Depuis le 1er janvier 2020, la Normandie retrouve son unité académique perdue en 1965.

Ce retour à l'unité académique normande est justifiée par un projet sinon une urgence. Rattraper le retard socio-scolaire de la jeunesse normande accumulé depuis plus de quarante années en raison d'une division normande et d'une faiblesse de la métropolisation régionale qui a font rater à la jeunesse normande le moment important de la démocratisation du diplôme et des études supérieures des années 1970-2000 sous prétexte de préférer le travail aux études dans une région qui fut, longtemps, une région industrielle et agricole prospère et où le travail ne manquait pas...

La Normandie est aussi la seule région à expérimenter la fusion académique à l'échelle régionale: les experts-comptables de Bercy ont cru vouloir imposer le principe de généraliser le cas particulier normand à toutes les autres académies en prônant la nécessité de faire correspondre la carte académique avec la nouvelle carte des treize régions sorties de la réforme de 2015: le but de la manoeuvre était comptable et les Raboteurs de Bercy ont pris le risque d'alimenter la suspicion en Normandie contre la fusion régionale perçue d'abord comme une réforme d'opportunité comptable alors qu'elle correspond profondément aux urgences d'une vraie région, la Normandie!

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Lire, ci-après cet entretien de Mme Gavini-Chevet accordé à M. Lalay, journaliste à Ouest-France (28/01/20)

"Une seule académie, une force pour la région"

Depuis le 1er janvier les rectorats de Caen et de Rouen ne font plus qu'un. Le point avec la rectrice de Normandie, Christine Gavini-Chevet.

Les deux anciennes académies viennent de fusionner. Pour quels changements?

En travaillant sur un terrain plus vaste, nous allons pouvoir présenter une carte des formations plus cohérente. Jusqu'à présent il y avait un petit peu de tout partout. Désormais, nous allons construire des pôles identifiés avec une signature forte. Le projet d'un campus international de l'énergie présenté récemment est le bon exemple. Jusqu'à présent, deux pôles vivotaient à Fécamp et à Cherbourg sur cette question. Le futur campus basé à Bourg-Achard animera toute la Normandie. Avec une seule académie, nous allons plus vite et plus loin.

Commentaire de Florestan:

C'est surtout le retour à l'évidence et à la cohérence qui n'aurait jamais dû être sacrifiée lorsqu'en 1965 l'académie de Caen qui couvrait les cinq départements normands et celui de la Sarthe a été coupée en deux...

Aller plus vite, dans quels autres domaines?

Nous allons tout rendre lisible à l'échelle de la Normandie. Nous devons faire des efforts pour favoriser la mobilité des élèves. Cela passe par une carte des internats à l'échelle régionale. C'est aussi travailler sur les freins financiers qui peuvent empêcher un élève d'aller chercher la bonne formation à 40km. En harmonisant et faisant converger les méthodes des deux anciennes académies, nous allons amener de la fluidité au bénéfice des élèves.

Commentaire de Florestan:

Il est très regrettable que la rectrice et le journaliste qui la questionne ne disent mot du vrai sujet, sujet peut-être le plus alarmant pour l'avenir même de la Normandie compte tenu des mutations qui vont arriver en raison de la révolution numérique en cours... La jeunesse normande est celle qui connaît le plus profond retard socio-scolaire en France. Ce retard socio-scolaire est à la Normandie ce que peut être la radio-activité à l'industrie électro-nucléaire: un véritable poison qui nous vient du passif de quelques 60 années passées dans une division normande qui a trop longtemps stimulé le localisme et la médiocrité!

L'attractivité de la Normandie est un autre enjeu. A deux petites académies, nous avions parfois du mal à recruter des professeurs dans certaines disciplines ou des personnels d'encadrement. Nous sentons que la perception à l'extérieur change déjà (sic!)

Commentaire de Florestan:

l'enjeu est SURTOUT de faire changer la perception à l'intérieur. Les jeunes Normands mais aussi leurs familles ne connaissent pas la Normandie utile et la Normandie de l'avenir...

A votre arrivée en avril 2019, l'ambiance était tendue avec les personnels du rectorat, inquiets de la fusion. Et aujourd'hui?

Le schéma d'organisation que je mets en place a été co-construit avec les agents. Les deux sites de Caen et de Rouen sont maintenus. Il n'y a aucune mobilité imposée entre les deux. La rectrice et le secrétaire général sont à Caen. Les grandes directions sont réparties sur les deux sites avec un chef à Caen et son adjoint à Rouen ou vice-versa.

Commentaire de Florestan:

Face aux enjeux et à l'ambiance de fièvre obsidionale parfois idéologique contre l'idée régionale même (culture jacobine interne à l'Education nationale) l'actuelle rectrice et son prédécesseur le recteur Roland, n'avaient qu'une seule possibilité: appliquer la méthode suivie et utilisée pour fusionner les deux conseils régionaux normands. On espère qu'Hervé Morin aura été de bon conseil...

L'actualité de l'Education nationale ce sont aussi les premières épreuves du contrôle continu du nouveau bac. Avec parfois de forts mouvements de contestation. Qu'en est-il en Normandie?

Nous devons faire face ici ou là à des manifestations devant les lycées. Elles ne regroupent pas toujours que des enseignants ou des élèves. On y trouve d'autres mouvements comme ceux opposés à la réforme des retraites. Globalement, les épreuves se passent plutôt bien.(sic!)

Depuis le 20 janvier, une vingtaine de lycées par jour les font passer. Jusqu'à présent, nous n'avons que trois établissements dans lesquels une épreuve n'a pas pu se tenir normalement.