Billet de Florestan

Ouest-France, le grand quotidien régional breton, est, par nature, indifférent à la Normandie et quand on nous parle de notre région dans ce média encore grand, pensé, fabriqué et diffusé depuis Rennes, il est bien rare que cela soit bienveillant: raison de plus de lire la Pravda ligéro-bretonne de l'Ouest pour exercer notre lucidité et notre vigilance sur des sujets essentiels pour la Normandie, son avenir, donc son reflet médiatique, son rayonnement, son image, son attractivité.

Un mois après la catastrophe industrielle de Lubrizol qui a souillé l'image de Rouen et de la Normandie et qui va obliger tous les décideurs Normands à devoir faire, enfin, ce qu'ils n'ont pas l'habitude de faire, à savoir: se retrousser les manches ensemble pour travailler ensemble en tirant dans le même sens dans le but de reconstruire l'image de notre région et de repartir à la conquête en terme d'attractivité, Ouest-France, dans son édition caennaise du 22 octobre 2019 décide de publier, en pleine page "France" (ordinairement réservés aux exploits bretons pouvant avoir un intérêt national) un dossier mettant en valeur, sans aucune distance critique ou presque, la politique plutôt discutable de marketing territoriale menée en solitaire par le département de la Manche qui fait... la manche tant à Paris que dans les pages de Ouest-France quitte à "assumer" une concurrence territoriale vis-à-vis de Rouen!

Le moment est donc bien choisi par Ouest-France pour asséner le coup de pied de l'âne du Cotentin mené à la bride par les idiots utiles d'un conseil départemental de la Manche toujours tentés par une sorte d'isolationnisme, au sens strict du mot quitte à ce que l'on confonde, dans une brume symbolique épaisse, la Manche avec la Manche avec faire la manche sans se retrousser les manches avec les autres Normands.

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A ce petit jeu, et notre collectif Bienvenue en Normandie qui avait dénoncé dès 2006 la coopération touristique léonine entre le département de la Manche et son voisin breton au détriment de l'image du Mont- Saint-Michel, de l'Avranchin, du Cotentin et de la Normandie (pour reprendre des noms propres qui signifient réellement quelque chose) est bien placé pour le savoir, il est à craindre qu'à force de faire le Manchot ou le Manchois en solitaire, certains finissent par y perdre... le bras au profit de la puissante métropolisation bretonne voisine!

Voici donc, ci-après, les principaux éléments de ce dossier proposé par Ouest-France: nous l'avons, comme d'habitude, soigneusement "dépiauté" selon notre point-de-vue normand car les journalistes bretons de Ouest-France n'ont pas à avoir le monopole du préjugé régional.

Mais après avoir fait ce travail normand de déconstruction du sabotage réalisé très régulièrement dans les pages de Ouest-France de toute affirmation positive de l'unité normande (ici critiquée en creux par la rédaction de Ouest-France) ou de toute affirmation positive de l'identité normande (car, selon Ouest-France, l'identité régionale n'existe qu'en Bretagne) nous devons relever, avec honnêteté que si les Bretons de Ouest-France s'adonnent au "Normandie bashing" (comme on dit en bon français de 2019) c'est qu'il y a, hélas, matière:

Alors que nous sommes à un moment critique avec la catastrophe de Lubrizol, on doit constater que le marketing territorial normand n'est pas une politique régionale normande ni coordonnée, ni unifiée: l'équipe normande n'existe pas et certains "assument" (sic!) même le droit de marquer des buts contre leur camp. Chose impensable du bon côté du Couesnon!

Ce dossier de Ouest-France qui n'aborde ces questions sensibles d'identité et d'image du territoire qu'au travers du prisme départemental puisqu'il ne s'agit que de la Normandie région dont l'identité territoriale serait moins forte qu'en Bretagne, ne s'intéresse pas à l'intérêt général régional normand puisque l'intérêt régional n'existerait qu'en Bretagne:

Nous proposons, donc, de faire le boulot que n'a pas voulu faire les journalistes de Ouest-France (puisqu'ils s'en foutent de la Normandie) en posant la question suivante:

Il existe une agence régionale de l'attractivité et du marketing territorial pour la Normandie. Cette agence présidée par Philippe Augier, le maire de Deauville et dirigée par Michael Dodds, par ailleurs, directeur du comité régional du tourisme, ne pourrait-elle pas coordonner et harmoniser toutes les initiatives de marketing territorial en provenance des départements et des grandes agglomérations normandes?

A quand un G9 de l'attractivité territoriale de la Normandie associant la région Normandie, les cinq départements normands, la métropole de Rouen et les communautés urbaines de Caen et du Havre?

Voilà la question que le lecteur normand d'un quotidien régional authentiquement normand faisant honnêtement son travail avec objectivité, aurait pu lire dans le journal...

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