L'Etoile de Normandie vous propose de prendre connaissance de la lettre des discours échangés lors de cette plénière du conseil régional de Normandie qui restera mémorable après la catastrophe industrielle qui a frappé Rouen il y a maintenant quinze jours: le préfet de région était auditionné par l'assemblée du conseil régional...

séanceplénière

Intervention de M. Hervé MORIN, Président de la Région Normandie

Assemblée plénière du 14 octobre 2019

 

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le Préfet,

Mes chers collègues,

 

Je vous souhaite la bienvenue à Rouen pour une assemblée plénière dont l’ordre du jour, chargé, a été bouleversé sur la proposition de notre collègue Laetitia SANCHEZ en raison de l’accident du 26 septembre dernier survenu sur le site de Lubrizol à Rouen.

Je remercie le Préfet de région Durand d’être dans cet hémicycle ce matin, car les Normands, et au premier chef les habitants de Rouen, souhaitent comprendre et ont besoin de perspectives et ils demeurent inquiets après ce traumatisme et à travers les questions de nos collègues j’espère que vous pourrez leur apporter des explications complémentaires et nous donner des perspectives.

J’y reviendrai dans un instant.

Je souhaite en effet commencer mes propos en saluant toutes celles et ceux qui, au péril de leur vie, se sont mobilisés dès la nuit du 26 septembre pour combattre l’incendie, sécuriser les lieux, en évitant notamment le sur-accident qui aurait pu avoir de très graves conséquences. Analyser ce qui s’est passé et la gestion de la crise est indispensable. Cela ne doit pas nous faire oublier que des femmes et des hommes ont permis d’éviter une catastrophe dont l’ampleur aurait pu être sans commune mesure avec ce que nous vivons aujourd’hui. Je remercie également les personnels de la Région, dans les lycées, aux sièges et à l’Atrium qui ont répondu présents dès le 26 septembre.

Monsieur le Préfet, nous nous sommes beaucoup parlé, souvent plusieurs fois par jour depuis 15 jours et je vous l’ai souvent dit, les habitants de Rouen, du territoire métropolitain, du Nord et de l’Est de la Seine-Maritime et au-delà demeurent inquiets. Ils sont inquiets pour leur santé, ils sont inquiets pour celle de leur famille, ils sont inquiets pour leur travail, ils sont inquiets pour l’image de Rouen et de sa région.

 

En premier lieu, il est important, que dis-je indispensable, que l’Etat organise un suivi épidémiologique extrêmement sérieux, solide, incontestable et un suivi sanitaire de la population qui a été exposée. La santé des Rouennais et des Seinomarins concernés doit faire l’objet d’un suivi de long terme en lien avec tous les professionnels de santé. Il faut donc que l’Etat présente rapidement un plan extrêmement précis.

 

La seconde action sur laquelle l’Etat est attendu concerne le monde agricole. Déjà lourdement et parfois dramatiquement impactés par la conjoncture, il serait inacceptable que les agriculteurs perdent ne serait-ce qu’un centime du fait de cet accident. Leur indemnisation doit être totale, simple et rapide. La solidarité nationale doit s’adresser à toute la filière agricole impactée et pas seulement aux producteurs laitiers. Nous proposerons dans quelques instants à cette assemblée de débloquer 5 M€ sous la forme d’avances pour que les agriculteurs impactés puissent bénéficier d’un soutien de trésorerie si les crédits de l’Etat tardent à venir.

 

L’Etat doit notamment prendre en compte la question de tous les sous-traitants de Lubrizol  dont certains sont d’ores et déjà en difficulté. Les commerces, les artisans et les TPE de Rouen, dont l’activité avait déjà été fortement pénalisée par les gilets jaunes doivent bénéficier d’un dispositif du même ordre que les agriculteurs. Par exemple, l’activité de l’hôtellerie et de la restauration ont été considérablement impactés à Rouen.

 

J’attends, en outre, Monsieur le Préfet que l’Etat soit à nos côtés pour, le moment venu, effectuer un travail puissant de relance de l’image et du rayonnement de la métropole rouennaise.  L’attractivité de Rouen est stratégique pour la Normandie. La mobilisation du milieu économique et l’Armada avait créé un véritable élan dans ce domaine ces derniers mois. Je proposerai au Président de la Métropole de réfléchir ensemble à un programme d’actions en faveur du rayonnement de Rouen. Il nous faudra être aidé par l’Etat dans cette entreprise. Bien entendu Lubrizol ou ses assurances ne sauraient s’extraire de ses responsabilités dans tous ces domaines.

 

Enfin, il faudra tirer les leçons de ces dernières semaines. Car, il faut l’avouer et c’est une responsabilité collective, malgré les risques connus, le degré de préparation est faible. J’ai rencontré dans les jours qui ont suivi l’incendie des policiers, des chauffeurs de bus et des ouvriers du BTP qui ont travaillé sous le nuage sans consigne ou équipement de protection particulier. J’ai rencontré des chefs d’entreprise qui étaient dans le flou juridique par rapport à leurs salariés.

Je suis convaincu, et la commission d’enquête sénatoriale demandée par Catherine MORIN-DESAILLY et qui devrait être présidée par Hervé MAUREY, la mission d’information présidée par Christophe BOUILLON le confirmeront sans doute, que ce degré d’impréparation à Rouen aurait été le même dans une autre agglomération confrontée au même risque. A commencer par l’absence de formation et d’éducation de la population en de telles circonstances.

Les habitants de l’Outre-Mer connaissent précisément les réflexes à avoir en cas d’intempéries tropicales. Ceux des territoires exposés à des risques industriels doivent être rompus aux comportements à adopter en cas d’incident. De même, les services de l’Etat doivent prendre en compte dans leur mission d’information le fait que plus personne aujourd’hui ne croit en la parole publique.

Il est capital, dans ce contexte, de diffuser par les canaux digitaux notamment l’information en temps réel. Il faut mettre en place une véritable méthode immédiatement déployable comme il faut sans aucun doute s’appuyer beaucoup plus sur les élus locaux et notamment les maires. Les moyens d’alerte doivent aussi être revus comme l’achat d’équipements adaptés pour les professionnels chargés d’intervenir à proximité des sites. Je pense notamment aux forces de l’ordre. Enfin – et je suis loin d’être exhaustif – des questions se posent en matière d’urbanisme. Nous sommes une Région profondément industrielle et fière de l’être. La ville et l’industrie ont grandi ensemble durant des décennies, mais il y a, a priori, des conséquences à tirer en terme d’urbanisme.

Monsieur le Préfet, la parole est à vous, nous vous écoutons.

 


 

 Texte de l'intervention de Pascal HOUBRON, Conseiller Régional de Normandie et Maire de Bihorel

 

 

Monsieur le Président,
Monsieur le Préfet,
Chers collègues,

Au mois de juin dernier, les Rouennaises et les Rouennais étaient fiers d’accueillir le monde entier dans le cadre de l’Armada 2019.


La Métropole Rouen Normandie avait le sentiment d’avoir trouvé sa place dans notre région Normandie, et notre territoire avait perdu l’habitude de se dévaloriser…
Quelques mois plus tard, le 26 septembre, survenait cet incendie industriel.


Très vite, tous les habitants concernés, tous les élus locaux ont mesuré la gravité de l’événement, sans toutefois savoir précisément ce qu’ils devaient faire pour se protéger.
Tous ont reconnu le professionnalisme des sapeurs-pompiers qui ont réussi l’exploit de circonscrire le feu rapidement, et sans perte de vie.


Comme vient de le faire Monsieur le Président, ils doivent être remerciés et nous sommes reconnaissants pour leur bravoure face à un feu qui aurait pu devenir bien plus dramatique encore.


Et très vite aussi, les reproches et critiques furent acerbes vis-à-vis de la préfecture et de vous-même, Monsieur le préfet.


Unanimement, les élus locaux – et Madame la maire de Petit Quevilly au premier chef – n’ont pas compris le décalage et le manque de clarté des informations qui ne leur ont pas permis de mettre en œuvre les mesures nécessaires à la protection des habitants de leur commune.


A titre d’exemple, en tant que Maire de Bihorel, commune touchée par le nuage de fumée, j’ai dû prendre seul la décision à 7h00 du matin de ne pas ouvrir les crèches et écoles de ma commune…


Au petit matin, les bus ont continué à circuler dans la Métropole sans qu’à aucun moment les chauffeurs aient reçu des consignes.


Les policiers eux-mêmes, ayant le devoir de sécuriser un large périmètre autour du site de Lubrizol ont exprimé auprès du Président Morin leur inquiétude de ne pas avoir de réelle protection pour une intervention de ce type.


Monsieur le Préfet, à l’heure de la défiance vis-à-vis de la parole publique, les maires doivent être pour vous les meilleurs relais pour informer et ordonner des mesures préventives.
Seuls les Maires sont encore écoutés sans suspicion par leurs administrés.

Il est difficile de comprendre également qu’à la suite d’un grand nombre de réunions impressionnantes pour élaborer un Plan de Prévention des risques technologiques (PPRT) ou encore de PPI, il y ait eu un si grand sentiment d’improvisation et de déficit d’informations.

Aujourd’hui, la parole publique est si dévoyée qu’il y a la nécessité de créer un Comité de la transparence et du dialogue, comme si cette recherche de la vérité et sa communication n’allait pas de soi !

Il ne faut pourtant pas avoir peur d’expliquer, d’analyser et de transmettre les informations qui peuvent soulager les angoisses et les légitimes inquiétudes.
Ne pas prendre le temps de s’expliquer ou d’omettre de passer par des relais d’informations que sont les élus locaux, c’est risquer d’accentuer la défiance, voire la colère…

Outre cette commission de la transparence et du dialogue, Catherine Morin Dessailly, Sénatrice et Conseillère Régionale a pris l’initiative de proposer une commission d’enquête au Sénat.

L’Assemblée Nationale n’est pas en reste avec la mise en place d’une mission d’information.

Toutes ces instances devront trouver l’origine de cet incendie, et devront également pointer les responsabilités, et enfin proposer des pistes d’amélioration de nos gestions de crise.
En effet, cet événement doit révéler qui est responsable pour permettre l’indemnisation des citoyens, des communes et de toutes les filières économiques impactées, comme les commerçants de la métropole de Rouen, en particulier de la ville-centre ; ou les agriculteurs, et sur ce point c’est mon collègue Xavier Lefrançois qui prendra la parole.

De notre côté, les lycées situés dans cette zone ont été nettoyés et nous sommes plusieurs à avoir accompagné Hervé Morin pour soutenir les proviseurs…

Concernant les indemnisations, vous avez écrit aux collectivités que l’entreprise Lubrizol s’est publiquement engagée à les indemniser.

Pour cela, vous demandez aux Maires de retourner un état chiffré et étayé des dépenses engagées.

Sur ce point également, nous vous demandons la transparence et la vérité des chiffres.
Si sur le point des dommages matériels liés au sinistre, les choses commencent à s’établir, les populations concernées ont plus de crainte sur la santé.

Comme cela vous a déjà été réclamé par tous les élus, en particulier Hervé Morin, un suivi épidémiologique et sanitaire est indispensable sur la durée pour tenter de déceler les impacts sur la santé de la population exposée.

Depuis toujours nous connaissons l’industrie dans la Vallée de la Seine.
L’industrie, c’est notre histoire, c’est notre richesse, c’est notre développement.
L’industrie est si présente dans notre territoire que nos habitations ont fini par encercler ces usines dont le périmètre dit Seveso n’interdit pas l’urbanisme de se développer dans ces zones.

Il serait facile de vouloir les extraire vers d’autres horizons comme si on pouvait transférer nos activités industrielles aussi facilement…

L’industrie d’hier est pourtant révolue. Notre mode de vie comme de consommation doit évoluer et l’industrie doit évoluer pour nous faire entrer dans une nouvelle ère qui participe à la lutte contre le réchauffement climatique et à  la chute sensible des émissions à effet de serre.


Le concept d’ « industrie 4.0» est l’avenir et la politique régionale est construite sur ses bases afin d’accompagner et d’encourager tous les acteurs à repenser leur modèle de production.
Mais l’industrie est indispensable à notre territoire et il n’est pas question de la rejeter simplement et d’une manière caricaturale.


Non, il convient plutôt de la maîtriser et de lui imposer sa transformation pour garantir la sécurité de ses salariés et des citoyens vivant dans son environnement ; pour préserver la faune et la flore qui vivent plus ou moins proche de toutes nos usines.

A ce stade, le Président Morin a suspendu la participation de la région à un éco-quartier dit Flaubert qui jouxte les entreprises industrielles et sont pleinement dans le périmètre Seveso.

Je rappelle aux élus que la majorité de gauche de la Métropole qu’ils l'ont accepté sans  se draper dans leurs certitudes.

Aujourd’hui, nous demandons de stopper toute commercialisation et de prendre le temps de repenser la physionomie du projet Flaubert.

Il n’est pas question de ne plus résorber les friches industrielles, mais de le faire d’une manière la plus sécurisé possible.

Le SDRADDET, les SCOT et le PLU, PLUI, tous ces documents d’aménagement du territoire et d’urbanisme doivent tous être sensibilisés aux risques technologiques et industriels, sans chercher à minimiser les impacts comme ce fut le cas pour le quartier Flaubert.

Enfin, pour conclure, et j’ai commencé mon propos par cela, l’image de Rouen s’est dégradée et pourtant cette ville reste attachante par sa culture, son patrimoine, son économie.

La Région a besoin de la métropole comme Rouen a besoin de la Région Normandie.

Les élus régionaux mettront tout en œuvre dans le cadre de la politique d’attractivité si chère à Hervé Morin pour redonner la confiance dans notre potentiel.

Monsieur le Préfet, nous serons toujours à vos côtés pour accompagner les Normandes et les Normands dans la difficulté ou dans le désarroi…


Alors, faites-nous confiance !


Voir aussi:

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/incendie-lubrizol-a-rouen-le-prefet-reconnait-un-systeme-d-alerte-date-20191014

 

Incendie Lubrizol à Rouen: le préfet reconnaît un système d'alerte «daté»

 

Par Le Figaro avec AFP

 

Publié il y a 5 heures

 

Le préfet de Seine-Maritime a reconnu ce lundi que le système par lequel l'alerte a été donnée à Rouen après le gigantesque incendie de l'usine Lubrizol, classée Seveso, s'appuie sur des «outils datés qui devront évoluer».

 

 

«Si sur le plan opérationnel, je pense pouvoir dire que nous avons été très très efficaces (...), il n'empêche que sur l'information nous continuons de travailler avec des outils datés qui devrons évoluer», a déclaré le préfet Pierre-André Durand, qui était invité à s'exprimer devant le conseil régional de Normandie réuni lundi matin en assemblée plénière.

Le préfet de Seine-Maritime est revenu sur sa décision de déclencher l'alerte le jeudi 26 septembre au matin à Rouen. «Fallait-il déclencher les 31 sirènes sur toute l'agglomération de Rouen à 4H00 du matin, alors que nous avions la totalité de la population rouennaise confinée, ou attendre aux alentours de 7H45 au moment où les gens vont travailler ? Ou déclencher uniquement les sirènes à proximité du site ? C'est ce choix que j'ai fait, après en avoir débattu en état-major», a expliqué Pierre-André Durand.

« Toucher l'usager chez lui»

«Il faut que nous arrivions maintenant (...) à toucher l'usager chez lui», a souligné le préfet, en rappelant qu'une directive européenne applicable pour 2022 et «sur laquelle le ministère de l'Intérieur commence à travailler va nous imposer un système de diffusion par les pylônes téléphoniques d'envoi de messages personnalisés sur tous les téléphones portables».

Le préfet a souligné qu'il existe déjà des systèmes où «des habitants d'une zone s'inscrivent et quand il y a une difficulté, à côté du système de sirènes dont il faut bien reconnaître qu'il est un peu daté, ces personnes inscrites reçoivent ce message».

«Avec le nouveau dispositif qui sera traité dans les années à venir, ces messages arriveront d'office sur les portables des personnes, y compris par exemple des personnes étrangères qui sont de passage dans la région», a souligné Pierre-André Durand. Et quand ce système sera en place, «nous aurons fait là un saut qualitatif très très important», a ajouté le préfet.

Voir aussi cette tribune de Sébastien JUMEL ancien maire de Dieppe et conseil régional, actuellement député PCF de la Seine-maritime: le risque industriel, il connaît bien. Notamment le risque nucléaire.

Depuis l'incendie de l'usine Lubrizol survenu à Rouen, les concitoyens, les agriculteurs et élus locaux directement affectés par cette catastrophe industrielle sont en état de choc.

La colère domine face à cet accident qui renforce un sentiment prégnant d'abandon. Un sentiment qui nourrit un peu plus la défiance citoyenne à l'endroit d'autorités officielles. Ces dernières affirment l'absence de pollution notable, tout en reconnaissant ne pas connaître les effets sur la santé ou sur l'environnement de l'exposition à plusieurs milliers de tonnes de substances chimiques parties en fumée. Ou en intimant les agriculteurs et les éleveurs de suspendre ou détruire leurs productions.

Si les autorités ont promis une « transparence totale » sur les résultats d'analyses, les silences durant la nuit de l'accident, les défaillances de la gestion de crise, puis les déclarations contradictoires et l'incapacité de rendre compte de la nature exacte des produits ne pouvaient qu'affaiblir et discréditer un peu plus le discours officiel. La catastrophe intervient, il est vrai, dans un climat de défiance généralisée à l'endroit des institutions nourrit par certains précédents, où le droit à l'information des citoyens a été négligé voire violé.

Sans remonter aux atermoiements après l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001, il suffit ici de rappeler la révélation tardive de la pollution au plomb provoquée par l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris...

Un principe constitutionnel

Au-delà de la gestion technocratique de la crise, les récentes réformes sur le secret des affaires ou l'affaiblissement des comités d'hygiène et de sécurité dans les entreprises contredisent les promesses de transparence de Matignon.

Le droit à l'information des citoyens existe théoriquement. Le principe 10 de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement, adoptée le 13 juin 1992, reconnaît d'ailleurs que«la meilleure façon de traiter les questions d'environnement est d'assurer la participation de tous les citoyens concernés [...]. Chaque individu doit avoir dûment accès aux informations relatives aux substances dangereuses dans leurs collectivités».

La Convention Aarhus, entrée en vigueur en France le 6 octobre 2002, fait aussi expressément obligation d'une diffusion efficace de l'information relative à l'environnement et plus de transparence au niveau des procédures de prise de décisions.

Un principe consacré par notre Constitution. En effet, selon l'article 7 de la Charte de l'environnement insérée dans son Préambule de la Constitution : «Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques [...]. »

Cette disposition consacre ainsi un droit fondamental qui répond à une demande forte émanant de nos concitoyens, mais qui demeure en partie plus abstraite et théorique que réelle et concrète.

Or, en pratique, le défaut ou le manque d'information alimente la désinformation et la défiance. Expression d'un besoin de vérité, le « droit à l'information/de savoir » a pour vertu de pouvoir dissiper les fantasmes.

Les droits des citoyens face aux lois de l'économie

L'enjeu est de nature démocratique. La démocratie repose sur la dimension cognitive de la confiance : ce qu'on sait de l'action publique permet de préjuger de son action future ; si l'on découvre que ce que l'on sait est incomplet ou erroné, cela rompt la confiance et crée le doute et la défiance.

Pour renouer avec la confiance, il convient de garantir l'information des citoyens en matière environnementale et de santé publique.

Dans une démocratie digne de ce nom, les citoyens ont le droit de savoir ce qui s'est réellement passé. Derrière cette catastrophe, il y a malgré tout une opportunité démocratique à saisir pour tous ceux qui croient dans la prévalence de notre sécurité, de notre santé et de notre environnement sur les « lois de l'économie ». »

Sébastien Jumel, député de Seine-Maritime dans le groupe Gauche démocrate et républicaine.


Voir enfin ceci:

Ou quand le destin s'en mêle pour bien faire ressentir un réel qui ne sent pas bon à celles et ceux qui, politiquement, auraient tendance à ne pas le voir entièrement à force de l'observer de très... loin!

https://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-la-session-du-conseil-regional-interrompu-apres-le-malaise-d-un-elu-6564254


COMPTE RENDU proposé par Paris-Normandie:

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/prefet-auditionne-reaction-d-herve-morin-et-des-elus-lubrizol-s-invite-au-conseil-regional-a-rouen-PB15728403

Préfet auditionné, réaction d'Hervé Morin et des élus... Lubrizol s’invite au conseil régional, à Rouen

L'incendie de Lubrizol a alimenté les discusisons, lundi 14 octobre 2019 lors de la séance plénière du conseil régional de Normandie. Le préfet de la Seine-Maritime Pierre-André Durand était invité à s'exprimer.

En assemblée plénière de la Région Normandie, lundi 14 octobre 2019, à Rouen, le président Hervé Morin est revenu sur le sinistre de Lubrizol survenu le 26 septembre, devant le préfet de la Seine-Maritime et de Normandie, Pierre-André Durand, invité de l’institution.

« Nous nous sommes beaucoup parlé (avec le préfet, N.D.L.R), indique Hervé Morin. Parlé à propos des habitants de la région, de leur santé, de leur famille, de leur travail, de l’impact sur l’image de Rouen et de la Région. » Avant de réclamer notamment que l’État ne prenne toutes les dispositions pour un suivi épidémiologique, même sur le long terme. S’agissant des agriculteurs, Hervé Morin a souligné qu’il était « impensable » pour lui « que les agriculteurs perdent ne serait-ce qu’un centime ».

« L'impact de l’Armada a été ruiné par l’incendie de Lubrizol »

Le président de Région a réclamé par ailleurs que « l’État prenne en compte la situation de tous les sous-traitants, des commerçants, des artisans qui doivent bénéficier d’un dispositif du même ordre que pour les agriculteurs... J’attends par la suite un travail de relance de l’attractivité de Rouen et de la Normandie ». Hervé Morin a ajouté que « l’impact de l’Armada a été ruiné par l’événement ».

Le président de la Région qui a évoqué une « responsabilité collective car le degré de préparation de notre pays est faible face à ce type d’accident », a réclamé que l’information soit diffusée en temps réel...