Un mois après, l'après-Lubrizol à Rouen, prend un tour consternant, inquiétant faute d'un portage politique et symbolique à la hauteur d'une véritable catastrophe industrielle qui a traumatisé toute une population et souillé au propre comme au figuré toute une région.

La revue de presse à lire ci-après, le démontre: il est urgent de dire la vérité et de reconstruire un projet politique pour la métropole de Rouen qui puisse concilier ce qui pourrait paraître inconciliable mais les réalités rouennaises et normandes sont ainsi:

Concilier développement métropolitain durable et écologique en terme de qualité de vie, d'environnement, d'aménités patrimoniales, culturelles, intellectuelles, scientifiques ET activités portuaires et industrielles car Rouen est une métropole qui n'est pas seulement une ville musée que l'on visite c'est une métropole où une majorité de la population travaille, notamment dans l'industrie.

1° La catastrophe Lubrizol a-t-elle fait sa première victime?

La pression médiatique, le contexte de polémique permanente, un climat de ressentiment sinon de haine, le poids des responsabilités, la honte, le dégoût face à l'hypocrisie ou au manque de courage de certains, tous ces éléments ont peut-être pesé dans le passage à l'acte d'un chef d'équipe de la société Normandie Logistique placée dans la tourmente depuis un mois...

https://www.paris-normandie.fr/actualites/faits-divers/incendie-de-lubrizol-suicide-d-un-chef-d-equipe-des-entrepots-de-normandie-logistique-qui-ont-brule-FN15819279?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&mediego_ruuid=31990073-6f02-4c95-8820-aadea13bc0ac_0&mediego_campaign=20191029_news_actu&utm_content=20191029&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

Incendie de Lubrizol : suicide d’un chef d’équipe des entrepôts de Normandie Logistique qui ont brûlé

Un chef d’équipe de 59 ans, qui travaillait dans les entrepôts de Normandie Logistique (NL), ravagés lors de l’incendie du site voisin Lubrizol à Rouen, s’est suicidé, a annoncé lundi l’entreprise dans un communiqué.

Cet agent de maîtrise a mis fin à ses jours à son domicile, vendredi 25 octobre, en fin de journée, a précisé l’entreprise, ajoutant qu’il travaillait sur l’entrepôt « Quai de France », qui a brûlé dans l’incendie qui a également touché le site industriel de Lubrizol.

Une lettre laissée

« Toute l’entreprise est sous le choc », a déclaré dans un communiqué Christian Boulocher, le directeur général de NL. « Aucun signal ne nous avait alerté de son mal-être, venant de lui ou de ses collègues », a-t-il ajouté, précisant que le salarié travaillait depuis 39 ans dans l’entreprise. Selon des sources concordantes, le salarié a laissé une lettre invoquant des motifs sans rapport avec l’incendie du 26 septembre.

Infractions pénales

Mais, selon Gérald Le Corre, de la CGT de Seine-Maritime, « la concomittance entre le passage à l’acte de ce salarié responsable du stockage et la mise en cause de l’entreprise doit interroger ». Le 23 octobre, le directeur régional de l’environnement Patrick Berg avait déclaré devant la mission d’information de l’Assemblée nationale sur cette catastrophe que NL avait « commis plusieurs infractions pénales ». L’entreprise avait répondu le lendemain en regrettant « que l’administration confonde les sujets et sorte de ses prérogatives pour désigner Normandie Logistique comme bouc émissaire en semant la confusion dans un dossier déjà complexe ».


2° Voir aussi, cet appel au dialogue et à l'union politique de la droite rouennaise dès le premier tour des municipales de 2020 pour l'intérêt général de Rouen lancé par Mme Catherine Morin-Desailly, sénatrice UDI de la Seine-Maritime.

Cet appel à l'unité politique est frappé au coin du bon sens...

Problème: Mme Morin-Desailly a-t-elle réellement la légitimité pour lancer un tel appel?

(source: Paris-Normandie)

Municipales 2020 à Rouen : Catherine Morin-Desailly encourage au dialogue et au rassemblement

La sénatrice de Seine-Maritime et conseillère régionale centriste appelle les candidats de la droite, du centre et de la République en Marche, en route pour la mairie de Rouen en 2020, à se parler et à se rassembler. Catherine Morin-Desailly prône une union dès le premier tour des municipales.

   
Publié le 29/10/2019 à 16:20
La centriste Catherine Morin-Desailly, sénatrice et conseillère régionale, appelle de ses vœux à ce que la droite, le centre et la République en Marche s’unissent dès le premier tour de l’élection municipale à Rouen. (Photo archives Paris-Normandie)

Elle est bien placée pour savoir qu’une élection peut se perdre sur une désunion... Catherine Morin-Desailly, qui était numéro 2 sur la liste UDI conduite à Rouen par Patrick Chabert aux élections municipales de 2014, connaît les ressorts d’une victoire ou plutôt d’une défaite... « Il est essentiel de savoir se rassembler », communique, le mardi 29 octobre, la sénatrice et conseillère régionale. « Nombreux sont les Rouennais, élus et acteurs de la société civile, qui souhaitent porter une nouvelle ambition pour Rouen et la Métropole. » Une nouvelle ambition qui permettrait de rompre, selon elle, avec une « gouvernance sectaire contestée » au sein de la Métropole Rouen Normandie et « des résultats dans le classement des grandes agglomérations en France parmi les moins bons ».

« S’unir pour gagner Rouen »

Catherine Morin-Desailly entend donc mettre en garde les candidats en lice pour 2020. Dans son communiqué, sans les nommer, elle s’adresse bien sûr à Jean-Louis Louvel (PDG de PGS Group et propriétaire de Paris-Normandie), candidat issu de la société civile soutenu par LREM, Marine Caron (vice-présidente du Département de Seine-Maritime) qui avait aussi sollicité le soutien du mouvement présidententiel et annoncé sa candidature au côté du conseiller municipal d’opposition Robert Picard, et Jean-François Bures (vice-président de la Seine-Maritime et élu des Républicains au conseil municipal de Rouen). « Malheureusement, la démultiplication des candidatures de la droite, du centre et de la République en Marche est aujourd’hui porteuse de confusion et ne peut que heurter les Rouennais au lendemain des événements que nous avons vécus [l’élue fait référence à l’incendie du site Lubrizol vécu comme un traumatisme par les Rouennais, NDLR] », écrit-elle. Catherine Morin-Desailly entend aussi les appeler à la raison : « J’encourage tous les acteurs à se parler et à se rassembler pour constituer une équipe dans le respect des équilibres politiques avérés, capable de construire cette ambition simple ».

Soutenir l’expérience et le renouvellement

Alors qu’en 2014, sa liste UDI et la liste LR de Jean-François Bures étaient parties séparément au premier tour de l’élection municipale à Rouen, Catherine Morin-Desailly implore presque une union immédiate avant le premier tour du scrutin, le 15 mars 2020. « Il faut véritablement s’unir pour faire gagner Rouen, et ce dès le premier tour où se crée la dynamique qui donne confiance », conseille-t-elle fortement. « Toute autre stratégie défendue par certains, est, par expérience vouée à l’échec », justifie la sénatrice, comme si les souvenirs remontaient à la surface. « J’appelle ainsi toutes les forces vives, tous les élus fidèles aux valeurs de la République, à se rassembler et à conjuguer leurs efforts derrière la personne qui saura associer expérience et renouvellement. » Catherine Morin-Desailly, qui ne nomme néanmoins personne, insiste sur la démarche et la stratégie à adopter. « Il est urgent de repartir de l’avant, et enfin donner à ce territoire qui nous est cher une dynamique et un rayonnement à la hauteur de l’attente des Rouennais. » C’est un avenir assez proche qui devrait nous dire si la droite, le centre et LREM consentiront à unir leurs efforts à Rouen.

Delphine Letainturier

Journaliste, responsable agence de Rouen

Commentaire de Florestan:
Souvenirs, souvenirs en effet...

3° On lira enfin avec intérêt le point de vue de Bertrand Tierce, le rédacteur de la Chronique de Normandie (n°600 datée du 28 octobre 2019):

Pour éviter que la question rouennaise, avivée par l'incendie chimique de Lubrizol ne devienne une consternante foire d'empoigne au détriment de l'intérêt général de la Normandie et de sa métropole, Bertrand Tierce suggère que soit organisé un grand débat public local pour passer en revue toutes les inquiétudes, tous les problèmes et identifier clairement les enjeux, les urgences avec les citoyens rouennais, les associations et les entreprises, les autorités administratives, politiques et... spirituelles.

La question est de savoir si une "union sacrée" pour Rouen et l'avenir des Rouennais et des Normands est possible ou non.

On reprendra donc à notre compte cette belle idée proposée si après par Bertrand Tierce même si on pourra se passer, symboliquement et moralement, de la présence à Rouen de Monsieur M.  (M pour mépris): la date de péremption (plus d'un mois) étant dépassée pour celui qui se croit président de la République...

“ On n’est pas au bout de nos  surprises ” .
Depuis un mois, Lubrizol est l’un des grands sujets de conversation des Normands. À la maison comme au bureau, chacun y va de son témoignage et de son explication. On fait référence à la presse, aux réseaux sociaux, au récit “de celui qui connait quelqu’un qui sait tout”et, naturellement, tout le monde est convaincu d’avoir raison, avant d’ajouter en guise de conclusion: “attention, on n’est pas au bout de nos surprises !” - On l’a compris, les avis sont tranchés avec, en filigrane, beaucoup d’inquiétude et de méfiance.
Commentaire: de fait, on ne  connait toujours pas l’origine de l’accident et les spéculations vont bon train pour raconter l’histoire. Un mois après, le nuage noir de Lubrizol obscurcit toujours les esprits, c’est un malaise qui reste à dissiper.
  •  La cacophonie des solistes.

Regardons ce qui se passe du côté des élus et des responsables politiques. À première vue, ils ont changé de posture. - Après avoir reproché à l’état son manque d’information et ses incohérences, ils sont aujourd’hui apparemment d’accord  pour passer à l’étape suivante, celle de la gestion de l’après-crise.“Maintenant, il faut réagir, disent-ils en substance, nous devons faire front pour préparer l’avenir”. C’est un discours responsable et rassurant. - Est-il suffisamment sincère pour résister aux polémiques électorales ? On peut en douter. À Rouen, par exemple, comme dans les communes voisines, les différents candidats jouent la “partition Lubrizol” à leur façon, sans s’occuper des autres, celui-là avec sa petite trompette, tel autre avec son tambour, tandis que le troisième a sorti son violon. En réalité, derrière l’unanimité affichée, c’est un concert de solistes qui s’est mis  en place, des solistes qui pensent aux élections et cherchent à se faire remarquer : le risque de surenchère est ici évident. La cacophonie qui en résulte n’est pas rassurante pour les habitants ; les fausses notes sont déjà de mise.

Mon commentaire: des élus, comme Yvon Robert ou Hervé Morin, continuent d’en appeler à l’unité et à la responsabilité. On les écoute poliment, mais force est de constater que, sur le terrain, les candidats  sortent leur petite trompette, leur gros tambour ou leur beau violon. L’heure n’est pas à l’harmonie, mais à la dissonance.

• D’un côté les Commissions, de l’autre les avocats.

Présidées par le député Christophe Bouillon et le sénateur Hervé Maurey, les deux commissions parlementaires sont-elles la solution pour lever les inquiétudes et rétablir la confiance  ? - Assurément, leurs travaux seront utiles pour un premier retour d’expérience sur la gestion immédiate de la crise et sur l’amélioration des procédures.

 Par exemple, elles pointeront l’inefficacité des sirènes d’alerte, les imperfections du système d’information des élus et l’improvisation qui a prévalu sur le terrain (dans les écoles notamment), faute de consignes précises. Répétons-le, ce travail est utile. - Cependant, les deux commissions ne pourront pas répondre à toutes les questions : quelles sont les causes de l’accident, la gravité des pollutions, les risques sanitaires à moyen et long termes, les conditions d’indemnisation ?  Tout cela prendra du temps.

- Et sans attendre, ceux qui ne croient pas à la parole publique continuent de s’agiter sur les réseaux sociaux en dénonçant la partialité des parlementaires. Avec, en toile de fond, la théorie du complot. Ajoutons qu’un autre phénomène doit être pris en compte : l’entrée en scène des avocats. Deux jours seulement après l’accident, on a assisté à leur débarquement : “les Rouennais ont des droits, ils méritent d’être informés”. Vive l’information ! Aujourd’hui, ils sont plus nombreux qu’au début et leur discours a évolué :“il est temps de porter plainte, il suffit d’avoir été exposé”. Vive l’action judiciaire! - Certains avocats poussent à la roue avec un tel empressement qu’on peut se demander si Lubrizol n’est pas d’abord pour eux une source d’honoraires. D’ailleurs, on peut se poser la même question à propos de soi-disant experts qui, à défaut de présenter de belles références, présentent de belles offres de service. C’est un autre effet Lubrizol.

Mon commentaire: on l’a compris, toutes les conditions sont réunies pour que la marmite bouillonne encore longtemps, de façon imprévisible, sous le double signe de l’inquiétude et de la méfiance.

Ce n’est pas bon pour la ville, la Métropole et la Région : il faut rmettre les choses à plat.

Comment redémarrer sur de bonnes bases ?

La Chronique suggère au préfet Pierre-André Durand, au président Hervé Morin et à Yvon Robert, pour la Ville et la Métropole, d’organiser sans tarder, avant la fin de l’année, afin de limiter les dérives électorales , le “Grand débat de Lubrizol”. - Sur le modèle du Grand débat national, il s’agit d’offrir aux citoyens un espace de parole où chacun pourra raconter son vécu, son ressenti, ses inquiétudes, ses incompréhensions et ses attentes, devant des responsables publics en position d’écoute. Oui, les habitants ont besoin de parler et d’être écoutés si on veut “purger les non-dits” et repartir sur de bonnes bases avec, pourquoi pas, des propositions utiles.

- Concrètement, la Chronique suggère à Yvon Robert de demander à tous les maires la Métropole d’organiser une rencontre Lubrizol, chez eux, avec leurs habitants. On verra qui répondra présent.

La Chronique suggère aussi à Hervé Morin d’élargir le cercle, en faisant la même chose en direction des intercommunalités qui ont vu “passer le nuage” et de celles qui vont être indirectement touchées par la crise, c’est le cas des “Territoires d’industrie”. 

La Chronique suggère enfin à Pierre-André Durand et à Hervé Morin de s’appuyer sur le CESER afin d’organiser le débat avec les corps intermédiaires, de façon thématique : “Lubrizol et l’industrie”, “Lubrizol et l’agriculture”, “Lubrizol et le tourisme”, “Lubrizol et l’urbanisme”, etc. - On s’en doute, l’organisation d’une conférence de synthèse est souhaitable en début d’année ; Emmanuel Macron pourrait y participer, c’est une bonne idée ; naturellement, ses conclusions seront transmises à tous les pouvoirs publics concernés. Oui, il faut remettre les choses à plat pour repartir sur de bonnes bases.

Mon commentaire: bien sûr, on peut penser qu’un tel débat représentera un risque politique, le risque d’offrir une tribune aux oiseaux de mauvais augure, pire, à ceux qui disent n’importe quoi. C’est un risque limité. De toute façon, ces oiseaux-là n’ont pas besoin d’un débat pour piailler sur la toile et nourrir l’inquiétude de la population de façon continue. Il serait dangereux de leur laisser le champ libre. La Chronique pense qu’il faut prendre l’initiative et mettre les élus et les représentants de l’État en face des citoyens pour tirer les enseignements de cette épreuve difficile. La remise en route de Rouen vaut bien qu’on fasse le pari de l’intelligence collective.

20135319


 

Commentaire de Florestan:

Politiquement, Rouen notre métropole normande est toujours dans le... nuage. Il serait temps que l'on fasse à nouveau de la politique à Rouen, en Normandie!