Pourquoi faire tant d'études pour être aussi c...!

Les dirigeants des universités normandes nous fatiguent et ça fait des années que ça dure!

D'abord, depuis des lustres (en fait, depuis les années 1960) nous eûmes le clochemerle entre l'Alma mater normande caennaise et sa fille cadette rouennaise, avec son cortège de mauvaise foi, de mauvaises humeurs, de refus et de mépris réciproques sous prétexte que Haute et Basse-Normandie n'avaient rien à faire ensemble ou à se dire!

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Puis, malgré tout, la coopération se fit avec le 3ème larron, le benjamin universitaire havrais au point que l'on aura pu parler de fédéralisme universitaire normand avec un "PUN" (pôle universitaire normand) qui pouvait préfigurer, un jour peut-être, le retour à une unité régionale et académique de la Normandie.

Mais quand il s'est agi de faire du PUN un "PRES" avec des coopérations plus étendues et renforcés, il faut bien avouer que les fabiusiens de Rouen, à commencer par Fabius lui-même, n'étaient guère... pressés!

Enfin, arriva la divine surprise de la réunification de la Normandie avec la perspective de recréer l'académie de Caen telle qu'elle existait avant les années 1960 (moins la Sarthe): le PRES devenue la COMUE s'approche à pas comptés de l'idéal de ce fédéralisme universitaire normand équitablement disposé sur les trois villes de la tripolitaine normande... Mais la réunification normande qui a nécessité d'indispensables fusions (par exemple: la ligue de football) a aussi mis dans quelques cerveaux dirigeants le goût pour la fusion, autrement dit, la "fusionnite" qui mêle réunification et fusion dans une même confusion!

Que l'on recolle les morceaux de la Normandie divisée et affaiblie par ses divisions, soit! Mais que l'on recolle tout avec n'importe quoi... Non! L'union fait la force, certainement pas la fusion dans la confusion.

Si la Normandie a trois villes principales qui sont toutes trois différentes, c'est précisément pour nous épargner les inconvénients de n'en avoir qu'une seule (voir le rôle contestable joué par Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Strasbourg dans leurs pseudo-régions réciproques...)

Trois villes, trois universités avec, néanmoins, une primauté dans le temps et l'étendue des activités à l'université caennaise...

Souvent, on fusionne pour fusionner et en croyant faire des économies d'échelle et des mutualisations (qui fonctionnent quand la fusion consiste à réunifier une entité cohérente, évidente qui, jadis, était unique) on crée des complexités qui n'existaient pas avant. La fusion pour la fusion c'est aussi du quantitatif pris pour du qualitatif (par exemple, remonter dans les classements internationaux) ou la fausse bonne idée pour tuer définitivement le vieux clochermerle universitaire entre Caen et Rouen puisque les deux grandes universités normandes rivales veulent fusionner pour n'en faire qu'une seule: l'université de Normandie avec son campus caennais et son campus rouennais...

Alors on comprend que dans cette aventure, le petit dernier havrais se mette à crier et que les autres partenaires de la COMUE Normandie universités s'inquiètent!

On arrête là notre petite synthèse résumant les trente dernières années d'histoire du marigot universitaire normand car il serait temps d'en revenir à des choses sérieuses, par exemple: comment stopper la fuite des jeunes cerveaux normands à Paris, Nantes, Rennes ou ailleurs?

Relire dans les archives de l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2018/01/12/36040703.html


 

(source: Ouest-France édition caennaise, 12/12/19)

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