A Fécamp vous avez, en même temps, la plus grande abbatiale bénédictine de Normandie (la Trinité de Fécamp est plus longue que la cathédrale NotrecDame de Paris) et le palais de la Bénédictine qu'il ne faut pas confondre comme le font certains touristes avec la grande abbaye bénédictine située en contre haut du port et de la ville de Fécamp.

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Il faut noter que les touristes connaissent souvent mieux la Bénédictine et son palais que l'abbatiale bénédictine située plus loin dans la ville et qui est rendue en partie inaccessible par l'absence d'un accès directe avec le port...

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Liqueur. La Bénédictine se savoure dans son écrin normand

Le Palais Bénédictine à Fécamp (Calvados) abrite encore aujourd'hui le seul lieu de production de la liqueur dont il porte le nom. Conçu pour être la vitrine du breuvage, son rayonnement est international. Reportage.

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Un remède à tous les maux

Le Palais Bénédictine est un lieu qui tient autant du musée que de l'usine. C'est ainsi que l'avait pensé son fondateur, Alexandre Le Grand, négociant en vin fécampois, lors de sa construction à la fin du XIXesiècle.

L'histoire de la Bénédictine est pourtant bien plus ancienne encore, puisqu'elle remonterait à 1510, lorsque Dom Bernardo Vincelli, moine bénédictin de l'abbaye de Fécamp et alchimiste, aurait conçu la boisson, comme un élixir de santé censé atteindre la panacée: le remède à tous les maux. Lire aussi : Liqueurs. Chez Giffard, macération et infusion ont la pêche

« Le breuvage aurait été goûté et particulièrement apprécié du roi François 1er en visite dans la région, indique Julie Leseurre, la guide. Secrètement conservée par les moines de l'abbaye qui en assurent la production, la recette de l'élixir fut perdue pendant la Révolution française. »

Ce n'est qu'en 1863 qu'Alexandre Le Grand recrée la boisson à partir des indications retrouvées dans un vieux grimoire du XVIesiècle sauvé des feux de 1789 et miraculeusement retrouvé dans sa bibliothèque familiale. Il lui fallut près d'un an pour déchiffrer la recette et parvenir au résultat final.

En tout: 27 ingrédients parmi lesquels l'hysope, l'angélique, la cannelle, le thym ou l'écorce de citron, deux ans de production, dont plus d'un an de vieillissement en fût de chêne. La Bénédictine était née. Sa recette reste jusqu'aujourd'hui inchangée.

Précurseur du marketing

C'est du moins la légende que cultive la maison. Ce que l'on sait avec certitude, c'est qu'Alexandre Le Grand était un précurseur de ce que l'on appelle aujourd'hui le marketing. Les premières publicités pour de l'alcool dans les journaux, c'est lui! Doté d'un sens de la communication particulièrement aiguisé, il ne se refusait aucune excentricité pour faire parler de lui. Le Palais Bénédictine est certainement la plus remarquable de toutes. « On pourrait croire que le Palais est plus ancien, concède Julie Leseurre, mais il date bien de 1898. Son style néo-gothique, néo-renaissance et gothique flamboyant était très à la mode à cette époque. »

Conçu dès sa création comme une « usine-musée », le Palais regorge de références à la liqueur des moines: des vitraux aux plafonds, en passant par le mobilier et les sculptures, le lieu tout entier conte l'histoire de la Bénédictine et de ses origines. Lire aussi : Spiritueux. L'Italien Campari avale Grand Marnier

Afin d'y attirer de nombreux visiteurs qui pourraient en ressortir avec une bouteille, Alexandre Le Grand y a installé dès son inauguration ses nombreuses collections privées. Pour beaucoup: des objets d'art sacré provenant de l'abbaye de Fécamp mais aussi l'une des plus importantes collections de ferronnerie d'Europe, des ivoires, des peintures et des pièces uniques telles que des documents signés de Robert II de Normandie, fils de Guillaume le Conquérant ou de Saint-Louis.

Aujourd'hui, le lieu accueille également des oeuvres d'art contemporaines disposées dans une salle d'exposition spécialement aménagée. Des visites de l'espace distillerie sont également proposées au public, le Palais Bénédictine étant encore l'unique lieu de production de sa liqueur.

Deux ateliers pour assortir goûts et parfums

Organisée par le syndicat français des liqueurs, la 7e édition du Printemps des liqueurs a lieu ce samedi dans toute la France. L'occasion pour certains producteurs d'ouvrir leurs portes au public. En Normandie, c'est le Palais Bénédictine qui a la charge de représenter la région et de faire découvrir son activité de liquoriste.

Étant donné que le lieu est d'ores et déjà ouvert toute l'année aux visites, il a été décidé d'y organiser deux ateliers de découverte centrés sur le processus d'élaboration du digestif.

De 14 h 30 à 17 h, en accès libre au bar de dégustation du musée, Marc Jean, expert renommé et chef barman du Normandy Barrière à Deauville, viendra présenter les différentes manières de composer un cocktail à partir de Bénédictine. « Il faut savoir que depuis le début et dans le monde entier, la Bénédictine a été consommée par mélange avec d'autres boissons, indique Olivier Girot, organisateur de l'événement au Palais. New-York, Singapour, Londres et Paris avaient toutes leurs recettes différentes. »

De multiples combinaisons envisageables seront ainsi décryptées pour apprendre à créer un cocktail à base de la liqueur des moines, que ce soit à partir de pamplemousse, de prosecco, de tonic et même de café.

Un deuxième atelier, centré sur le parfum de la Bénédictine, est programmé en trois sessions tout au long de la journée : à 11 h, 14 h et 16 h, sur inscriptions, les places étant limitées. Corinne Marie-Tosello, formatrice en olfaction chez Fragonard Parfumeur à Grasse viendra initier le public à la mémorisation des odeurs en faisant le parallèle entre la création d'un parfum et celle de la liqueur. Cet atelier est inclus sans supplément à l'achat d'une visite non guidée du Palais.