La conscience normande progresse en identifiant, petit-à-petit, les éléments essentiels qui constituent l'intérêt général normand, un intérêt général régional qui a une dimension nationale:

La vallée de la Seine fait partie, bien entendu, de ces éléments vitaux qui justifient depuis des siècles l'utilité d'un espace régional normand mais il faut lui adjoindre son élément naturel le plus évident, son avant-pays maritime duquel ont procédé dans notre histoire millénaire tous les arrière-pays normands puisque la Normandie est la fille du fleuve et de la mer... La baie de la Seine, par ses réalités maritimes, économiques mais aussi naturelles, patrimoniales et historiques, qui est, en quelque sorte, notre "méditerrannée" normande, fait, de plus en plus, l'objet d'attention et de réflexion car la baie de la Seine devient aussi un enjeu de l'industrialisation de l'espace marin avec des projets d'implantation de champs d'éoliennes marines dont un certain nombre d'acteurs de la baie de la Seine (à commencer par les pêcheurs) craignent les effets négatifs...

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Placée sous la surveillance de la préfecture maritime de Cherbourg, la baie de la Seine révèle, par la cartographie complexe de ses usages, une géopolitique à l'échelle infra-régionale. La baie est actuellement conçue comme un espace servant industriel (extractions et dépôts sous-marins) mais aussi comme un espace contraint dédié à la sécurité maritime des accès aux grands ports maritimes normands (Le Havre et Rouen). A cela, il faut ajouter la nécessité de protéger l'environnement dans les zones de la baie qui sont les moins convoitées (par exemple, le superbe et très méconnu littoral oriental du Cotentin) et ajouter de nouvelles contraintes industrielles: le passage des câbles sous-marin et les parcs d'éoliennes marines.

Se pose, donc, la question de l'intégrité et de l'avenir du territoire de travail pour une pêche normande qui a fait l'effort de la qualité artisanale respectueuse de la ressource (par ex: la coquille Saint-Jacques) plutôt que de la quantité industrielle.

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/normandie-un-label-international-pour-mieux-proteger-la-baie-de-seine-6724275

Normandie. Un label international pour mieux protéger la baie de Seine

Classée site Natura 2000, la baie est candidate au label liste verte de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Classée Natura 2000 en 2008, la baie de Seine occidentale est officiellement candidate au label international « Liste verte de l’Union internationale pour la conservation de la nature »(UICN). « Ce label récompense une gouvernance et une gestion en adéquation avec des principes de développement durable grâce au dispositif de la liste verte de l’UICN », expliquent le préfet maritime, le vice-amiral d’escadre Philippe Dutrieux et Gérard Gavory, préfet de la Manche.

Afin de valider la candidature du site, qui s’étend de l’Est de Port-en -Bessin (Calvados) au sud de l’île Tatihou (Manche), soit 455 km², Jean-Philippe Siblet, rapporteur de l’UICN France, est venu visiter le site. « C’est l’UICN qui déposera le label sur le plan international. Actuellement, 12 sites Natura 2000 en bénéficient en France sur les quinze sites classés. À l’international, 46 sites sont répertoriés. »

« Un site de référence »

Pour obtenir le label, certains critères doivent être respectés par les acteurs maritimes. « L’idée n’est pas de mettre sous cloche cette baie de Seine mais de fédérer et mobiliser les usagers et acteurs maritimes à la préservation du site » , souligne le préfet maritime. Un suivi qui passe par la vérification de l’état de conservation et des études scientifiques. « Ceci afin que cet endroit devienne un site de référence. »

L’autre objectif est la protection des oiseaux, mammifères marins et poissons ainsi que leurs habitats. « Des mesures seront prises pour la pêche et il n’y aura pas d’éolien sur le site. Cette labellisation n’est pas une réglementation ou une contrainte supplémentaire. » Ce label se veut un outil pour motiver l’ensemble des partenaires à garde le site en l’état. « Que les gens pensent que leurs efforts ne sont pas inutiles. » La décision sera rendue le 19 juin à Marseille.