Billet de Florestan:

Il y a un an de cela, dans le froid et la nuit au bord du rond-point de Lazzaro à Colombelles, je prenais langue avec un jeune inconnu en gilet jaune, apprenti plombier-chauffagiste qui, avec son bac-pro en poche peinait à boucler ses fins de mois. Nous eûmes, ensemble, une conversation à bâtons rompus sur l'état politique de notre pays, la virulence de la question sociale et l'avenir du travail et de l'industrie dans notre région. Ravi d'avoir ainsi discuté, il me demanda ma profession et il fut très surpris d'avoir eu l'occasion de discuter aussi librement avec un... prof tout en regrettant de ne pas en avoir vu beaucoup aux côtés du mouvement des gilets-jaunes. J'ai tenté de lui expliquer pourquoi. Il eut alors cette réponse lumineuse, définitive:

"Plus on fait des études et moins on a sa liberté de penser!"

Aujourd'hui je suis bien triste d'avoir déplorer ce que doit subir en ce moment les étudiants de la prestigieuse université de Caen fondée en 1432 par Henri VI d'Angleterre et reconstruite en 1957 après sa destruction totale en 1944: je ne reconnais plus l'université où j'ai fait mes études. Le campus à l'américaine conçu par Henry Bernard est en train d'en venir réellement un, à savoir un cimetière intellectuel où se déchaîne un politiquement correct militant ultra-gauchiste de plus en plus intimidant et violent.

La liberté de penser et d'opiner en public se réduit en ce moment partout dans le Monde: en Iran ce sont des fondamentalistes cléricaux islamistes au pouvoir qui massacrent en ce moment tout un peuple. A Hong Kong c'est, au contraire, la police d'un parti communiste athée et totalitaire qui nasse des étudiants dans une université. En Algérie, au Liban ou au Chili, c'est toute la population qui est dans la rue pour dégager une caste de caciques corrompus. Dans ces pays là, pays de malheur, le vrai courage politique et social est au rendez-vous.

Mais dans nos confortables démocraties individualistes et consumméristes d'Occident, il en est, hélas, tout autrement car ce ne sont pas des états dictatoriaux et répressifs qui restreignent le plus la liberté d'opinion et de penser mais des minorités idéologiques militantes de plus en plus violentes qui détournent à leur profit les grands principes de l'Etat de droit ou qui déroutent jusqu'au naufrage des mouvements sociaux populaires tels que celui des "Gilets Jaunes" en France.

L'idéologie "diversitaire" qui a dévasté les campus de l'Amérique du Nord déferle actuellement sur la France en ébranlant le peu qui lui reste de son modèle républicain universaliste: au nom de la tolérance, de l'égalité et de la dignité, un politiquement correct inquisitorial rétablissant une censure médiévale avec ses listes noires, ses chasses aux sorcières, ses exclusions, ses pétitions, ses dénonciations, ses interdictions, ses intimidations, ses humiliations, ses violences symboliques et physiques, annule ici un spectacle, ici une représentation, là une conférence ou la sortie d'un livre en pratiquant sans vergogne un véritable terrorisme intellectuel qui va jusqu'à saccager un travail de recherche scientifique ou briser la carrière d'un professeur.

Sont-ce là les agissements de mollahs iraniens ou de "communistes" chinois? Non! Ce sont là les actions consternantes de jeunes crétins militants qui se croient au service d'une juste fin qu'ils détruisent par leurs tristes moyens et le plus pathétique dans ces déplorables actions de vandalisme et de blasphème contre ce qu'il y a de plus sacré dans une République et une Démocratie, à savoir notre liberté de penser ce que l'on veut, c'est d'avoir à faire le constat d'un ultra-gauchisme de la déconstruction sociétale, libertaire, individualiste, nihiliste devenu fou qui ravage une gauche politique qui a oublié depuis trop longtemps son coeur de métier, à savoir: la résolution de la question sociale entre les riches et les pauvres.

Rappelons enfin ce que tous ces jeunes cons méconnaissent faute de le savoir ou de le vouloir (car l'idéologie les dispense de la peine d'avoir à se creuser la cervelle pour penser et continuer à se cultiver):

Les valeurs du très riche patrimoine historique, politique, culturel et intellectuel de la Normandie que l'on pourrait résumer avec le tryptique de Liberté, Paix et Droit, s'opposent à ce que de tels agissements puissent se déployer, notamment au coeur même de l'Alma mater caennaise et normande car le droit normand était très protecteur des droits et devoirs dévolus à la personne humaine individuelle...

Une clameur de Haro contre Roman Polanski eut été possible (et non pas 45 ans après les faits qu'on lui reproche) tout comme une autre clameur de Haro eut été possible pour constater l'atteinte à l'intégrité d'une propriété publique ou privée ou au droit d'aller et venir librement si l'accès à une salle projetant le film de Roman Polanski était interdit par une voie de fait.

L'application du droit normand (public et privé) n'aurait pas permis un tel désordre...

Lire ci-après:

https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/caen-j-accuse-annule-le-cinema-lux-regrette-et-explique-6616103

Caen. J’accuse annulé : le cinéma Lux regrette et explique

Le cinéma d’art et essai Le Lux comptait exprimer pourquoi il programmait le film sur l’affaire Dreyfus à la fac de Caen, suivi d’un débat avec un historien, mardi 19 novembre 2019. Une action militante a empêché la projection.

polanski

La projection pour les étudiants du film J’accuse à l’amphi Daure a été annulée, mardi soir, après une action de plusieurs dizaines de personnes visant son réalisateur, Roman Polanski.

Aux militants et militantes qui pointaient, comme Charlotte, étudiante, « la complicité du public » allant voir ce film, le Lux a rappelé : « Les spectateurs sont déjà nombreux à le plébisciter et, si l’on consent à les considérer comme des adultes, on peut être certains que, face à la polémique qui gonfle et à la violence de certaines réactions, ils feront en conscience ce qu’ils croient devoir faire : aller ou ne pas aller voir J’accuse. »

Consciente que « certains milieux, et notamment celui du cinéma, par le pouvoir qu’ils confèrent, peuvent ouvrir la porte à des excès répréhensibles », l’équipe a néanmoins regretté ce boycott forcé de la projection, alors que le Lux « soutient avec force toutes les victimes de violences morales, physiques et sexuelles, comme en témoignent les nombreux débats qu’il organise ».

Son directeur Gautier Labrusse estime que, « si l’homme est, certes, indissociable du film qu’il a signé, il faut rappeler que c’est une œuvre collective qui n’est pas que celle de son réalisateur et engage aussi ses comédiens, scénaristes, techniciens qui ne sont coupables, eux, de n’avoir contribué qu’au ravissement de cette plongée saisissante dans les arcanes troubles et tortueux de l’Affaire Dreyfus ».


 

Lire aussi:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/calvados/caen/batiment-du-crous-caen-incendie-enquete-s-oriente-incendie-volontaire-1750891.html

Un bâtiment du Crous à Caen incendié : l'enquête s'oriente vers un incendie volontaire ?

C'est la stupeur ce lundi 18 novembre sur le campus 1 de Caen : le hall d'entrée du Centre Régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS)  a été détruit dans un incendie qui s'est déclaré en pleine nuit. L'enquête se dirigerait vers la piste d'un incendie volontaire.

Dans la nuit de ce dimanche à lundi 18 novembre 2019, un incendie s'est déclaré vers 1h 30 du matin, dans le hall d'entrée du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'Université de Caen, sur le Campus 1.

Dans ce bâtiment, aucun étudiant ne réside, il est dédié aux bureaux administratifs, service social, etc. C'est ici que sont déposés, par exemple, les dossiers de demande de bourse. 
 

L' incendie a rapidement été maîtrisé. C'est surtout le hall qui est dégradé, pas les étages. Pour des raisons de sécurité, le bâtiment sera fermé ce 18 novembre  (Virginie Catherine, directrice générale du Crous Normandie) 


Photo France 3 Normandie : une inscription valide la piste de l'incendie volontaire : 

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"La précarité tue !"

Cet étrange message laissé comme une signature, à l'entrée du bâtiment qui a pris feu, oriente les enquêteurs vers la piste de l'incendie volontaire. 
"La précarité tue", un message qui renvoie sur les événements du 8 novembre dernier à Lyon où un étudiant de 22 ans a voulu mettre fin à ses jours en s'immolant par le feu devant le bâtiment du Crous. 

On ne peut que condamner des actes pareils, surtout que les Crous sont là pour aider les étudiants et leur payer les bourses 

En attendant que le bâtiment soit rouvert au public, les étudiants qui en ont besoin seront réorientés vers un autre service basé sur le Campus 1, à l'accueil de la Cité du Campus. 

- "On ne peut que condamner des actes pareils", selon la directrice générale du Crous Normandie. "

Le 6 novembre dernier, une étudiante à Rouen mettait volontairmeent le feu à son matelas, dans un bâtiment du Crous Normandie, à Rouen
 


 

Commentaire de Florestan:

Entre ces inacceptables provocations violentes ultra-gauchistes et ce gouvernement toujours aussi autiste qui vient de nous faire savoir que les bourses d'études ne seraient pas revalorisées, les étudiants de Normandie et d'ailleurs sont bien mal barrés!