Nous remercions l'un de nos fidèles lecteurs pour nous avoir déniché cet article, à lire ci-après, du magazine Capital qui pourrait aussi s'intituler: la fusion régionale pour les Nuls!

A commencer par les crétins de haut-fonctionnaires jacobins qui sont face à l'idée de région comme des poules devant une brosse- à- dents en confondant le fond et la forme, le contenant et le contenu, le quantitatif et le qualitatif, l'espace et le projet, la carte et le territoire!

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Les cinq zones géographiques téléphoniques dans la France métropolitaine: un idéal régional qui ne ravira que les crétins jacobins qui ne veulent rien savoir sur l'idée régionale...

L'économiste Laurent Davezies, l'économiste spécialisé dans la circulation des richesses sur le territoire affirmait non sans raison que l'idée de région n'a jamais été prise au sérieux en France et ne fait pas l'objet de recherches scientifiques suffisamment approfondies ce qui est faux d'ailleurs car l'école française de géographie régionale existe bel et bien mais elle reste ignorée par le logiciel jacobino-parisien de la politique et des médias puisqu'entre le chien écrasé du trottoir local et la quéquette nationale d'un ex candidat à la mairie de Paris, demeure un vaste angle mort qui correspond pourtant au pays réel en tant que tel car ce sont dans les "collectivités territoriales" ou les "territoires", "en régions" (pour ne plus dire "en province"...) que se prennent, pourtant, la plupart des décisions qui organisent et encadrent notre vie quotidienne concrète...

Tant que le "national" sera confondu avec le "parisien" il en sera, hélas, ainsi!

Au moment de la déroutante réforme régionale par fusion générale décrétée sur un coin de table d'un boudoir de l'Elysée entre MM. Valls et Hollande à la fin de l'année 2014, dans le but d'échapper à la menace de sanctions financières émises par la Commission européenne qui reprochait à l'Etat français son incapacité de faire des "réformes structurelles" et de réduire sous la fameuse barre des 3% de PIB le déficit public, la crise intellectuelle sur l'idée de région a atteint son point critique qui est celui de prendre de très mauvaises décisions avec, cependant, un effet paradoxal que nous connaissons bien ici en tant que belle exception qui confirme la triste règle générale:

Les imbéciles aveuglés par leur idéologie jacobine et les idiots qui continuent (y compris sur ce site) de les suivre ont littéralement massacré la géographie régionale française dont la géo-histoire avait pu être préservée depuis 1790 dans le découpage territorial départemental: pour de médiocres raisons de conflit de personnes entre barons régionaux socialistes, la réforme régionale qui devait descendre au niveau départemental pour redessiner des régions enfin plus cohérentes et plus respectueuses des réalités de la géo-histoire séculaire française, s'est faite dans la facilité d'une fusion entre régions adjacentes en prenant le cas d'école de la réunification normande et une soi-disant "taille européenne" comme prétextes pour mieux abuser les journalistes parisiens et l'opinion publique générale découvrant, ahuris, l'existence d'un nouveau continent politico-médiatique: la question régionale...

Conséquence: un massacre générale de la géographie régionale française pour ne réussir qu'une seule région... La nôtre!

Pour ceux qui penseraient encore que la "Normandie est une trop petite région folklorique" (Marommix pour ne pas le nommer...) alors qu'il s'agit, désormais et hélas, de la seule vraie région de France avec coïncidence parfaite entre la région politique et administrative et la province géo-historique millénaire, on lira, donc, ce réquisitoire contre le naufrage  du grand machin néo-régional "Grand Est"...

https://www.capital.fr/economie-politique/gaspillage-la-fusion-des-trois-regions-du-grand-est-entraine-de-folles-depenses-1358460

Gaspillage : la fusion des trois régions du Grand Est entraîne de folles dépenses

La fusion de l'Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne devait entraîner des économies. Pour le moment, ce sont les coûts qui s'envolent.

Près de 3 millions d’euros pour un hôtel particulier dans le très chic et très cher quartier de Saint-Germain-des-Prés. C’est la somme rondelette que la région Grand Est vient de débourser afin de s’offrir une "ambassade" à Paris. Il fallait au moins ça pour signifier au reste du monde que la nouvelle région, issue de la fusion de la Champagne-Ardenne, de la Lorraine et de l’Alsace, existe bien. Tous ceux qui redoutaient une dérive des coûts liés à ce big bang verront dans cette dépense somptuaire une confirmation de leurs craintes. Les autres doivent simplement se demander, comme cet internaute sur le site du journal des "Dernières Nouvelles d’Alsace", "si les très beaux espaces de travail de la Maison de l’Alsace située sur les Champs-Elysées n’étaient pas assez prestigieux".


Pas avares de promesses, les deux présidents successifs du conseil régional, Philippe Richert (jusqu’en 2017 ) et aujourd’hui Jean Rottner, avaient pourtant juré à leurs électeurs que ce mariage voulu par l’Etat en 2016 engendrerait 1 milliard d’économies d’ici à 2022. Et ce grâce à la mutualisation des achats, à la rationalisation des effectifs et des charges immobilières. En réalité, trois ans après la fusion, les compteurs s’affolent. Motifs ? Postes en doublon, hausse des frais de déplacement, harmonisation par le haut des salaires des fonctionnaires et des élus… "Les dépenses de fonctionnement ont fait un bond de 22,8% entre 2016 et 2018", critique ainsi le Club Perspectives alsaciennes, un think tank local, assez hostile à la fusion.

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Bâtiments en doublons, frais de personnel en hausse... les dérives de la fusion

Les postes qui ont le plus dérapé ? Les frais généraux et de personnel. L’envolée des frais généraux s’explique d’abord par la dispersion des centres de décision. Aucun élu n’a voulu se lancer dans une rationalisation sûrement jugée dangereuse électoralement. Au nom de la proximité des élus avec les citoyens, il a donc été décidé de conserver… les trois anciens hôtels de région. Résultat ? Celui de Strasbourg accueille les réunions de la commission permanente du Conseil régional et les commissions thématiques, sauf… celle des finances, qui se réunit, elle, à Châlons-en-Champagne. Pour faire bonne mesure, les séances plénières se tiennent à Metz. Ce compromis baroque ménage les susceptibilités des élus et assure une meilleure répartition des emplois. Mais évidemment les frais liés à ce choix (et notamment ceux des transports), ont explosé : +51% en 2017 par rapport à 2015, à 3,2 millions d’euros selon le Club Perspectives alsaciennes. "A cela s’ajoute le coût caché bien plus important encore, correspondant au temps perdu dans les déplacements entre ces trois sites", analyse Jean-Philippe Atzenhoffer, enseignant en économie à l’Iseg de Strasbourg. Le déploiement récent de 12 agences territoriales pour assurer une meilleure proximité pourrait encore alourdir les frais immobiliers.


L’impact de la fusion a été encore plus fort en matière de rémunération des personnels. Pour des raisons d’équité et de préservation de la paix sociale, la nouvelle région a choisi l’alignement sur les dispositions les plus favorables des anciennes régions pour ses 7.400 agents titulaires ou contractuels. L’écart de rémunération d’un agent de lycée pouvait aller jusqu’à 70% entre la Lorraine et l’Alsace ! Evidemment, les dépenses indemnitaires dans le Grand Est ont décollé. La hausse a atteint 28,3% entre 2017 et 2018, battant le record des régions fusionnées en France (la moyenne s’établit à 11,9%) selon un rapport de la Cour des comptes publié fin septembre. Au total, cela représente une dépense supplémentaire de 18 millions d’euros par an. Seuls les cadres dirigeants récemment promus ou embauchés pourraient trouver motif à se plaindre, du fait de l’instauration d’un nouveau régime de primes légèrement moins favorable. Au total, la progression de la masse salariale s’est donc accélérée.

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On attendait cependant de la fusion qu’elle génère des gains de productivité découlant d’une mutualisation des ressources humaines qui aurait pu permettre de ne pas renouveler tous les départs en retraite. Cela, c’est la théorie. Car, dans la pratique, "le nombre de fonctionnaires locaux a encore augmenté de 2% en 2016-2017. La région pourrait résorber plus vite les doublons résultant de la fusion en gelant les embauches", pointe Agnès Verdier-Molinié, de l’Ifrap. Pour sa défense, le Grand Est peut arguer qu’il a récupéré des compétences nouvelles dans les transports publics, ce qui peut justifier d’étoffer ses effectifs. Que plus de 60% des agents sont affectés à la restauration, à l’entretien et au nettoyage des lycées dispersés sur son territoire, ce qui complique la mutualisation.

Lutter contre l'absentéisme des agents

L’absentéisme, autre point noir traditionnel des collectivités territoriales, n’arrange rien. Sur ce critère, le Grand Est ne fait pas mieux qu’avant, et reste dans la (médiocre) moyenne : 31,3 jours d’absence par agent en 2016, contre seulement 23,2 pour la Bretagne, bon élève en matière de gestion des ressources humaines. Il se singularise cependant par l’ampleur de l’écart entre titulaires (36,6 jours d’absence) et contractuels (8,7). La région gagnerait à "mieux motiver ses agents et à externaliser certaines fonctions techniques des lycées", recommande l’Ifrap. Une prime de présentéisme de 200 euros a été mise en place. Un beau chantier pour la direction des ressources humaines, mais ce n’est pas le seul : "Les agents qui reviennent de maladie doivent patienter plusieurs mois, parfois jusqu’à un an, avant de retrouver un poste", remarque Pascal Koehler, secrétaire général CGT du conseil régional.

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Quelles économies réalisées ?

Au chapitre des économies réalisées, le Grand Est plaide les gains obtenus auprès de la SNCF. La renégociation des conventions TER qui liaient celle-ci aux trois ex-régions s’est traduite par une facture ferroviaire réduite de 10 millions d’euros et la mise en place de trains supplémentaires. La région met également en avant une baisse des indemnités des élus (de 1,5 million), une économie de 664.000 euros liée à la baisse du nombre des membres du conseil économique, social et environnemental régional, une diminution des primes d'assurances sur les biens (-1 million), une diminution des loyers (2 millions par an), et annonce que la flotte de véhicules du conseil régional va rouler au bioéthanol, ce qui devrait entraîner "une baisse du budget carburant d'au moins 35%". Mais faites l'addition, cela ne compense pas encore les hausses de salaires...

Et les investissements ? Ils ont pâti, semble-t-il, de la fusion. "Alors que la région promettait de porter à 850 millions d'euros son budget d’investissement pour 2018, il a été ramené à 808,5 millions d'euros», regrette Jean-Philippe Atzenhoffer. Pendant ce temps, à périmètre égal de compétences, la dépense par habitant et par an a progressé de +15% à 331 euros en 2017, c'est-à-dire plus que la moyenne en métropole (+11% à 293 euros) selon l’Ifrap. Autant dire que tout le monde rêve de voir la prophétie du milliard d’économies s'accomplir !

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L’Alsace : vers la sécession ?

Obsédé par l’exemple des grands et puissants Länder allemands (alors même qu’il en existe de petits), l’Etat jacobin a imposé ce modèle en métropole en ignorant les réalités culturelles, géographiques et économiques des territoires. L’Alsace a ressenti cette intégration comme un coup porté à sa singularité et s’estime noyée dans un Grand Est plus grand que la Belgique. Du coup, ses élus manœuvrent pour qu'elle retrouve de la visibilité et son identité. La fusion des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin étant désormais actée, l’Etat lui a concédé un statut taillé sur mesure de "collectivité européenne", qui va lui donner des compétences supplémentaires spécifiques, dans le transfrontalier, les axes routiers majeurs et le tourisme. Reste à savoir si… l’Alsace ne va pas faire progressivement sécession pour reformer une région à part entière. Avec tous les coûts afférents à une nouvelle réorganisation. Selon un sondage datant de février dernier, 85% des Alsaciens sont pour un référendum sur la sortie de l’Alsace du Grand Est, et 66% se prononcent déjà pour le divorce…

Frédéric BRILLET 24/12/19