Le "Céser... à rien", avons nous coutume de dire ici car la seconde assemblée régionale normande qui représente, en principe, la société civile régionale organisée à l'exception, bien entendue, des associations et organisations qui ont la Normandie pour raison sociale, propose des idées et émet rapports et avis destinés, dans la plupart des cas, au classement vertical.

La première assemblée régionale normande, celle qui fait réellement de la politique qui finance et prend les décision peut parfaitement ignorer les propositions et le travail de la seconde: l'utilité et la légitimité du CESER peuvent donc poser question et une réforme est, à terme, inévitable pour que le CESER soit, à la fois, plus représentatif de la société civile normande et plus structurellement intégré à l'élaboration des politiques publiques régionales...

Question: la réunification a-t-elle contribué à "normandiser" la réflexion régionale d'un CESER résultant d'abord de l'addition de l'ex Ceser BN et de l'ex Ceser HN?

On peut raisonnablement penser que oui et on s'en réjouira...

On prendra l'exemple de cette idée que nous avions ici même proposée depuis longtemps, à savoir la création d'un service ferroviaire rapide et cadencé  sur la "tripolitaine" normande Caen/ Rouen/ Le Havre qui rendrait concrète et effective dans l'espace vécu des Normands, le retour à l'unité régionale... A condition de créer une infractructure qui n'existe toujours pas, à savoir un tunnel ferroviaire sous-fluvial entre Le Havre et Honfleur pour permettre une liaison directe Caen-Le Havre via Serquigny/Glos-Montfort. A condition de réouvrir d'anciennes voies ferrées et de les remettre en état, au lieu de les laisser en friche ou de les démanteler pour les remplacer par des voies vertes.

En effet, la comparaison suivante est édifiante:

  • Le réseau ferré normand à l'apogée de son développement (1ère moitié du XXème siècle)

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  • Le réseau ferré normand au moment de la réunification normande (2016): le réseau s'est contracté au point de revenir à son état d'avant... 1874

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Le CESER Normandie a donc de bonnes idées comme en témoignera l'article ci-dessous proposé par Manon Loubet (76 actu) mais on regrettera que les conseillers du CESER n'aient pas poussé leur sagacité jusqu'à proposer la création d'une courte traversée sous-fluviale ferroviaire dans l'estuaire infiniment moins coûteuse que le pharaonique tunnel de près de 11km à créer dans le sous-sol rouennais pour brancher la future gare de Saint-Sever (Rive Gauche) au plateau de Caux, rive droite...

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  • Voir aussi ces archives...

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/719/reader/reader.html#!preferred/1/package/719/pub/720/page/10

https://actu.fr/normandie/honfleur_14333/un-havrais-relance-le-tunnel-entre-les-deux-rives-de-la-seine_2327209.html

  • Voir aussi cet exemple... québecois, plutôt édifiant (c'est le cas de le dire!):

https://magazineconstas.com/2017/05/08/les-50-ans-du-pont-tunnel-louis-hippolyte-la-fontaire/


 https://actu.fr/societe/et-grandes-villes-caen-rouen-havre-se-dotaient-dun-rer-comme-paris_28355046.html

Et si les grandes villes de Caen, Rouen et Le Havre se dotaient d’un RER comme à Paris ?

Alors qu'en 2040, la vente des voitures thermiques devrait être interdite, un projet de RER (Réseaux express régionaux) normands est proposé pour Caen, Rouen et Le Havre.

Et si la Normandie se dotait de RER (Réseaux express régionaux) dans ses grandes villes ? C’est ce que le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) propose dans son étude Mobilités du quotidien, publiée en 2019. Rappelons que le Ceser est une assemblée consultative, qui participe à l’administration de la région. Il est constitué de personnes issues de la société civile et reconnues pour leurs compétences. 

À Caen (Calvados), Le Havre (Seine-Maritime) et Rouen, le Ceser a imaginé, en réhabilitant des voies ferrées aujourd’hui fermées ou réservées exclusivement à du fret, des réseaux de RER.

« En 2040, la vente des voitures thermiques devrait être interdite, rappelle Patrick Morel, rédacteur de ce rapport et conseiller du Ceser Normandie, en qualité de membre de Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT). Il faut donc penser à trouver des solutions. Dans cette étude, nous nous sommes inspirés du modèle parisien pour créer des dessertes traversantes. »

L’idée serait de proposer des trains avec un cadencement comme les RER parisiens. « Toutes les 15 minutes sur les heures de fréquentation et toutes les demi-heures/heures pendant les heures creuses », souligne Patrick Morel.

Lire aussi : Nouveaux horaires 2020 des trains en Normandie : cheminots et usagers craignent de nombreux retards

Réouverture des lignes fermées ou servant uniquement au fret

À Rouen, il existe déjà la ligne Yvetot-Rouen-Elbeuf, qui dessert les gares périurbaines. « L’idée serait de partir de cet exemple-là et de le généraliser là où il y a du potentiel », poursuit Patrick Morel. En complément à Rouen, le Ceser propose de rouvrir une ligne qui sert actuellement pour du fret entre la rive gauche de Rouen et Saint-Pierre-lès-Elbeuf. « Cette ligne desservirait un bassin de près de 100 000 habitants sur la rive gauche de la Seine (Petit-Quevilly, Grand-Quevilly, Petit-Couronne, Grand-Couronne et Elbeuf) et pourrait se connecter avec la future gare de Rouen Saint-Sever inscrite dans le projet de LNPN (Ligne nouvelle Paris Normandie). », peut-on lire dans le document.

La réouverture de la ligne entre Rouen et Évreux, qui passe par Acquigny, Louviers et Saint-Étienne-du-Vauvray, soit 35 kilomètres de chemins de fer, actuellement inutilisés « mais encore en bon état », est également une proposition.

Mais serait-ce vraiment possible à Rouen de faire passer tous ces trains, alors que la gare est totalement saturée ? « La gare de Rouen est saturée car les trains stationnent, souligne le spécialiste. Mais il est possible de ne les faire stationner que dans les terminus. Et avec les nouveaux trains qui seront réversibles, ce sera encore plus facile. »

Lire aussi : Les écologistes pour le retour du train entre Rouen et Évreux

DOCUMENT. Voici les projets de réouvertures et de modernisation des lignes de chemins de fer proposées par le Ceser :

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Densifier l’offre

À Caen, selon le rapport du Ceser, un RER serait très facile à mettre en place sur l’axe Bayeux-Caen-Lisieux. « L’axe n’est pas saturé. Il suffirait donc de mettre plus de trains et de cadencer les horaires. »

« Au Havre, avec la mer en face, on ne peut pas traverser l’agglomération, il s’agirait plutôt de construire un réseau en étoiles », commente Patrick Morel. Là encore, il s’agirait de bénéficier d’un réseau déjà implanté, actuellement utilisé pour le fret, entre Lillebonne, Notre-Dame-de-Gravenchon et Bréauté. Le Ceser propose également de prolonger la desserte périurbaine du Havre de Rolleville jusqu’à Turretot, voire Criquetot l’Esneval.

Commentaire de Florestan:

Et un franchissement ferroviaire sous-fluvial de l'estuaire là où c'est plus facile de ne faire qu'une tranchée au lieu d'un tunnel foré profond en raison de la faiblesse de la pente? Non? Certaines évidences échappent aux esprits les plus sérieux et les plus avisés...

« L’idée est de densifier l’offre des trains, quand c’est possible, souligne Patrick Morel. Ou de rouvrir des lignes déjà exploitées en fret ou encore en bon état. » Pour l’ancien directeur des transports de la Région Basse-Normandie, un RER Normand ne demanderait donc pas de lourds investissements.

Lire aussi : Polémique. En Normandie, des lignes de trains ouvertes à la concurrence d’ici à 2023

Qu’en pense la Région Normandie ?

Ces propositions ont-elles retenu l’attention de la Région, désormais autorité organisatrice pour le ferroviaire en Normandie, et de la SNCF ? Gaël Barbier, le directeur TER Normandie SNCF mobilités, assure qu’« il y a déjà eu une amorce entre Elbeuf et Yvetot face à la saturation de la gare de Rouen ». Pour lui, « la réflexion qu’il faut mener en Normandie, c’est comment on peut fluidifier le réseau avec une approche du type RER qui contourne les grandes métropoles. »

De son côté, la Région assure avoir bien eu connaissance des propositions du Ceser, « qui ne tiennent toutefois pas compte des possibilités de l’infrastructure à proximité des grandes agglomérations, qui est assez largement saturée ».

L’État a par ailleurs lancé une démarche de réflexion de type RER dans les métropoles, « qui ne fixe pas une fréquence minimale », rappelle la Région. La collectivité normande souligne qu’elle n’avait pas attendu cette réflexion : « Depuis plus de deux ans une démarche est en cours avec SNCF et la Métropole de Rouen sur le train comme mode urbain de déplacement. Mais pour réellement faire changer les choses sur ce sujet, il faut que la gare de Rouen existe rive gauche". Elle est prévue dans le cadre de la LNPN.


 Commentaire de Florestan:

Il faut une gare à Rouen sur la rive gauche de la Seine. Mais il faut la financer.

Mais s'il faut mettre jusqu'à... trois milliards dans l'équivalent d'un EPR souterrain entre Saint-Sever et Maromme (voire au-delà) elle ne se fera jamais.

La seule solution technique et financière viable c'est de relier cette future gare de Rouen rive Gauche à franchissement ferroviaire sous fluvial bien plus en aval, dans l'estuaire, à partir de la rive... gauche.

C'était ce que proposait, peu ou prou, le fameux scénario C du grand débat public de 2011 sur une LNPN qui ne verra pas le jour de si tôt...

C'est promis! on en reparlera d'ici dans un lustre ou deux...