Billet de Florestan

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Avec la SNCF en Normandie, il ne se passe pas une semaine, voire une journée sans qu'il n'y ait un incident ou un mouvement d'humeur tant de la part des usagers que des cheminots...

Trains en retard, trains annulés, trains en panne, trains partant en avance sur l'horaire ou s'arrêtant avant le terminus, feuilles mortes qui fait patiner les trains, vaches sur les voies, passage-à-niveaux dangereux, désespérés sur les ponts ou sur les quais, arrêts et guichets supprimés en gare, débraillage et grèves en série du personnel, grogne quasi permanente des associations d'usagers, j'en oublie...

Ce dossier ferroviaire normand est LE cancer qui ronge notre région: il symbolise à lui seul le passif de la division normande, d'un manque d'ambition, de vision mais aussi d'une absence politique de défense ferme d'un intérêt général régional qui a généré, des dizaines d'années durant, le désengagement de la compagnie cheminote nationale d'une Normandie trop proche de Paris pour y faire rouler des TGV.

Conséquence?

Un vieillissement des infrastructures (rails, caténaires, signalisation, aiguillages, tunnels, quais de gare, sécurisation des PN) en raison d'un sous-investissement chronique pour le seul bénéfice du maintien à peu près en état correct des deux grandes radiales Paris-Normandie (Cherbourg-Caen-Paris / Le Havre- Rouen- Paris) qui traversent notre région plus qu'elles ne la desservent.

Prenant ce dossier têtu par les cornes, dès son arrivée à la tête de la Normandie réunifiée, Hervé Morin a négocié avec Manuel Valls pour plus d'un milliard d'euros la transformation de la SNCF en société normande des chemins de fer avec la modernisation totale du matériel roulant des grandes lignes, le transfert en Normandie des technicentres de maintenance (Sotteville-lès-Rouen, Caen et Granville), la maîtrise des sillons, des correspondances, des grilles horaires et tarifaires, avec mise en application progressive durant l'année 2020.

Objectif?

Sortir au plus vite du cauchemar ferroviaire normand sans avoir à attendre la LNPN des calendes grecques (2030?)

C'était la seule chose à faire: Hervé Morin a fait courageusement le bon choix. Mais, car il y a un mais...

  • Il ne sert à rien de faire rouler des trains flambants neufs si les rails, les ballasts, les quais, les tunnels, les systèmes de sécurité n'ont pas été, eux aussi, mis à niveau. C'est la raison pour laquelle, les lignes normandes sont devenues le premier chantier mené actuellement par SNCF Réseaux: il ne faudrait pas qu'il y ait trop de retards ou de complications dans l'agenda de ces travaux qui auraient dû être réalisés depuis longtemps...
  • Autre souci: l'engorgement des voies ferrées en aval de la gare Saint-Lazare par le trafic francilien aux heures de pointe. Là encore, les trains normands quoique tous neufs seront contraints de faire du 30km/h ou de stopper en pleine voie comme les vieux Corail quarantenaires à bout de souffle d'aujourd'hui. Là encore, sans attendre que la future LGV de la LNPN nous débouche le Mantois, il faudra au moins attendre jusqu'en 2024 (jeux olympiques de Paris) l'arrivée d'EOLE en gare de Mantes-la-Jolie et au-delà pour le transfert des Transiliens des quais du terminus de la gare de Saint-Lazare vers la gare souterraine de la Défense pour qu'une part importante du trafic francilien soit détourné d'une gare de Saint-Lazare pouvant devenir pleinement la gare de Normandie à Paris.

En attendant, on est contraint de relever l'actualité pénible suivante:

https://actu.fr/normandie/havre_76351/verbalisations-excessives-dans-trains-lufc-choisir-havre-lance-appel-temoins_29234468.html

https://actu.fr/normandie/moult_14456/polemique-arrets-train-supprimes-entre-caen-lisieux-agacent_29269558.html

https://www.ouest-france.fr/normandie/coutances-50200/50-manifestants-en-gare-de-coutances-et-bord-du-caen-rennes-6601749

https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/normandie-une-panne-electrique-perturbe-le-trafic-des-trains-entre-caen-cherbourg-et-granville-6598671

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/suppression-dun-guichet-gare-cherbourg-maire-va-ecrire-nouveau-patron-sncf_29199520.html

https://actu.fr/faits-divers/sncf-defaut-dalimentation-perturbe-circulation-sur-lignes-entre-caen-manche_29217554.html

https://actu.fr/normandie/treport_76711/ligne-abbeville-treport-usagers-train-ne-peuvent-pas-attendre-6-ans_29163533.html


 

Et pendant ce temps-là, d'autres y croient toujours...

Dans le cadre de la réflexion engagée quant à l’évolution de l’association de promotion de la LNPN, portant notamment sur son objet et sa composition, je vous invite à participer à l’assemblée générale extraordinaire, le mardi 19 Novembre à 10h00, au siège du CESER, 5 rue Robert Schuman à Rouen (bâtiment Monnet, 1er étage).


Cette assemblée générale a pour principal objet l’adoption du projet de nouveaux statuts de l’association rédigé suite aux discussions de notre dernière assemblée générale, le 8 octobre dernier (voir ci-après).

Association de Promotion de la LNPN

Compte-rendu de l'Assemblée Générale du 8 octobre 2019

 

  1. 1.       Avenir de l’association

Le Président rappelle que depuis la création de l’association, le projet de LNPN a évolué. Les mentalités aussi.

-          on ne parle plus d’une ligne TGV, ni d’un arrêt à la Défense, ni à Conflans ;

-          dans le débat public, l’accent est beaucoup moins mis sur les temps de parcours, et davantage  sur le confort et la régularité, les déplacements du quotidien (suite de la crise des gilets jaunes et les orientations de la LOM) ;

-          de nombreuses difficultés de financement apparaissent. La question n’a d’ailleurs jamais été étudiée de façon approfondie.

-          les relations entre la Normandie et l’Ile-de-France peuvent être difficiles sur les dossiers ferroviaires, et la LNPN n’est pas défendue de façon commune.

Toutefois, le dossier LNPN poursuit son chemin : le processus parlementaire concernant la LOM touche à sa fin, mais il est nécessaire de maintenir un « pack normand » cohérent, car beaucoup de défis restent à relever :

  • maintenir la pression pour que des travaux prioritaires soient réalisés dans les temps : Paris-Mantes et accès à la gare de Saint-Lazare (saut de mouton) ; ces travaux sont bénéfiques aux Normands (ex haut et ex bas normands confondus) (sic!)  comme aux Franciliens, ils devraient susciter l’union sacrée, au moins des Normands ;
  • clarifier les points qui, malgré la LOM, ont encore besoin de l’être (exemple : gare de Rouen) ; (commentaire de Florestan: qui dit gare de Rouen rive gauche, dit franchissement sous-fluvial ferroviaire... Oui, mais où? Et combien y mettre?)
  • penser à la gouvernance : l’ouverture à la concurrence approche, la Région va prendre la compétence sur les trains d’équilibre… Quelle place la LNPN va-t-elle trouver dans ce nouvel ensemble ?
  • réfléchir au matériel roulant (performance des nouvelles rames OMNEO vis-à-vis des spécificités de la LNPN, adaptation aux besoins des voyageurs…)
  • anticiper le financement (coûts exacts, clé de répartition, montage…) (commentaire de Florestan: l'option la moins onéreuse pour franchir la Seine c'est dans l'estuaire...)
  • discuter des nouvelles technologies apparues (projets Hyperloop, SpaceTrain…),
  • réfléchir à la communication autour du projet, qui est toujours associé à une ligne TGV, et qui ne bénéficie que de très peu de soutien dans l’opinion.

Face à ces défis, l’existence de l’association conserve toute sa pertinence, mais il pourrait être intéressant de l’orienter, plus globalement, sur l’avenir ferroviaire de la Normandie, dans ses relations avec l’extérieur, et prioritairement avec la région parisienne, mais aussi la Bretagne (notamment Caen-Rennes), le Centre (notamment la route du blé), le Nord (notamment Amiens et Lille), l’Est (notamment l’Allemagne pour le fret)

Si ces points sont retenus, un nouveau nom pour l’association devra être trouvé.

(Commentaire de Florestan: une association de promotion de la Normandie ferroviaire semble en effet plus pertinente qu'une association limitée à la seule LNPN, a fortiori au moment où la SNCF s'apprête à devenir la... SNCF, "N" pour: normande)

 

  1. 2.       Loi d’orientation des mobilités – Point d’information

Le projet  de loi a été adopté par l’assemblée nationale le 17 octobre. Les principaux enjeux s’inscrivent dans la transition énergétique et les mobilités du quotidien.

Les amendements du Sénat ont concernés la possibilité pour les départements de relever la vitesse limitée actuellement à 80 km/h sur les routes départementales, la relance des trains de nuit, le développement d’une offre de mobilité en milieu rural…. Au niveau de l’assemblée nationale, un amendement a été déposé autorisant les autorités organisatrices de la mobilité à subventionner le covoiturage.

Concernant les enjeux financiers, l’Etat s’engage à investir près de 28 Mds € durant le période 2018-2027. Cet engagement semble conforme avec le scénario retenu dans la LOM, qui prévoit d’investir 60 Mds € sur 20 ans. Les recettes devant alimenter l’AFITF (agence de financement des infrastructures de transport de France) seront notamment constituées du versement d’une part de TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) estimée à 1,1 Mds par an et une éco-contribution des transports aériens.

Le projet LNPN est intégré dans le scénario 2 du COI (conseil d’orientation des infrastructures) retenu par le gouvernement, lequel prévoit une réalisation de la section Paris –Mantes à l’horizon 2030.

 

  1. 3.       Rencontre avec les parlementaires

Le  25 juin, Jean Luc Léger, président de l’association, a rencontré une quinzaine de parlementaires normands, en présence du préfet Philizot. Cette réunion avait pour objet de faire le point sur le dossier LNPN et de sensibiliser les élus normands aux enjeux de ce projet. Il est apparu que nombre d’élus manquait d’information sur ce projet et qu’un travail d’information et de mobilisation était nécessaire, objectif que pouvait et devait porter l’association de promotion de la LNPN.

 

  1. 4.       Echéancier 2020-2030

2020 : Nouveau service ferroviaire avec augmentation de 20% de l’offre.

2020/2021 : Arrivée des nouveaux matériels OMNEO sur les lignes Paris- Rouen- Le Havre et Paris- Caen- Cherbourg

2021 : Mise en service de l’itinéraire fret : Serqueux-Gisors

2023 : DUP Paris-Mantes

2024 : Mise en service d’EOLE à l’ouest

2024-2027 : Saut de mouton Paris St Lazare, permettant de décroiser les flux normands des flux franciliens, préalable indispensable à l’amélioration de la régularité et au maintien de l’arrivée des trains normands en gare St Lazare.

2028-2030 et au-delà : ligne nouvelle section Paris-Mantes et nouvelle gare de Rouen

(Commentaire de Florestan: et combien de milliards pour un tunnel profond de près de... 11km pour passer de la rive gauche à la rive droite?)

Si ce programme est acté pour les premières opérations, il doit être validé pour les deux derniers programmes, ce qui nécessite une forte mobilisation des « forces vives » normandes : élus, monde économique, associations…

  1. 5.       Décisions

Les membres présents proposent la tenue d’une nouvelle assemblée générale le 19 novembre à 10h00 à Rouen, afin de valider une modification des statuts de l’association, intégrant les grands principes suivants :

-          l’association s’assurera de la mise en œuvre des dispositions inscrites dans la LOM concernant le projet LNPN (travaux en avant-gare de Saint-Lazare, section Paris-Mantes, réflexions sur la gare de Rouen) ;

-          assurer la cohérence régionale et interrégionale des différentes lignes ferroviaires (actuelles ou en projet), que ce soit pour les accès à la région parisienne ou son contournement, ainsi que pour les dessertes vers l’Ouest et le Sud-Ouest ou le Nord ;

-          défendre le développement concerté des liaisons fret et voyageurs ;

-          agir sur les sujets liés à la gouvernance, aux matériels roulant et au financement, en considérant qu’ils ne peuvent pas être déconnectés de la réflexion actuelle sur les infrastructures.