Cela faisait longtemps que les Normands attendaient... Depuis la fin des années 1990 qui ont vu les derniers turbotrains circuler sur les grandes lignes normandes (notamment le Paris-Cherbourg qui n'était toujours pas électrifié sur sa totalité), il n'y avait plus en Normandie de matériel roulant neuf ou innovant. Pis! La Normandie ferroviaire était même devenue la maison de retraite puis le cimetière de toutes les vieilles locos et vieilles voitures "Corail" qui ne circulaient plus autant ailleurs. Depuis le 2 juin 1996, date du dernier turbotrain ayant circulé sur la ligne Paris-Cherbourg, un enfer ferroviaire s'était installé en Normandie: à lui seul, il symbolisait le déclin du trou normand à l'Ouest de Paris entre Lille et l'Europe au Nord et la Bretagne à l'Ouest.

On vous propose, ci-après, deux vidéos issues des archives de l'INA pour se souvenir, non sans nostalgie, du Turbotrain "le métro de la province" (sic!) mis en service en 1970: avec une vitesse de pointe de 195km/h, le trajet Paris/Caen était parcouru en... 1h45 ! Avec 14 aller/retours par jour, le temps des "turboprofs" sévissant à l'université de Caen pouvait commencer!

https://www.ina.fr/video/CAC96023109

https://www.ina.fr/video/CAF97076014

"C'est la fin d'un cauchemar dont les Normands ne voyaient pas le bout. La qualité de service s'était dégradée d'année en année. L'État, qu'il penche à droite ou à gauche, s'est révélé incapable de gérer ces trains. La Normandie était en avance avec le turbotrain jusque dans les années 1970, l'essor du TGV nous a fait reculer"  Hervé Morin.

http://www.francesoir.fr/tendances-eco-france/normandie-la-region-fait-lacquisition-dune-quarantaine-de-trains

Symboliquement, il fallait bien que sur ce sujet la réunification de la Normandie démontre son intérêt: sans attendre la solution hypothétique d'une LPNP pour 2030, il fallait que le dossier de l'urgence ferroviaire fût le premier à être traité par Hervé Morin dès avril 2016 avec un accord historique conclu avec Manuel Valls, le premier ministre d'alors: un programme inédit de modernisation complète et de réorganisation profonde de la SNCF en Normandie a été validé se chiffrant à plus d'un milliard d'euros. Parmi les mesures prises: la mise au point et l'arrivée d'un matériel roulant tout neuf enfin adapté aux spécificités normandes. 40 rames du modèle Omnéo Bombardier pouvant atteindre la vitesse de 200km/h ont été commandées par la Normandie pour plus de 725 millions d'euros tandis qu'en parallèle un vaste chantier régional de modernisation des voies et des gares a été engagé pour plus de 500 millions d'euros.

Le déploiement des rames OMNEO a commencé en février 2020, il devrait durer un an pour équiper l'ensemble des grandes lignes normandes.

https://www.youtube.com/watch?v=O6_b-7o0qtU

https://www.youtube.com/watch?v=j1fd8P2xVpQ

https://www.ouest-france.fr/normandie/bayeux-14400/train-normand-une-premiere-halte-chahutee-pour-l-omneo-ce-samedi-en-gare-de-bayeux-6738873

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Train normand. Une première halte chahutée pour l’Omneo, ce samedi, en gare de Bayeux

Les membres de l’association les Dérailleurs ont profité de la venue du nouveau train normand pour interpeller la direction de la SCNF présente lors d’une halte à Bayeux (Calvados), ce samedi 15 février 2020. En cause : le nombre limité d’emplacements pour les vélos.

L’Omneo Premium a fait sa première halte en gare de Bayeux, ce samedi 15 février 2020, avec un peu de retard sur l’horaire prévu. La rame de 500 places pointe le bout de son nez vers 13 h 44 au lieu de 13 h 25. Quelques curieux sont venus apercevoir ce train flambant neuf qui circulera sur deux lignes normandes (Paris-Cherbourg et Paris-Le Havre), à partir de lundi. « Je suis impatiente de l’emprunter pour aller à Paris, explique une femme venue avec ses deux petits enfants. On n’en peut plus des vieux TER. »

Sur le quai, des élus de la ville et des membres de l’association les Dérailleurs sont aussi présents pour assister à l’événement. Ces derniers sont surtout préoccupés par le faible nombre d’emplacements destinés aux vélos. « Il passera de dix-huit sur les Corail actuels à trois pour les nouveaux Omneo, indique Marc Le Rochais, le responsable. Ce choix incompréhensible du Conseil régional est un mauvais coup pour l’écologie et le tourisme à vélo, contraire au développement des véloroutes et voies vertes porté par les collectivités y compris dans le Bessin. »

Jean-Philippe Dupont, directeur régional de la SNCF, les a rassurés sur plusieurs points : « Vingt-sept nouveaux trains seront mis en circulation d’ici à 2024, en plus des quarante Omneo, avec douze emplacements par rame. Et on fera passer une circulaire à nos contrôleurs pour qu’ils soient souples avec les cyclistes. » Autrement dit, si l’ensemble des crochets sont occupés, il sera possible d’emprunter le train avec son vélo.

Les soixante-cinq rames qui circulent actuellement sur les grandes lignes normandes ont, de toute façon, encore du temps devant elles. Les quarante Omneo Premium seront livrés mi-2021 et ne suffiront pas à remplacer toute la flotte. « Deux ou trois nouvelles rames seront livrées tous les mois », explique Philippe Lefèvre, directeur régional adjoint de la SNCF. Quant aux retards, ils devraient être moins nombreux. « Le niveau de fiabilité des nouvelles rames est beaucoup plus élevé que pour les anciennes. »