L'Etoile de Normandie a le plaisir de vous signaler le lien ci-dessous, un numéro de l'émission "concordance des  temps" de Jean-Noël Jeanneney du 11 janvier dernier qui était consacré à la vie et l'oeuvre litéraire de Jules Barbey d'Aurevilly, notre dandy littéraire normand préféré pour avoir été fidèle toute sa vie à une parole fière venue de son Cotentin natal:

"Sire de sei!"

https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/barbey-daurevilly-le-lire-aujourdhui?fbclid=IwAR2qObRwabXzTWYXM_CLqaaWxyMT2TqkTiGl7bFZx135NU9S21GCaFr1QQ8

Barbey d'Aurevilly : le lire aujourd'hui

Un homme qui a tellement détesté son temps, peut-il parler au nôtre ? Cette interrogation concerne de plein fouet Jules Barbey d’Aurevilly, qui s’apprête à se trouver, de gré ou de force, le sujet de notre émission.

838_barbey_1

Sa vie parcourt la plus grande partie du XIXe siècle, de 1808 à 1889. Sa mort, survenue quelques semaines avant la célébration du centenaire de la Grande Révolution, lui a épargné de justesse le chagrin de voir honorés des événements que haïssait ce chouan décalé. Poète, critique littéraire, journaliste et surtout romancier du premier rang, déployant une magnifique énergie d’écriture, il a construit son œuvre -où brillent le Chevalier des Touches, Un Prêtre marié, Une Histoire sans nom et surtout les six nouvelles célèbres intitulées Les Diaboliques- selon une temporalité bien spécifique, entre un Ancien Régime rêvé, une Monarchie de Juillet ressuscitée, celle de sa jeunesse, et le moment des œuvres majeures, des deux côtés de la guerre de 1870 jusqu’aux deux premières décennies de la Troisième République.

Mon invitée, Judith Lyon-Caen, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, a construit les beaux travaux qu’elle a consacrés à Barbey d’Aurevilly sur le fond de cet arrière-plan temporel et elle les conduit jusqu’à une quatrième époque, à savoir la nôtre, afin de s’enquérir de la modernité de son personnage : voilà une problématique qui nous convient tout à fait à ce micro. Avec, en prime, une réflexion non moins stimulante - et pour nous, ici, non moins opportune- une réflexion qui est centrale aux yeux de Judith Lyon-Caen, sur les relations, très complexes, que peut entretenir la recherche historique avec les œuvres littéraires. De cette question, elle montre, chemin faisant, la complexité et j’espère vous en faire profiter.

Archives

  1. Interview de Ferdinand Bac à propos de ses souvenirs de Jules Barbey et de son appartement rue Rousselet à Paris, dans une causerie de la RDF le 3 décembre 1948.

  2. Lecture d'un extrait où Barbey raconte sa rencontre avec Trébutien lu par Alain Cuny dans "Une voix de Stentor", à l'ORTF le 01.06.1967.

  3. Lecture d'un extrait du premier roman de Barbey, Une Vieille maîtresse (1851), lu par Jean Leuvrais dans "La Compagnie des auteurs" le 16 avril 2019.

  4. Lecture d'un extrait du Chevalier Destouches (1863), lu par Daniel Mesguich sur France Culture le 12 octobre 1978.

  5. Chanson Monsieur de Charette, composée par Paul Féval en 1853 et interprétée par Marcel Noblat.

  6. Lecture du début de la nouvelle La Vengeance d'une femme, extraite des Diaboliques (1874), lu par Wenda Bénès sur France Culture le 18 avril 2019.

Bibliographie

  • Judith Lyon-Caen, La Griffe du temps. Ce que l'Histoire peut dire de la littérature, Gallimard, 2019
  • Judith Lyon-Caen, Jules Barbey d'Aurevilly. Romans, Quarto Gallimard, 2013
  • Judith Lyon-Caen, La lecture et la vie. Les usages du roman au temps de Balzac, Paris, Tallandier, 2006
  • Dinah Ribard, Judith Lyon-Caen, L'historien et la littérature, Paris, La Découverte, 2010