Mieux vaut tard que jamais!

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Monsieur M. a enfin trouvé un trou dans son agenda pour aller arpenter, la nuit tombée et après la fermeture des commerces, les rues du centre-ville de Rouen. Visite impromptue, surprise pour dire à quelques passants pris au dépourvu qu'il se préoccupe bien de nous!

Entendre quelques instants sur France Info la logorrhée présidentielle froide et rationnelle ayant raison sur tout, tout en s'écoutant parler devant une meute de journalistes apprivoisés sur le perron de l'hôtel de ville était suffisant.

Monsieur M. vient à Rouen un mois après en espérant que l'affaire sera moins chaude... Grave erreur, car le proverbe nous dit que la vengeance est un plat qui se mange froid.

C'est donc un fantôme qui arpentait les rues de Rouen, la veille d'Halloween distribuant les bonbons d'une indemnisation promise.


 https://www.lefigaro.fr/politique/lubrizol-a-rouen-macron-cherche-a-rassurer-la-population-20191030

Lubrizol: à Rouen, Macron cherche à rassurer la population

VIDÉO - Le chef de l’État, en partie hué, s’est rendu dans la ville un mois après l’incendie de l’usine à l’origine d’une pollution inquiétante.

Arthur Berdah

Envoyé spécial à Rouen

Il se savait très attendu. Plus d’un mois après l’incendie qui a ravagé l’usine Lubrizol - classée Seveso -, le 25 septembre dernier à Rouen, Emmanuel Macron s’est rendu sur place mercredi après-midi. Le chef de l’État, dont l’agenda public n’indiquait pourtant aucun rendez-vous en cette veille de week-end prolongé de la Toussaint, a décidé d’organiser cette visite au tout dernier moment. Avec un objectif clair: tenter de rassurer la population, très inquiète par les conséquences encore inconnues du sinistre.

Car plus d’un mois après l’événement, les enquêteurs ignorent toujours quelle en est la cause, et d’où les flammes sont parties. Tout juste sait-on que quelque 9 500 tonnes de produits chimiques seraient parties en fumée. Une situation extrêmement floue, donc, qui a poussé 545 personnes à déposer plainte, selon le recensement établi par le parquet.

Accompagné de son ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, Emmanuel Macron est arrivé sur place en fin de journée, mercredi. Accueilli sur le parvis de l’Hôtel de Ville par le maire, Yvon Robert, il l’a suivi dans son bureau pour une petite heure d’entretien en tête-à-tête. «Le rôle symbolique du président est important. On ne va pas révolutionner la Terre en une heure… Mais il fallait qu’il vienne écouter ce que j’ai à lui dire, prévenait l’édile socialiste, quelques minutes avant l’arrivée du chef de l’État. Il a pleine conscience du fait que ce qu’il s’est passé ici n’est ni banal ni anodin.»

Macron promet les premières indemnisations

À l’issue de son entrevue avec le maire, Emmanuel Macron s’est exprimé lors d’un point de presse: «Les services de l’État ont agi avec compétence, avec beaucoup de sang-froid, beaucoup de professionnalisme, a-t-il affirmé. De là où je suis, je n’ai pas vu de défaillance, au contraire», a-t-il ajouté.

«Je comprends une chose, c’est l’émotion de la population. Quand on vit ce qui a été vécu à Rouen, quand on respire pendant des jours des odeurs désagréables dont on ne connaît pas la dangerosité, même si on vous dit le contraire, c’est très déstabilisant. Et donc ça nourrit de l’inquiétude, mais il ne faut pas que ça devienne de la défiance parce que de fausses informations circulent et qu’on dit tout et son contraire», a lancé Macron. Le chef de l’État s’est aussi voulu rassurant: «Dans les prochains jours, d’ici au 18 novembre, nous aurons les premières indemnisations qui seront versées et qui permettront aux agriculteurs aux commerçants.»

Le président chahuté

Le président de la République, qui a délibérément choisi de ne pas se rendre sur le site du sinistre, a ensuite préféré aller à la rencontre des commerçants et des habitants, pour échanger avec eux. Il faut dire que ces derniers l’attendaient de pied ferme. À la sortie de l’hôtel de ville, il a été accueilli par plusieurs dizaines de manifestants qui scandaient des «Macron, démission!». Il a alors préféré contourner la mairie pour une déambulation qu’il affectionne dans la ville.

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/lubrizol-emmanuel-macron-hue-a-rouen-/6099178078001

Passant dans une rue piétonne devant des terrasses de cafés remplies de jeunes Rouennais, il a été interpellé par l’un d’entre eux qui lui a proposé de boire une bière. «Je vais en prendre une», lui a assuré le chef de l’État, ravi de serrer des mains. S’attardant sur les lieux, une femme l’a invectivé, lui reprochant de «diviser la France».

«Redonner leur fierté à tous les Rouennais»

Le président prend le temps de répondre aux interrogations des habitants. Une femme lui avoue qu’elle a eu très peur: «Rester à Rouen, pour moi, aujourd’hui, n’est pas la solution. Et pour mes enfants, je préfère les éloigner.» Une autre lui dit que bien qu’elle ait voté pour lui en 2017, elle ne compte pas le refaire en 2022.

Le chef de l’État a également annoncé qu’il organisera «un événement international à Rouen pour montrer combien la ville est belle et redonner leur fierté à tous les Rouennais».

Au moment du drame, qui est intervenu le jour de la mort de Jacques Chirac, l’exécutif a plutôt brillé par son incapacité à s’accorder sur une seule version et à parler d’une même voix. Cette cacophonie avait d’ailleurs rendu quasi caduques les déplacements du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, le jour même, puis celles de ses collègues Agnès Buzyn (Santé) et Élisabeth Borne (Écologie), vingt-quatre heures après. Même effet lors des deux déplacements d’Édouard Philippe, trois jours après l’incendie, puis vendredi dernier, qui n’ont pas été tellement plus efficaces en matière de persuasion.


Le préfet plaide pour un système d’information plus efficace

Le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, a appelé de ses vœux, mercredi, la mise en place d’un système d’information des populations plus efficace, par message téléphonique plutôt que par sirène, comme c’est le cas actuellement en cas de crise.

Lors d’une audition devant la mission d’information de l’Assemblée nationale, il est revenu sur la communication aux populations lors de l’incendie de l’usine Lubrizol du 26 septembre, «éminemment perfectible», selon lui. «Nous ne pouvons pas gérer des crises du XXIe siècle avec un outil du XXe siècle», a-t-il déclaré. «Il y a eu des évolutions technologiques sur le sujet (…), il nous faudra passer à des systèmes de “cell broadcast”», de diffusion cellulaire, qui permettent «par le bornage des téléphones portables d’envoyer d’office des messages à tous les téléphones qui dépendent d’une zone (…) en étant certain que toutes les personnes seront touchées avec un message adapté», a-t-il affirmé devant les députés.

Revenant sur sa décision de ne pas sonner les 31 sirènes du plan particulier d’intervention (PPI) de Rouen le 26 septembre, Pierre-André Durand a jugé avoir pris la «moins mauvaise décision», expliquant avoir choisi d’attendre 7 h 51 pour sonner les deux sirènes les plus proches du site et de communiquer dans l’intervalle sur Twitter et les radios.


 Commentaire de Florestan pas content:

On nous rapporte que le chef de l’État a également annoncé qu’il organisera «un événement international à Rouen pour montrer combien la ville est belle et redonner leur fierté à tous les Rouennais».

On a envie de rire à écouter cette grosse blague!

Mais surtout, on a envie de dire:

"De quoi je me mêle?"

"Retourne donc dans le poste télévisé! Rentre chez-toi à l'Elysée!"

On notera enfin que cette visite présidentielle à Rouen aussi fortuite qu'un incendie dans une usine Sévéso avait pour but de prendre de court tous celles et ceux qui n'avaient pas à être mis au courant:

Visiblement, le président de la région Normandie, Hervé Morin, n'était pas présent à Rouen n'ayant peut-être pas eu le temps ni les moyens de préparer l'accueil, au débotté, d'un caprice élyséen:

Le comble du mépris!

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 Le déroulement complet de cette visite improbable est à consulter sur le site 76 actu:

Compte-à-rebours du mépris...

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/en-direct-incendie-lubrizol-suivez-venue-demmanuel-macron-rouen_29044050.html

La réaction d'Hervé Morin, président de la Normandie:

(Twitter, 30 octobre 2019, 19h56)

Je me réjouis qu'Emmanuel Macron reprenne ma demande, lors de la réunion de la semaine dernière, à Edouard Philippe d’organiser de grands événements internationaux à Rouen en 2020 pour redorer l’image et l’attractivité de la ville et plus largement de la métropole. Je regrette en revanche que la tradition républicaine ne soit plus respectée et de ne pas avoir été ni prévenu ni invité à cette visite.