Didier Guillaume est né en 1959 à  Bourg-de-Péage dans la Drôme et le ministre de l'agriculture doit, semble-t-il, faire un effort pour s'imaginer la mer... la vraie: celle qui monte et qui descend entre nos côtes et celles de la "perfide Albion" qui ne fait rien comme tout le monde!

En effet, les Anglais ne font pas que rouler à gauche. Par exemple, en ce qui concerne la pêche, ils ne mangent pas le poisson de leurs côtes. Ils préfèrent manger du poisson importé qui vient de plus loin (comme le saumon norvégien ou canadien...) alors que les eaux britanniques sont restées poisonneuses et le sont de plus en plus avec le déplacement vers le Nord d'espèces fuyant le réchauffement des eaux marines... En conséquence, les pêcheurs britanniques débarquent leurs prises en... France, notamment à Boulogne-sur-Mer: autrement dit, les intérêts sont croisés!

Du côté normand, on a pris quelques initiatives sinon de l'avance dans la gestion d'un dossier qui doit être clos au 31 décembre 2020 pour éviter que la mer de Manche ne redevienne le théâtre de batailles navales entre pêcheurs. Dans ce cadre les urgences normandes sont doubles:

1) faciliter la négociation et un accord global sur les pêches entre la France et le Royaume-uni

2) négocier un accord de pêche normano-normand pour le cas particulier des îles anglo-normandes: sur ce dernier point, les choses avancent bien, sachant que l'objectif serait d'étendre les accords de la baie de Granville (2000) à la totalité des eaux concernées.

Enfin, il y a un enjeu de fond qui pourrait unir tous les pêcheurs des côtes de la Manche qu'ils soient du Nord, Normands, Bretons, Anglo-normands et... Anglais:

C'est que sur les côtes de la Manche, on continue de privilégier, toute proportion gardée, une pêche artisanale avec des TPE faisant travailler des navires petits ou relativement petits, avec, dans la plupart des cas (en tout cas du côté français) un soucis de préserver la ressource halieutique (avec des ouvertures et des fermetures selon un calendrier propre à chaque espèce pêchée).

Il faudrait donc défendre ce modèle de pêche de la Manche face à un modèle plus industriel, plus agressif qui prévaut en Belgique, aux Pays-bas, en Allemagne mais aussi sur les rives du golfe de Gascogne (Espagnols, Basques, Vendéens et Bretons): à l'heure où l'on s'inquiète de l'avenir de la ressource halieutique avec des espèces de poissons qui se font de plus en plus rares (on pensera, par exemple, au bar) voilà un sujet à mettre sur la table!

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https://www.greenpeace.fr/poitiers/greenpeace-a-la-rochelle-pour-promouvoir-la-peche-artisanale/


 

https://www.ouest-france.fr/normandie/peche-et-brexit-la-lettre-des-presidents-normand-et-breton-au-ministre-6744243

Pêche et Brexit. La lettre des présidents normand et breton au ministre

 

Hervé Morin, pour la Normandie, Xavier Bertrand, pour les Hauts-de-France, et Loïg Chesnais-Girard, pour la Bretagne, ont pris la plume, vendredi 14 février 2020. Dans un courrier à Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, ils s’inquiètent de l’impact du Brexit sur les pêcheurs

Les trois présidents de Région s’alarment, dans leur courrier daté du 14 février 2020 : « Il faut à tout prix éviter une bataille des pêcheurs. » Et de citer « la plupart des responsables politiques britanniques [qui] affirme leur volonté de « reprendre le contrôle » sur leurs eaux territoriales. La France doit leur répondre avec la même clarté : il n’y aura pas d’accès au marché de l’UE et de transformation du poisson pour les pêcheurs britanniques s’il n’y a pas d’accès des pêcheurs européens et français aux eaux britanniques ».

Les trois présidents des régions côtières préviennent : « Si aucun accord ne peut être obtenu, la France et l’Europe doivent mettre en place un fonds d’urgence pour venir en aide aux pêcheurs et à tous les travailleurs de l’industrie de la pêche qui seraient affectés. »

« Quasi-arrêt de mort »

En Normandie, Bretagne et dans les Hauts-de-France, « la majorité des prises sont faites dans les eaux britanniques. Interdire cet accès reviendrait à signer leur quasi-arrêt de mort [des pêcheurs] ». Les trois élus régionaux mettent aussi en garde sur d’éventuelles modifications de réglementation concernant « le maillage des filets de pêche ».

Ils en appellent au gouvernement pour « qu’il engage un dialogue constructif mais ferme avec nos partenaires britanniques sur cette question. Dans le même état d’esprit, nous demandons que la France intervienne au niveau européen pour défendre et plaider les intérêts de nos pêcheurs dans les négociations actuelles ».