Etre en campagne électorale ça donne à certains des idées. Encore faut-il qu'elles soient bonnes et qu'il soit possible de les mettre en pratique. Dans sa première réunion publique organisée le 23 janvier dernier dans le cadre de la campagne électorale pour les prochaines élections municipales de mars 2020, Joël Bruneau, le maire sortant de Caen, a annoncé son souhait d'organiser les festivités du millénaire de la fondation de la ville de Caen. L'année 2023 a été retenue pour célébrer cet événement.

L'idée est excellente mais elle doit se confronter aux réalités historiques suivantes:

1) La ville de Caen n'a pas fait l'objet d'une charte de fondation précisément datée dans le temps.

2) A notre connaissance, nous ne savons pas quelle documentation médiévale (certainement une charte dans laquelle apparaît, pour la première fois, le toponyme qui donnera plus tard celui de "Caen") pourrait correspondre à l'année 1023 car la date généralement retenue par les historiens est celle de 1027, l’année où le duc de Normandie Richard III fixe, par une charte, le douaire qu’il réserve à son épouse Adèle de France et qui lui attribue notamment l’usufruit de son domaine de « Cathim ». Il faudra attendre les années 1060 et les grandes fondations du duc Guillaume et de son épouse Mathilde (le château et les deux abbayes) pour que les villages déjà présents de part et d'autre du marais de l'Orne commencent à former une véritable ville...

Alors, nous faisons appel à vous Etoiliennes, Etoiliens fins connaisseurs de l'histoire de la Normandie médiévale et ducale pour tenter de savoir si l'année 1023 correspond à quelque chose de documenté dans ces débuts de notre histoire caennaise.

Histoire de Caen, pour en savoir plus:

http://www.cosmovisions.com/monuCaen.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Caen

 

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 Nous remercions nos lecteurs qui nous ont fait parvenir les informations suivantes:

  • Dyonisien nous écrit ceci:

La plus ancienne mention semblerait dater de 1006, dans une charte de l'abbaye de Fécamp dans laquelle Richard II assurait à ladite abbaye la dîme des produites de la douane ("Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs", 3e édition, par G-S. Trébutien. , éd. Le Blanc Hardel 1881, p.10).
Mais si la date est brièvement reprise par Gaston Lavalley ("Caen, son histoire et ses monuments" , Valin, 1877), elle est contestée par Amédée de Bourmont dans son très critique compte-rendu de l'ouvrage de Trébutien (In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1882, tome 43. p. 88.) : "[...]Où est la charte de l'abbaye de Fécamp (p.10) ? [...]".

Il est à noter que le même Trébutien, dans la première édition de son ouvrage ("Caen, précis de son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs, guide portatif et complet, nécessaire pour bien connaître cette ancienne capitale de la Basse-Normandie", F. Poisson et fils (Caen) , 1847, p. 11) donnait la date de 1015 pour le plus ancien document citant Caen, en l’occurrence une charte de Richard III [sic] ! De quoi donc laisser planer un doute !

Lucien Musset, lui, retient l'année 1025 avec deux chartes de Richard II, la première pour Saint-Père de Chartres où est citée la "villa" de Cadon ; la seconde pour l'abbaye de Fécamp où apparaît le nom de Cadumus et dans laquelle il est précisé qu'il s'agit du siège d'un tonlieu ("Histoire de Caen", coll. sous la direction de Gabriel Désert, Privat, 1981, p.23).

Mais c'est bien l'année 1027 (ou 1026 selon Musset) qui semble faire consensus avec le texte cité dans l'article. A priori, pas de 1023 en vue donc dans l'histoire de Caen...

Ce doit être une date "politique", un peu comme le retour de Guillaume !

  • Draner nous a envoyé aussi cet extrait du livre référence de Gabriel Désert sur l'histoire de la ville de Caen (éditions Privat) qui confirme le message précédent:

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https://actu.fr/normandie/caen_14118/municipales-2020-caen-maire-joel-bruneau-lance-campagne-annoncant-nouveaux-projets_30987184.html

Municipales 2020 à Caen. Le maire Joël Bruneau lance sa campagne en annonçant de nouveaux projets

Ce jeudi 23 janvier 2020, Joël Bruneau, maire sortant à Caen (Calvados), a officiellement lancé sa campagne pour les municipales lors d'une réunion publique au Centre des congrès.

Pour connaître les noms qui figureront sur la liste de Joël Bruneau, le maire de Caen (Calvados), au premier tour de l’élection municipale du 15 mars 2020, il faudra encore attendre quelques jours. Ce jeudi 23 janvier 2020 marquait le début de sa campagne officielle, maintenant que l’ensemble des voeux à la population, aux institutions et aux entreprises ont été effectués. Sans surprise, il brigue donc un second mandat.

Une grande fête pour le millénaire de la ville

Durant deux heures et devant près de 700 personnes,  Joël Bruneau a passé en revue une quinzaine de thématiques dont la thématique culturelle. Il a notamment annoncé un grand événement en 2023 pour fêter le millénaire de la ville. 

Panel de huit personnes invitées à questionner le candidat, micro trottoirs retransmis sur grand écran, et questions par SMS… ce lancement de campagne a surfé sur l’interactivité. Beaucoup de questions sérieuses  ont été posées et d’autres moins comme celle-ci : « pourquoi ne pas augmenter les impôts afin d’acheter Mbappé pour le SMC ? »

Lire aussi : Municipales 2020. L’Orphelin et Le Coutour s’allient à Caen pour faire tomber le maire, Joël Bruneau

Présence d’opposants à son projet place de la République

En amont de la réunion publique, une dizaine de personnes s’étaient  présentées à proximité du centre des congrès. Ils souhaitaient échanger avec les personnes se rendant à ce meeting, au sujet de la place de la République, et surtout du projet de centre commercial voulu par la majorité actuel. Ils ont notamment distribué un trac appelant à un « premier vœu écolo » pour 2020 : « En mars, dites tous non à la construction d’un centre commercial place de la République et à l’abattage de 50 tilleuls ». Ils réclament un référendum sur le sujet.

Un  cinéma art et essai en centre-ville

A cela, le candidat Bruneau a répondu en annonçant notamment un  cinéma Art et Essai en centre-ville, place de la République, avec le Lux. Un projet très applaudi par l’assemblée. Il s’est défendu de vouloir créer sur cette place non pas  « un centre commercial mais un lieu de vie ». Il a précisé que les arbres, sujets de polémique, « seraient transplantés dans de la terre » et  non pas dans des résidus de remblai comme c’est le cas actuellement.

Kiosque culturel, axe vert Prairie-Port, nouveaux skate-park

Qualité de vie, attractivité, commerces, éducation, logement, vélo, transports, développement durable, fiscalité etc… les sujets de discussion et probablement de campagne n’ont pas manqué. Joël Bruneau a déroulé à grandes foulées ses projets en annonçant sa volonté de « désartificialiser » certains axes qui ont été recouverts de goudron comme c’est le cas entre la Prairie et le port, ou encore créer un Kiosque culturel. 

La liste de Joël Bruneau sera présentée début février. Elle a déjà son slogan : « Continuons Caen Ensemble » souligné d’une phrase : « Une ville ambitieuse pour tous, attentive à chacun ». 


 

La parole à la liste écologiste d'opposition (Ouest-France 24/01/20) qui propose de créer un jardin public sous les tilleuls de la place de la République:

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