute. Prenons un exemple : le feu a commencé dans la nuit, les premières analyses des fumées par les pompiers indiquaient que la nature des fumées n'imposait ni le confinement ni l'évacuation, mais simplement la mise à l'abri. Le préfet a considéré que la mise à l'abri était de facto réalisée puisque la plupart des gens dormaient et que faire sonner les sirènes et les systèmes d'alerte en pleine nuit risquait de créer la panique. Cependant, ce qui a été retenu, c'est le retard dans l'information. Il faut donc une information en temps réel s'appuyant sur le digital et les réseaux sociaux ; les autorités sont sinon vite débordées par la rumeur digitale et le mal est fait quand elles se mettent à communiquer. L'information instantanée et transparente (avec éventuellement le pourquoi de la non-communication immédiate) consultable par tous est un élément capital dans la gestion de la crise.

Lire aussi « Nous ne voulons pas être rassurés, nous voulons être informés  ! »

En dépit de ces analyses rassurantes, on demande aux agriculteurs et aux éleveurs de ne plus vendre leur production, aux habitants de nettoyer leurs jardins et leurs voitures et à ceux qui ramassent les galettes de pétrole de porter des gants... Pas très logique ni rassurant tout cela...

Hervé Morin: Tant que les analyses n'ont pas rendu leur verdict, le principe de précaution impose les mesures de prévention les plus drastiques. Le préfet a eu raison. J'ai demandé en ce sens, dès dimanche, à Didier Guillaume que les agriculteurs soient soutenus et que les indemnisations arrivent rapidement. En tout cas, la Région est prête à faire des avances de trésorerie si des exploitants se retrouvaient en difficulté. Il faudra aussi se préoccuper de toute la filière agricole si l'interdiction perdurait. D'autres questions se posent, par exemple celles des chefs d'entreprise qui ont été confrontés aux questions liées à la mise à l'abri de leur personnel et leurs obligations liées au droit du travail. Je n'évoque même pas les témoignages me disant que dans le secteur du BTP des personnes ont travaillé toute la journée sous le nuage… Enfin, il y a le fait que le nuage et l'incendie sont apparus trop rouenno-rouennais …. Dimanche soir, seulement, les autorités des Hauts-de- France ont pris en compte les éventuelles retombées du nuage qui ne s'était bien entendu pas dissous entre la Normandie et la Picardie.

Responsable des lycées, la région a-t-elle pris des mesures particulières ?

Hervé Morin: Oui, bien sûr. Les établissements ont été fermés les 26 et 27 septembre comme l'a demandé la préfecture. Les services régionaux et les proviseurs ont inspecté les bâtiments à plusieurs reprises avant que le feu vert ne soit donné pour leur réouverture dès le 30 septembre. J'attends des réponses positives de bureaux d'études pour pouvoir conduire des analyses régulières de l'air dans les établissements.

 La France est-elle bien préparée aux dangers d'une explosion d'une usine de type Seveso ?

Hervé Morin: Au-delà de Rouen, j'en tire différentes conclusions. Tout d'abord, il faut une éducation et une formation pour les populations qui vivent à côté des sites Seveso, comme cela peut exister sur d'autres risques dans d'autres pays. Il faut s'interroger sur les carences ou les dysfonctionnements observés à Rouen. Les policiers qui sont montés au front pour interdire les accès n'avaient aucune protection. On est allé demander des masques à l'hôpital… Ensuite, les conducteurs de métro et du Transport est-ouest rouennais ont eu le sentiment d'être laissés à l'abandon : fallait-il pour permettre à la population de quitter leur lieu de travail continuer le service ou se mettre à l'abri ? Les villes se sont construites autour des sites industriels… et inversement. Il faut donc pour l'avenir contraindre l'urbanisation. À Rouen, la construction d'un nouveau quartier à 700 mètres de ce site pose au moins question. Enfin, autant que possible, il faut un dialogue avec les industriels pour examiner avec eux les productions et les technologies qui pourraient être délocalisées dans des sites appropriés.


  •  Comme on dit dans le pays de Caux, il y a les diseux et les faiseux...

Normandie. Après l'incendie de Lubrizol, la Région débloque cinq millions d'euros

Après l'incendie de Lubrizol, la Région Normandie doit débloquer cinq millions d'euros pour soutenir les entreprises impactées par le sinistre et qui seraient victimes d'un défaut ou d'un retard d'indemnisation de la part de l'État.

https://www.tendanceouest.com/actualite-337371-normandie-apres-l-incendie-de-lubrizol-la-region-debloque-cinq-millions-d-euros.html

 Publié le 10 octobre 2019 à 18h32

Par Floriane Bléas

La décision doit être entérinée en assemblée plénière lundi 14 octobre 2019. La Région Normandie a provisionné une enveloppe de cinq millions d'euros pour soutenir les entreprises impactées par les conséquences de l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime) et qui seraient victimes d'un défaut ou d'un retard d'indemnisation de la part de l'État.

Dans le viseur de la collectivité : "l'ensemble du monde agricole et agroalimentaire qui a été frappé d'une interdiction de commercialisation", a expliqué Hervé Morin, président de la région Normandie, jeudi 10 octobre 2019.

"Bien sûr, ce que nous décidons aussi dans cette délibération, c'est que dans l'hypothèse où ces versements ne feraient pas l'objet d'un remboursement, à un moment ou à un autre, nous ferions dans ce cas appel à Lubrizol."

Le Préfet à l'Assemblée plénière

Lundi 14 octobre 2019, le Préfet sera reçu à l'Assemblée plénière de la Région à Rouen. La séance, publique, sera retransmise en direct sur la page Facebook de la Région Normandie.

"Nous ne sommes pas préparés du tout à une catastrophe industrielle et ça, dans le pays tout entier", a par ailleurs estimé Hervé Morin jeudi 10 octobre 2019, tout en soulignant "l'absence d'éducation, de formation et de modalité d'information des populations".


 

Commentaire de Florestan:

Hervé Morin, contrairement à un autre président en lévitation jupitérienne, est un président sur le terrain des vaches qui ne peuvent plus manger la bonne herbe de Normandie depuis quinze jours et qui se préoccupe de trouver des solutions financières concrètes et immédiates face à l'urgence.

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 Hervé Morin présent aux côtés du maire de Rouen en fin de matinée du 26 septembre 2019 à proximité du site Lubrizol (26 septembre 2019) écoute comme il le peut les déclarations du ministre de l'Intérieur...

Rouen dans l'angle mort de Paris, c'est trop loin:

Le président de la République n'est pas présent. Peu après, le président de la République sera accaparé par le décès d'un ancien président de la République. Il ne viendra pas. Ne viendra-t-il jamais?

Il y a donc deux types qui font président: l'un pour les vivants (par exemple, en Normandie) et l'autre pour un mort...