De COPIL en COPIL (COPIL pour: "comité de pilotage"...) le serpent de mer de la LNPN (LNPN pour: Ligne Nouvelle Paris Normandie) va finir par muer... Se muer en LNPM, par exemple... (LNPM pour: Ligne Nouvelle Paris... Mantes).

Car les Normands sont incapables de chasser en meute... un serpent de mer qui vaut des milliards alors que sous d'autres cieux et latitudes, les pêcheurs ont bien réussi à ramener à la rive d'étranges créatures venues des abysses...

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Le serpent de l'Océan, une sculpture contemporaine récemment arrimée à la plage de Saint-Brévin, dans l'estuaire de la Loire, en aval du pont de Saint-Nazaire, ouvrage d'art gratuit payé par l'Etat alors que nos grands ponts normands jetés au dessus de la Seine depuis plus de 60 ans sont toujours... payants!

Revenons au train et à notre double incapacité de chasser en meute mais aussi de présenter un projet ferroviaire qui corresponde vraiment à l'intérêt général normand:

1) L'Etat central parisien continue de confondre les grandes lignes normandes avec des lignes de la grande banlieue parisienne: Paris-Marseille en 3 heures, ça passe avant la remise à niveau des lignes normandes qui sont les grandes lignes sans TGV les plus fréquentées de France. On le rappelle: l'archipel urbain normand est trop près de Paris pour que la vitesse commerciale optimale d'un TGV soit possible. Un train express circulant autour de 200 km/h pour une grande vitesse ferroviaire "de proximité" eut été l'idéal. Avec un inconvénient majeur: le jacobinisme technologique du cartel SNCF/Alstom s'est opposé à ce que soit perpétué l'exception technique normande après la suppression des trop bruyants, polluants et gourmands turbotrains (1969 -2004). Laurent Fabius qui a tenté vainement de défendre la LRNVS (pour: "Liaison rapide Normandie vallée de la Seine") au début des années 1990 en sait quelque chose!

2) Il faudrait que les Normands s'entendent enfin sur la meilleure façon et le meilleur endroit pour le franchissement ferroviaire de la Seine d'une rive à l'autre: le localisme clochemerleux et la division régionale n'ont pas aidé et nous ont fait perdre un temps précieux. Mais tous les gens raisonnables (sans pour autant être des experts chevronnés) qui prennent le temps d'étudier ce dossier avec sérieux et bon sens vous diront qu'en terme de rapport coût/bénéfices ou d'avantages et d'inconvénients, ce franchissement ne peut se faire qu'en aval de Rouen, dans l'estuaire avec une géographie bien plus favorable qu'un méandre encaissé (cf. le scénario C escamoté lors du débat public sur la LNPN  de l'hiver 2011):

Comme notre affaire ferroviaire normande n'est pas jugée prioritaire par le jacobinisme parisien national, qu'elle sera financé comme nos ponts, à savoir, par nous-mêmes, con-tribuables normands, l'enjeu financier sera déterminant pour éviter que le phasage technique du projet ne soit le prétexte à en différer, sine die, la réalisation intégrale...

En clair: la seule Ligne Nouvelle Paris Mantes visant à construire une ligne nouvelle entièrement réservée aux trains normands pour éviter les fameux bouchons du Mantois avec le trafic ferroviaire francilien, va coûter, au bas mot, 5 milliards d'euros. En conséquence, si les grands travaux rouennais consistant à construire une nouvelle gare sur la rive gauche à Saint-Sever couplé à un tunnel profond sous la Seine de près de 10km pour aller vers Le Havre sur la rive droite doivent en coûter autant, alors oui c'est certain, la LNPN va muer en LNPM...

Définitivement!

La Normandie est enfin réunifiée depuis le 1er janvier 2016 et Hervé Morin a démontré depuis trois ans sa capacité à porter politiquement un intérêt général normand jusque là nié ou ignoré. A n'en pas douter, l'un des grands sujets qu'il va falloir trancher sûrement et définitivement à l'occasion de la seconde mandature normande (après 2021) sera cette question du franchissement ferroviaire de la Seine dans son lieu le plus favorable et avec la solution technique la moins onéreuse, à savoir, une tranchée au fond du fleuve avec un tunnel ferroviaire réalisé avec des caissons de béton immergés entre l'amont du port du Havre et le débouché de la vallée de la Risle...

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On lira avec intérêt, sur ce sujet, le dernier communiqué du réseau citoyen du cercle normand de l'opinion:

Pile : on est résolu… mais on ne sait à quoi…
Face : on ne fait rien…


Ce titre ésotérique résume – brutalement, convenons-en – la triste situation d’un axe de développement et d’aménagement du territoire de la Normandie laissé en jachère par les pouvoirs publics et la nonchalance de certains élus de nos collectivités

Nous avons appris que le 14 février 2020, 10 h 30, 20, avenue de Ségur, à Paris, allait se tenir, sous la direction du Délégué Interministériel au Développement de la Vallée de la Seine (D.I.D.V.S.), M. le Préfet Philizot, le 10e Comité de Pilotage de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie (COPIL – L.N.P.N.)…

10COPIL, donc un historique qui remonte loin dans le temps :

  • 1er COPIL : 29 janvier 2014, à Paris.
  • 2COPIL : 2 juillet 2014, à Rouen.
  • 3COPIL : 27 février 2015, à Caen.
  • 4COPIL : 7 juillet 2015, à Paris.
  • 5COPIL : 4 mai 2016, à Paris.
  • 6COPIL : 20 octobre 2016, à Rouen.
  • 7COPIL : 26 février 2017, à Paris.
  • 8COPIL : 12 juillet 2017, à Rouen.
  • 9COPIL : 26 octobre 2017, à Paris.

Donc rien depuis 2017. Questions :

  1. Pourquoi cette rupture dans la série des COPIL ?
  2. Pourquoi, à quelques semaines des élections municipales, le réveil d’un COPIL ?

Nous nous dispenserons de répondre…

 

En faisant, cependant, un triste constat : en 6 ans, ce dossier qui concerne au premier chef la Normandie n’a pas débouché sur grand-chose dans la partie normande de la L.N.P.N. (mis à part des choix affichés très contestables à propos du nouveau tracé entre Rouen et Yvetot). On nous rétorquera qu’il fallait bien sortir de l’impasse du Mantois pour dégorger la Région parisienne, mais, dans le même temps, la situation des mobilités en Normandie se dégrade.

 

La voie ferrée n’a plus qu’un rôle très secondaire dans l’acheminement du fret en provenance ou à destination des ports de la Basse-Seine (- de 10 % du trafic total) ; la trafic routier s’amplifie, au risque de la thrombose et avec toutes les pollutions afférentes.

 

L’Axe Calais-Bayonne n’est toujours pas réalisé par le contournement Est de Rouen (depuis 1972, on en parle), malgré les engagements de l’État dans le cadre du développement de l’Axe Seine. Il est vrai que l’État s’est défilé quant à son financement. On peut multiplier les exemples de déshérence de la part de l’État en ce qui concerne la Normandie, notoirement écartée des programmes d’aménagement du territoire (que de palinodies pour réaliser la « chatière » du G.P.M. du Havre ! C’est la Région qui va s’engager…) ou de déconcentration des services centraux.

 

La Normandie est la seule Région du Nord de la France à avoir été évincée du récent programme de déconcentration.

 

Les Contrats de projet Etat-Régions et le Contrat de projet interrégional ne sont réalisés que partiellement. Par conséquent, il est malaisé d’un préparer un autre plus global…

 

Si l’on met à part la Région – qui ne peut tout faire – nous devons aussi déplorer le manque de combativité des autres collectivités locales et un certain manque de cohérence dans l’action. « Chasser en meute » serait donc une difficulté insurmontable chez les responsables normands ?

 

Nous sommes à la veille des élections municipales et d’autres élections locales se profilent, ne serait-il pas temps pour les Elus de faire comprendre à l’État, mais aussi et surtout aux citoyens qu’il y a des intérêts normands à défendre en commun. Il y va de l’avenir de la Normandie, de sa position dans l’Hexagone et des engagements internationaux d’une Région ouverte sur le monde.

 

Rouen, le 10 février 2020

C.N.O.

 

COPIL - L.N.P.N. : pile ou face ?
Commentaire de Florestan:
Sur le créneau de la défense de l'intérêt général normand, Hervé Morin est le seul, ou presque, à patrouiller à la courtine et ce sont des citoyens militants et engagés tels que nous et d'autres qui faisons office de vigie...
Où sont passés les autres grands élus de notre territoire? Que font sur le sujet les grands acteurs de la société civile régionale?
Le lobby normand peine à exister après trois ans de réunification: il serait plus que temps de le mettre en oeuvre! Nous savons que l'agence régionale de l'attractivité s'y emploie (réseau d'ambassadeurs, équipe des entreprises normandes, etc...) mais nous pensons qu'il faudrait une approche plus stratégique, plus... politique à construire avec toutes les bonnes volontés et toutes les lucidités normandes.
En attendant, une solution de modernisation définitive sur le front ferroviaire, l'arrivée des nouveaux matériels roulants OMNEO devraient enfin nous sortir des difficultés actuelles du ferroviaire normand quant au service passagers. Quant au fret...

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Nouveaux trains Omnéo : la solution miracle pour les usagers normands de la SNCF ?

Avec des retards et des suppressions récurrentes, les lignes ferroviaires de Normandie souffrent. Les nouveaux trains Omnéo seront-ils une réponse efficace au problème ?

Ça y est ! Ils arrivent ! Les trains Omnéo ! Dimanche 9 février 2020, la Région Normandie a présenté les futurs wagons du réseau ferroviaire régional, à Rouen (Seine-Maritime). Une nouveauté qui devrait « faire progresser nettement » la circulation et la régularité des trains par rapport à 2019 dans toute la Normandie, assure le président de Région Hervé Morin. Après tout, ce ne sont pas moins de « deux milliards d’euros qui ont été investis dans ce projet », rappelle l’élu. Il faut que l’investissement vaille le coût et il y croit : « Je suis allé à la rencontre des cheminots normands. Ils sont enthousiasmés par l’arrivée de ces nouvelles rames. Je crois que ça peut fonctionner et que ça va changer les choses », martèle l’ancien ministre de la Défense.

Lire aussi : EN IMAGES. L’Omnéo, nouveau train normand, se dévoile à Rouen

Et si même les Omnéo ne parvenaient pas à régler le problème ? Hervé Morin ne veut pas y croire :

Le matériel ferroviaire est à bout de course dans la région. Le nombre de pannes est encore important. Tout ça est lié aux vieux trains. Avec des trains neufs, ce sera forcément mieux. 

Des trains « trop vieux » en panne « trop souvent »

Même si le président de la Région « ne pointe pas du doigt les grévistes », il reconnaît que la mobilisation contre la réforme des retraites a engendré un « service de maintenance minimal » pour les locomotives, entraînant donc la suppression et l’indisponibilité de plusieurs lignes de manière récurrente. Les travaux, aussi, sur le réseau ferroviaire normand ont conduit à des « retards » et des « détours », reconnaît l’élu régional. Enfin, le point sur lequel il insiste, c’est la désuétude des wagons. Des trains « trop vieux » qui tombent en panne « trop souvent » et qu’il semble impératif de remplacer pour améliorer la situation et limiter la fréquence des pannes.

Les nouveaux trains ne vont « pas tout régler »

De son côté, Pierre Dumont, président de l’Union des usagers du Paris-Cherbourg (UDUPC) voit du bon dans l’arrivée des nouveaux Omnéo. Mais « ça ne va pas tout régler » prévient le représentant des usagers des lignes ferroviaires normandes. « C’est vrai que le matériel est à bout de souffle, les locomotives sont vieilles et cassent », mais il ne faut pas oublier les « infrastructures et les voies » qui sont, elles aussi, « à bout de souffle ». C’est ce qu’affiche aussi Karine Courteaud, présidente de l’Association de défense des usagers du rail Normand (ADURN). Elle rappelle notamment les travaux opérés en région parisienne, du côté de Mantes-la-Jolie, pour la construction de la ligne du RER E qui devraient durer « jusqu’en 2023/2024 » et qui retardent fortement les lignes normandes qui font le relais avec la capitale.

Les deux représentants des usagers ferroviaires normands pointent aussi du doigt « les grilles horaires » misent en place par la Région et qui sont loin de susciter l’enthousiasme chez les voyageurs. Pour Karine Courteaud, la demande est assez simple :

Ce qu’on demande, c’est de l’anticipation de la part de la Région et qu’on soit consultés, sérieusement, en amont. On n’est pas des ennemis, mais j’ai parfois l’impression que la Région nous prend comme tel

Une réponse de la SNCF prévue jeudi

Maintenant, Hervé Morin remet tout entre les mains de la SNCF. Jeudi 13 février, la compagnie ferroviaire devra proposer des « mesures transitoires  » pour assurer efficacement le trafic sur les lignes normandes avant l’arrivée des « trains neufs ». La moindre des choses pour le président de la Région, ce serait « d’annoncer à l’avance si un train n’est pas là ». Sentiment partagé par les représentants des usagers qui déplorent un « manque de communication » de la part de l’entreprise publique, les obligeant à « orienter et conseiller » eux-mêmes les usagers qui ne s’y retrouvent plus.


Comme on pouvait s'y attendre...

La colère d'Hervé Morin contre la SNCF

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https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/retards-pannes-manque-d-infos-le-president-de-region-herve-morin-tacle-la-sncf-en-normandie-NA16348995?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&mediego_ruuid=7a485b25-91fe-4bf6-96d4-cb6f39e3a672_1&mediego_campaign=20200211_news_actu&utm_content=20200211&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

Lien de cause à effet, manifestement : le point presse que devait organiser ce mardi SNCF Réseau – dans le but de présenter les travaux 2020 en Normandie – a été reporté à jeudi. Hervé Morin, président de la Région Normandie, est passé par là, avec un arrêt en gare dimanche à Rouen, se mettant trois heures autour de la table avec les dirigeants régionaux de la SNCF, histoire de faire le point, ou plutôt une mise au point. Dès lundi matin à Rouen, en séance plénière de la Région, il évoque « un service public ferroviaire dont on peut dire qu’il est absolument calamiteux depuis plusieurs semaines... Quand on n’est pas cheminot, ce qu’on constate tous les jours, c’est qu’il y a des trains qui ne marchent pas. Il y a une sorte d’implosion du système ».

Une communication déplorable de la SNCF

Certes, la direction de la SNCF n’est pas responsable de tout. « Nous payons à prix fort la plus longue grève de la SNCF depuis 1945. Elle a profondément désorganisé la maison, et la grève continue encore contrairement au discours officiel, observe Hervé Morin. Quand je dis cela, je ne suis pas en train de juger la grève d’ailleurs... Mais nous payons à prix fort une maintenance qui a été dégradée pendant la période des grèves et qui, aujourd’hui, nous conduit à avoir plus de pannes qu’hier ».

La même SNCF n’est pas exempte de reproche : « Nous payons à prix fort le sous-investissement sur le réseau ferroviaire depuis des décennies et nous payons enfin à prix fort du matériel complètement à bout de souffle, avec des locomotives dont certaines ont plus de cinquante ans d’âge ».

Hervé Morin trouve déplorable la communication de la SNCF.

« Quand on dit aux usagers, pour justifier l’annulation d’un train, que “les conditions techniques ne sont pas réunies”, c’est insupportable. Je réclame donc tout simplement que la SNCF parle franchement aux voyageurs, en leur indiquant ce qu’il en est réellement en cas de problème, en prenant les devants si elle sait que tel ou tel train ne partira pas ou n’aura pas la configuration prévue, comme elle sait très bien le faire les jours de grève. Là, il n’y a pas de surprise, et on ne prend pas les gens pour des idiots ».

Faut-il espérer malgré tout ? Hervé Morin affiche son optimisme.

« Je dis aujourd’hui aux dizaines de milliers de Normands qui galèrent sur les quais qu’ils vont progressivement voyager dans des trains neufs et non plus dans des rames pourries tirées par des locomotives qui tombent régulièrement en panne. Je dis aux dizaines de milliers de voyageurs normands que ces trains seront désormais entretenus à Sotteville-lès-Rouen, en Normandie, pour pouvoir échapper à l’embouteillage des centres de maintenance franciliens. Je dis enfin aux dizaines de milliers de voyageurs normands, qui se sentent mal informés, qu’ils disposeront d’ici un an d’un outil numérique nouveau capable de leur proposer en temps réel les meilleures solutions de transports, trains, cars ou covoiturage, d’un point à un autre de la Normandie ».

Le président de Région, en contact avec le constructeur des trains Omneo, Bombardier, sait que les mouvements de grève ont également affecté les ateliers nordistes, avec globalement un mois de retard sur la livraison des matériels. « Mais à partir de mai, au gré des livraisons chaque mois, on aura sept à huit rames Omneo en service, sur les quarante commandées », rassure Hervé Morin.

Sauf que ces rames se heurteront au nœud mantois, ce goulet d’étranglement incontournable, rencontre des trains normands et franciliens. « Pas d’amélioration en vue avant 2024, reconnaît le président, le temps que les travaux sur les lignes, notamment pour Éole, soit réalisés ». Le projet Éole transformera l’actuelle ligne J5 (Mantes-la-Jolie–Paris via Poissy) en nouveau RER E permettant de se déplacer d’est en ouest avec beaucoup plus de facilité. Une fois terminée, cette ligne doit libérer Mantes, grâce notamment à un viaduc.