Billet de Florestan:

On se limitera, pour être bref, à trois remarques de bon sens...

1) Comment est-il intellectuellement possible d'accepter de voter pour une tête de liste qui vous dit "en même temps" qu'elle "aime la ville du Havre" mais  qu'elle continuera d'être à Paris? Voter pour un maire qui ne le sera pas au profit d'un autre voilà qui est singulier et qui fait, surtout, très "vieille politique" par l'instrumentalisation de la loi électorale qui prévaut de voter non pas directement pour le maire mais pour la liste de conseillers municipaux qui auront le devoir de l'élire même si la coutume républicaine veut que la tête de la liste ayant gagné la majorité électorale soit choisie pour être maire de la commune.

2) Faut-il manquer à ce point de fierté locale ou régionale pour accepter la nationalisation et la mise sous tutelle de fait de la première commune de Normandie et du premier grand port maritime de France? A écouter les grands médias nationaux (donc parisiens) la ville du Havre est réduite à n'être que "la base arrière" ou "le fief de province" du grand seigneur qui nous gouverne (et de quelle façon!) depuis un hôtel particulier parisien! Il a fallu attendre la dernière limite légale possible, ce 31 janvier 2020, pour qu'enfin les citoyens havrais et les autres élus havrais en lice puissent participer au débat municipal. Même s'il s'agissait d'un secret de polichinelle, Monsieur le Premier ministre s'autorise le droit de disposer du temps de tous les Havrais de façon pour le moins discrétionnaire: l'hôtel de ville du Havre ne saurait être le cabinet d'aisance du Premier ministre en exercice.

3) La ville du Havre et son port, éléments essentiels de l'intérêt général normand et de l'intérêt national de la Normandie sont devenus l'objet sinon l'enjeu d'une bataille politique et idéologique entre un ancien député-maire devenu Premier ministre et l'intersyndicale emmenée par la CGT qui s'oppose frontalement depuis près de 60 jours désormais au projet gouvernemental de réforme du régime des retraites: depuis plusieurs semaines, la ville et le port, abandonnés à eux-mêmes, subissent régulièrement des manifestations, des blocages et des grèves qui, parfois, prennent un tour quasi insurrectionnel. La ville est sous tension, les populations très divisées. Le commerce en centre-ville s'effondre tout comme le trafic du port après plusieurs opérations "port mort". Des entreprises, notamment dans la logistique et le transport sont à la limite du dépôt de bilan: le charivari national sur la réforme des retraites lancé il y a quelques mois par MM. Macron et Philippe avec le concours de la CGT ont ciblé tout naturellement la ville et le port du Havre. On a beaucoup parlé des effets de la grève du métro à Paris ou dans la région parisienne, mais, comme d'habitude, les médias nationaux n'ont guère évoqué dans quel état se trouve aujourd'hui la ville portuaire que le Premier ministre dit aimer...

Les "tripes à l'eau de mer" de Monsieur Philippe ont plus que jamais un goût amer et si j'étais Havrais, n'étant ni schizophrène ni masochiste, je ne voterais pas, en mars prochain, pour Monsieur Edouard Philippe.

Il serait temps, de parler du Havre et de l'avenir de son port qui est lié à l'avenir de l'économie maritime française alors qu'Anvers est en train de devenir, de fait, le premier port français, que le canal Seine Nord Europe est programmé ainsi qu'une fusion portuaire de l'Axe Seine toujours dans les limbes dont personne ne parle ou presque sauf pour se chicaner déjà sur la question du siège du futur port fusionné...

Tant que Le Havre et son port seront enfermés dans cette nationalisation politique, le port et la ville du Havre n'auront pas d'avenir clairement défini et assuré tout comme le reste de la Normandie!

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https://www.paris-normandie.fr/actualites/politique/municipales-2020-edouard-philippe-annonce-etre-candidat-a-la-mairie-du-havre-comme-tete-de-liste-HE16301987

Voir aussi:

https://www.francebleu.fr/infos/politique/municipales-edouard-philippe-est-candidat-dans-sa-ville-du-havre-1580406895


 

Edouard Philippe l'a dit lui-même: "ce sera une campagne politiquement et humainement éprouvante"... Il pensait surtout à lui sauf que cela vaut pour tout le monde au Havre dont la ville et le port se trouvent précipités au coeur du conflit social national de la réforme des retraites...

La petite revue de presse à lire ci-après en témoignera amplement:

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/municipales-edouard-philippe-candidat-au-havre-20200131

https://actu.fr/politique/elections-municipales/municipales-2020-edouard-philippe-annonce-candidature-havre_31152125.html

https://www.ouest-france.fr/elections/municipales/municipales-au-havre-une-reunion-publique-sous-tension-6716049

https://actu.fr/normandie/havre_76351/manifestation-contre-edouard-philippe-havre-heurts-les-forces-lordre_31133142.html

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A l'intérieur de la salle François 1er mais aussi à l'extérieur... Le compte-rendu de Paris-Normandie:

https://www.paris-normandie.fr/actualites/politique/le-havre-edouard-philippe-et-sa-garde-rapprochee-font-salle-comble-pour-les-municipales-KE16307836

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Les oppositions politiques n'ont pas manqué de réagir:

https://www.ouest-france.fr/elections/municipales/municipales-que-philippe-se-presente-au-havre-est-profondement-scandaleux-juge-jadot-6715566

Qu'en pensent les Havrais?

https://www.ouest-france.fr/politique/edouard-philippe/edouard-philippe-en-campagne-dans-les-rues-du-havre-6717305

dixit Ouest-France:

"Au lendemain du meeting de vendredi soir, lors duquel Édouard Philippe a lancé sa campagne pour les municipales, sans dévoiler ni liste ni programme, le Premier ministre s’est offert une déambulation matinale dans les rues de la cité portuaire pour sa première sortie de campagne.

Décontracté, le chef du gouvernement qui a annoncé qu’il resterait à Matignon s’il était élu, est allé à la rencontre des Havrais, un retour en terrain conquis pour l’ancien maire qui a échangé avec les habitants et commerçants du centre-ville, en présence de ses gardes du corps."

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Voir aussi:

https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-candidature-dedouard-philippe-au-havre-choque-ces-habitants_fr_5e343276c5b611ac94d37b90?ncid=other_topvideos_cp1pj3fgmfs&utm_campaign=top_videos

La candidature d'Édouard Philippe au Havre choque ces habitants

Le premier ministre a officialisé sa candidature aux municipales lors d'un meeting dans la ville portuaire ce vendredi 31 janvier.

MUNICIPALES - Le deuxième personnage de l’État peut-il avoir le temps de faire campagne aux municipales? Pas vraiment, à en croire plusieurs anciens administrés d’Édouard Philippe venus jouer les trouble-fêtes lors de l’officialisation de sa candidature aux municipales, ce vendredi 31 janvier, dans une salle des fêtes du Havre.

Alors que des centaines de personnes protestaient à l’extérieur, le premier ministre a prédit “une élection difficile”, tant “humainement” que “politiquement” dans un contexte social tendu, mais affirmé qu’“on n’abdique pas l’honneur d’être une cible”, lors du lancement de sa campagne municipale.

En cas de victoire, Édouard Philippe compte laisser le poste à l’actuel maire Jean-Baptiste Gastinne (LR), avant de le reprendre le jour de son départ de Matignon.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, cette manoeuvre habile, ainsi que la future campagne à mi-temps d’un candidat à l’agenda particulièrement chargé, est mal perçue par certains Havrais. 

"J'avais cru comprendre que LREM voulait couper avec la politique de l'ancien temps". Virginie, travailleuse sociale

 “Ce n’est pas normal, ça ne devrait pas être possible”, laisse simplement tomber à notre micro Jenny, une Havraise qui y voit une forme de “copinage” politique. “On a l’impression qu’il prépare sa sortie”, sourit Sophie, professeure des écoles. “Peut-être qu’il est inquiet pour son avenir au gouvernement. Ça, c’est plutôt bon signe pour nous”, ajoute la jeune femme mobilisée contre la réforme des retraites.

“Il va faire campagne comment?”

“Scandaleux”, “intolérable”, “vieille combine”. Dès l’annonce de cette candidature, vendredi, les responsables politiques de droite comme de gauche, de Nicolas Bay à Yannick Jadot, se sont aussi relayés dans les matinales radio ou télé pour fustiger la décision du chef du gouvernement.

“Il va faire campagne comment?”, s’est questionné le chef de file des Verts, avant d’ajouter: “Qu’un Premier ministre considère qu’il a autre chose à faire que de gérer les dossiers de la France pour être candidat à une élection municipale où il dit déjà qu’il n’occupera pas les fonctions de maire, je trouve cela profondément scandaleux”.

Édouard Philippe a admis vendredi soir qu’il devrait “faire la part entre le candidat et le Premier ministre”“Mais tout bien pesé j’ai décidé d’y aller”, a-t-il martelé devant ses partisans.

À voir également sur Le HuffPost : Au Havre, l’opération “port mort” est la seule solution pour être entendu