De Charybde en Scylla...

Si vous n'êtes pas connaisseur des difficultés de navigation dans le détroit de Messine, on dira de "mal en pis!" pour Paris-Normandie le seul quotidien régional normand indépendant, sauvé d'abord une fois du naufrage financier par Jean-Louis Louvel, le chevalier blanc normand qui s'était élancé contre les griffes du groupe de presse belge "papivore" Rossel à la demande d'Hervé Morin, le président de la Normandie... Et maintenant, peut-être définitivement racheté par un certain Pierre-Antoine Capton qui a n'a eu, tant à la Ville qu'à la Cour, qu'un seul talent qui vaille: capter la campagne électorale d'un ancien banquier haut-fonctionnaire des finances devenu l'actuel président de la République...

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On se souvient que le roi de la palette normande a décidé de se lancer dans la folle aventure de la conquête de la ville de Rouen aux prochaines élections municipales avec l'obligation morale de se désengager financièrement du quotidien régional qui doit couvrir la campagne politique rouennaise. Après l'échec d'une négociation avec le groupe multimédias Leclerc-La Manche-Libre, seul groupe multimédias 100% indépendant, 100% normand qui aurait pu être prometteuse pour l'avenir médiatique de la Normandie qui aurait pu, ainsi, être dotée d'une entreprise permettant, enfin, la réunification médiatique de notre région et comme la solution de créer une société des journalistes de Paris-Normandie pour garantir l'indépendance de la rédaction n'a pas semblé suffisante, Jean-Louis Louvel a enfin pu se débarrasser de ce paquet de papier journal devenu encombrant...

Et que Paris-Normandie puisse arriver dans les mains de Pierre-Antoine Capton n'est pas sans poser quelques questions tout aussi embarrassantes, par exemple, celles-ci:

1) Qui a mis en relation M. Louvel avec ce proche d'Emmanuel Macron?

2) L'indépendance de Paris-Normandie sera-t-elle davantage garantie avec une telle solution?

3) Ne faut-il pas s'inquiéter de la "macronisation" de élites politiques et médiatiques qui opèrent dans la vallée de la Seine, du Havre à Vernon, en passant par Rouen ou Evreux?

On vient de réunifier notre Normandie!

Ce n'est pas pour la voir de nouveau coupée en deux!


 https://www.challenges.fr/media/pierre-antoine-capton-un-macron-compatible-rachete-paris-normandie_686556

Pierre-Antoine Capton, un Macron compatible rachète Paris-Normandie

EXCLUSIF - Après Nice Matin, c'est au tour du quotidien régional de Rouen, Paris Normandie de changer de main en faveur d'un proche d'Emmanuel Macron. Le producteur, Pierre-Antoine Capton, qui avait réalisé le documentaire sur la campagne du président de la République a été choisi par l'actuel propriétaire du journal, Jean-Louis Louvel, candidat LREM à la mairie de Rouen.  

A l’instar de son associé Xavier Niel (Iliad-Free) qui a annoncé cet été son intention d’acquérir Nice-Matin, Pierre-Antoine Capton veut investir lui aussi dans la presse quotidienne régionale. Le président-fondateur de la société de production audiovisuelle Troisième Œil Productions (C dans l’air sur France 5) et associé de Xavier Niel et Matthieu Pigasse dans le fonds Mediawan est en effet entré en négociations avec Jean-Louis Louvel pour acquérir le quotidien normand Paris-Normandie.


Voir aussi dans Les Echos:

La vente du journal « Paris-Normandie » en négociation

https://www.lesechos.fr/pme-regions/normandie/la-vente-du-journal-paris-normandie-en-negociation-1150681

Propriétaire de « Paris-Normandie » depuis 2017, Jean-Louis Louvel candidat à la mairie de Rouen, cherchait un investisseur « bienveillant » pour se désengager partiellement du journal. Pierre-Antoine Capton, producteur de télévision et fondateur du groupe Mediawan (avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse) négocie son entrée au capital du journal.

Par Claire Garnier

Publié le 25 nov. 2019 à 18h54

Mis à jour le 25 nov. 2019 à 19h10

Pierre-Antoine Capton, producteur de télévision et fondateur du groupe Mediawan (avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse), est entré en négociations avec Jean-Louis Louvel, actionnaire à 90 % de « Paris-Normandie » via sa filiale Fininco. Candidat à la mairie de Rouen, avec le soutien de la République en Marche, du Modem et des Républicains, Jean-Louis souhaite en effet se désengager partiellement du quotidien régional installé à Rouen.

« Il a visité les locaux de 'Paris-Normandie' vendredi 22 novembre et j'ai eu une entrevue avec lui, mais rien n'est fait » a indiqué Jean-Louis Louvel aux « Echos », en réaction aux informations  publiées lundi par Challenge . Le 14 novembre, au cours d'un Comité social et économique (CSE), il avait annoncé qu'il recherchait un « actionnaire bienveillant apportant un savoir à l'entreprise ». Après avoir tenté en vain un rapprochement avec « La Manche Libre », il était entré en contact avec Pierre-Antoine Capton, par l'intermédiaire d'Hervé Morin, président de la Région Normandie. Le producteur, qui a signé le documentaire couvrant la campagne d'Emmanuel Macron, est également derrière l'émission C'est à vous.

 Selon nos informations, le projet de Jean-Louis Louvel serait de faire entrer un nouvel investisseur au capital à hauteur de 40 %, d'en conserver 40 % et d'en confier 20 % à son nouveau directeur général Valéry Jimonet, ex-directeur général adjoint. Ce dernier vient de s'installer dans le fauteuil de Frédérick Cassegrain qui a quitté l'entreprise le 29 octobre dans le cadre d'un départ négocié à la demande de Jean-Louis Louvel.

Mise en place d'une société des journalistes

C'est à l'occasion d'un deuxième  redressement judiciaire en 2017 que Jean-Louis Louvel avait repris le quotidien régional « Paris-Normandie ». Surnommé le « roi de la palette », son entreprise de reconditionnement de palettes en bois usagées  PGS est devenue en vingt-cinq ans le leader français de la palette neuve et d'occasion avec un chiffre d'affaires de 286 millions d'euros et 915 salariés.

Depuis 2017, il a injecté 1,2 million d'euros en compte courant dans le quotidien régional normand qui réalise 30 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 200 salariés, dont 100 journalistes. En deux ans, l'endettement de « Paris-Normandie » est passé de 10 à 6,7 millions d'euros, mais, convient Jean-Louis Louvel, « l'entreprise est encore en difficulté ».

S'ils désapprouvent la candidature de leur actionnaire, les journalistes assurent ne pas recevoir de pressions de sa part ni dans le choix, ni dans le traitement des sujets. La rédaction s'est néanmoins prudemment dotée le 15 novembre d'un « outil de contrôle de l'indépendance » en mettant en place avec le soutien du SNJ, une Société des journalistes (SDJ). Qui a reçu le soutien de Jean-Louis Louvel.

Claire Garnier (Correspondante à Rouen)