Nous connaissons tous le Mont-Saint- Michel et son abbaye bénédictine fondée en 966 à la demande du duc Richard 1er et qui gardait l'extrémité Sud-Ouest de la duché de Normandie...

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Mais saviez-vous que l'extrémité Nord-Est du littoral normand était aussi placé sous la protection de l'archange général en chef des milices célestes avec l'abbaye du Tréport fondée à la fin du XIe siècle? Malheureusement, cette abbaye qui était située dans le prolongement de l'actuelle église Saint Jacques du Tréport, a été rasée pendant la Révolution.

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La Normandie était donc symboliquement bien gardée sur son flanc Sud-ouest et sur son flanc Nord-Est par deux abbayes dédiées à Saint Michel.

Mais il y avait aussi un 3ème Mont Saint Michel qui existe toujours sur la côte de la Cornouaille anglaise et qui est une réplique en plus petit du prestigieux  modèle normand.

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Pour en savoir plus:

En Seine-Maritime, Lionel Gaudefroy, présente les trois Mont-Saint Michel normands

D'où vient la rivalité entre Bretons et Normands ? L'un des enjeux concerne le Mont-Saint-Michel. L'historien brayon Lionel Gaudefroy rappelle l'existence de 3 Monts-Saint-Michel.

Ne dites jamais à Lionel Gaudefroy que le Mont-Saint-Michel est Breton ! L’historien originaire du pays de Bray pourrait perdre son calme légendaire. Parce qu’il n’y a historiquement aucun doute : le Mont est en Normandie. Point final.

Encore faut-il le prouver. Et Lionel Gaudefroy a au moins deux preuves. Deux autres édifices similaires, l’un en Cornouaille (Angleterre) et l’autre au Tréport en sont témoins. Et d’ailleurs, Saint-Michel n’est même pas un saint breton.

« Un énorme rocher granitique »

Pour Lionel Gaudefroy, il n’y a pas de débat.

« Eternelle question depuis que le Couesnon dans sa folie a mis le Mont en Normandie. Les arguments avancés défendant un Mont normand nous ont laissés sur notre faim. Et même en visitant le Mont, les guides oublient toujours un argument de poids qui pourtant est un des plus convaincants ».

En effet, tout le monde connaît le Mont-Saint-Michel. Mais ce ne fut pas la seule abbaye normande consacrée à Saint-Michel.

« Et c’est là le but de ma démonstration. A l’autre extrémité de la Normandie, tout au nord, en 1059 le comte d’Eu, Robert, et son épouse Béatrix fondèrent au Tréport une abbaye consacrée à Saint Michel. Contrairement à celle du Mont, elle fut totalement détruite après la Révolution. Il n’en reste que le mobilier qui a été éparpillé dans les différentes églises de la région».

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Il y avait donc pas une mais deux abbayes Saint Michel en Normandie. L’une au sud (la plus connue) et l’autre au nord du duché de Normandie (aujourd’hui disparue). « Mais ce n’est pas tout ! » enchérit Lionel Gaudefroy.

Et St-Michael’s Mount ?

En effet, une troisième abbaye Saint-Michel a vu le jour de l’autre côté de la Manche en Cornouaille dans le royaume d’Angleterre uni alors à la Normandie.

Lione Gaudefroy explique :

« St Michael’s Mount est un énorme rocher granitique d’une hauteur de 72 m couronné aujourd’hui par un château du 14e siècle situé à quelques kilomètres à l’Est de Penzance sur les bords de la Manche ».

L’historien s’est même rendu sur place pour vérifier. Photos à l’appui.

« C’est le roi Edouard le Confesseur qui y fit bâtir en 1044 une chapelle qu’il plaça sous le patronage de Saint Michel. Après la conquête normande de 1066, les moines de l’abbaye bénédictine du Mont-Saint-Michel en prirent possession et y construisirent une église et un petit monastère qui fut plus tard transformé en forteresse au 14e siècle ».

« La Manche est devenue une mer normande »

Et quand on regarde les photos, la ressemblance ne laisse pas la place au doute. Surtout quand on est Normand.

« Dès lors, trois monastères bénédictins consacrés à l’Archange protègent les frontières normandes, tant sur le Couesnon que sur la Bresle et la côte sud de l’Angleterre. La Manche étant devenue une mer normande entre le duché de Normandie et le royaume d’Angleterre. Ces trois abbayes forment un ensemble indissociable. Mais on oublie toujours de citer Le Tréport et St Michael’s Mount pour justifier que le Mont-Saint-Michel est bien en Normandie ».

C’est donc le Couesnon et l’Histoire qui décidèrent que le Mont-Saint-Michel est effectivement en Normandie. Et pis c’est tout !

Saint-Michel dès le 5e siècle en Italie

D’ailleurs, dès la fin du 5e siècle, dans le sud de l’Italie sur la côte adriatique, sur le promontoire du Gargano fut érigé le sanctuaire de Saint-Michel à Monte Sant’Angelo, le plus célèbre et le plus ancien lieu de culte de l’Archange Michel d’Occident.

Et là encore, Lionel Gaudefroy avance ses preuves :

« Au début du 11e siècle, les Normands pèlerins dont les Hauteville et les Carrel qui se rendent à Jérusalem passent par Rome, et se dirigent vers Bari où ils embarquent pour la Palestine afin de se rendre à Jérusalem. Mais auparavant, ils font escale à la grotte du Monte Gargano. Là où leur saint préféré, leur archange, est apparu à des bergers plusieurs siècles auparavant. A Rouen, capitale de la Normandie, le nom de Mont Gargan fut alors donné à une des collines de la ville où ce sont les moines de Saint-Ouen qui y édifièrent un prieuré en l’honneur du saint vénéré, Saint Michel. Ce prieuré est représenté dans le Livre des Fontaines de Jacques Le Lieur. Sur la tapisserie du château de Pirou dans le Cotentin, on voit les Normands agenouillés devant la basilique du Monte Gargano ».

Peut-on encore douter que le Mont-Saint-Michel est Normand ?

Mais les Bretons ont leur propre théorie : Si le Mont-Saint-Michel est en Normandie, ce sont quand même les Bretons qui en profitent le plus…

Lionel Gaudefroy, historien normand et défenseur du Mont-Saint Michel

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