Billet de Florestan:

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Sur le réseau social Linked In nous avons vu passer la réflexion à lire ci-après de Bertrand Tierce qui édite depuis de nombreuses années la Chronique de Normandie paraissant chaque lundi et qui propose aux dirigeants normands une synthèse assez complète des principaux enjeux du territoire régional.

Il nous arrive, d'ailleurs, très régulièrement de reprendre en partie sur l'Etoile de Normandie le travail de veille normande réalisé par Bertrand Tierce puisqu'il s'agit d'une vigie tout comme nous: nous ne sommes, d'ailleurs, pas très nombreux à faire ce travail qui est essentiel et qui devrait intéresser tous les Normands authentiquement soucieux du présent et de l'avenir de leur Normandie.

Mais Bertrand Tierce est inquiet et nous sommes partageons cette inquiétude:

Qui s'intéresse vraiment à la Normandie dans ce petit monde coopté de la décision publique et du commentaire médiatique dominé par l'agenda politico-médiatique national, donc parisien?

Qui s'y intéresse au point de formuler une réflexion pour l'avenir de la Normandie à 10, 15 ou 20 ans?

Poser cette question, c'est hélas y répondre... Même si nous sommes heureux d'une fréquentation de l'Etoile de Normandie qui est allée croissante depuis la création de notre webzine en 2006 avec, désormais, une communauté fidèle d'environ 200 membres et des pics de fréquentation qui peuvent aller jusqu'à... 5000 personnes par jour pour l'un de nos billets en résonnance avec l'actualité la plus brûlante.

Nous formons donc une communauté de Normands lucides et vigilants pour les intérêts de la Normandie qui ne sera jamais extrêmement nombreuse. Notre rôle consiste, à l'instar de ce que fait de son côté Bertrand Tierce avec sa Chronique de Normandie, à faire aussi un travail d'information, de dialogue sinon d'influence vers celles et ceux qui sont directement en responsabilité de la Normandie et des territoires qui la composent.

Fort heureusement, nous pouvons compter sur l'engagement normand aussi résolu que déterminé d'Hervé Morin, le président de région qu'il nous fallait pour incarner politiquement la renaissance de l'unité politique de la Normandie: il habite parfaitement le rôle...

Mais il est seul au point que pourrait s'appliquer à lui et à la Normandie ce que Renaud aura pu chanter au sujet des bandes de jeunes: "je suis une bande de jeunes à moi tout seul".  "Je suis une bande de Normands à moi tout seul" (enfin presque) car, en dehors de la figure éminente d'Hervé Morin et des élus les plus actifs et engagés de sa majorité régionale, il faut bien faire le constat de l'absence d'une classe politique régionale ayant en commun sinon en partage une conscience claire, précise, volontariste sinon militante d'un intérêt général normand.

EN DEHORS d'Hervé Morin et de quelques individualités, il n'y a pas de LOBBY POLITIQUE NORMAND tant à Paris dans les assemblées parlementaires (députés et sénateurs), au gouvernement ou dans la haute-fonction publique d'Etat qu'en Normandie même où les grands élus du territoire (les cinq départements, la métropole de Rouen, les communautés urbaines de Caen et du Havre et les autres grandes intercommunalités) restent petits par leurs réflexes localistes: des G3, 5, 6 ou 9 (les 5 départements, les trois grandes agglos et la région) se réunissent parfois (et d'ailleurs, de moins en moins souvent) mais concrètement c'est le président de région qui fait le lien entre tout le monde puisque la Région Normandie est devenue, de fait, devant l'Etat central parisien, le premier partenaire public de finances et de projets pour tous les territoires normands.

C'est une réalité institutionnelle essentielle pour comprendre le présent et l'avenir immédiat de notre région... Mais on en parle si peu (sauf ici bien évidemment).

Bertrand Tierce est donc inquiet car de tout cela il n'est nullement question dans les diverses campagnes électorales locales des prochaines élections municipales dans les villes normandes qui peinent à démarrer tant du côté des listes et des candidatures que des programmes: sur ce dernier point, le brouillard, plutôt bas de plafond est d'une épaisseur vraiment inquiétante!

D'où cette question:

Si les élus locaux ne réfléchissent pas davantage à l'avenir de leur territoire et ne s'intéressent pas plus à la Normandie pourtant redevenue avec la réunification un élément actif et essentiel pour préparer le futur, comment nos concitoyens pourront-ils en prendre conscience au delà des communautés  d'ambassadrices et d'ambassadeurs de la Normandie déjà actifs pour travailler à l'éveil d'une authentique société civile régionale?

Bref!

Sauf exception, le manque de curiosité des élus locaux et nationaux normands pour les questions régionales normandes est patent et c'est vraiment inquiétant...

Bertrand Tierce, ( Linked In, 24 novembre 2019):

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L'important n’est plus le parti, mais l’enracinement local : c’est l’une des caractéristiques de la campagne des municipales. Partout, chacun y va à sa façon, libre de toute attache partisane avec, à la clé, des propos aseptisés. L'une des conséquences de ce positionnement est l’absence de programme.

À 4 mois de l’élection, dans toutes les grandes villes de Normandie, on ne connaît toujours pas les propositions des principaux candidats : “c’est trop tôt, expliquent les intéressés, l’heure est à la consultation et à la co-production”.

L’idée que le programme doit venir du terrain “aspire” naturellement les candidats vers les préoccupations quotidiennes et immédiates des habitants. Comprenez qu'on parle des trous dans le trottoir.

Ce qui est légitime à l’échelle d’une petite commune, là où le maire est le couteau-suisse qui “débrouille les situations”, ce qui est plus préoccupant à l’échelle d’une grande ville, au cœur d’un territoire à enjeux, là où le maire doit aussi être un aménageur-visionnaire à 10, 15 ou 20 ans.

Qui parlera des projets longs, coûteux et compliqués ? Axe Seine, LNPN, industries, COP 21, ils sont nombreux dans la région ; il serait dommage que les candidats du Havre, de Rouen et de Caen ne les traitent pas : tout ne se résume pas au quotidien.