Dimanche 1er mars 2020, les gilets jaunes de toute la Normandie et de la Bretagne étaient appelés à converger à partir de 11h30 au niveau de l'accueil des parkings et des navettes. Deux à trois cents gilets jaunes, selon les diverses sources médiatiques, ont répondu à cet appel pour une marche collective vers le Mont-Saint-Michel qui s'est déroulée sans incident.

On s'attachera aux symboles: les Gilets Jaunes présents ont, semble-t-il, eu la lucidité nécessaire pour les maîtriser et être à la hauteur de l'esprit des lieux. En effet, les pavois normands et bretons (mais aussi malouins) étaient de mise et dans la bonne humeur, Gilets Jaunes Normands et Bretons ont convergé vers le Mont retrouvant ainsi sa vocation d'être le plus ancien monument de l'unité nationale française: en effet, la résistance d'un Mont-Saint-Michel qui ne fut jamais pris par les Anglais pendant toute la Guerre de Cent ans en a fait un symbole très fort au point que Jeanne d'Arc, si elle n'avait pas été trahie, capturée, vendue aux Anglais, jugée et brûlée à Rouen en mai 1431, aurait souhaité finir sa mission libératrice au Mont-Saint-Michel.

https://www.patrimoine-normand.com/article-128116-resistance-des-chevaliers-du-mo.html

Le-Mont-Saint-Michel--Les-Tres-riches-heures-du-duc-de-Berry--XIVe

Que le Mont-Saint-Michel, haut-lieu de l'histoire politique, culturelle et spirituelle de la Normandie, retrouve dans les circonstances de notre époque son vieux rôle de monument national français ne saurait laisser indifférent...

La galerie photo suivante en dira plus que certains commentaires:

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Voir aussi cette analyse:

https://www.tendanceouest.com/actualite-348255-caen-le-philosophe-normand-michel-onfray-decrypte-la-revolte-des-gilets-jaunes.html

Et dans la presse régionale:

Ouest-France (Caen, 02/03/20), l'image du jour:

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Paris-Normandie (03/02/20) nous propose l'analyse suivante (Thomas Dubois):

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/reforme-des-retraites-de-manifester-contre-le-49-3-ca-ravive-la-colere-en-normandie-EG16453869?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&mediego_ruuid=354aa90f-6727-42b0-870a-d1be1a54ef47_0&mediego_campaign=20200303_news_actu&utm_content=20200303&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

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Réforme des retraites. De manifester contre le 49-3,

« ça ravive la colère » en Normandie

Social. Des manifestations et rassemblements étaient organisés lundi 2 février au soir dans la région, en réaction à l’annonce surprise d’Édouard Philippe. Les opposants à la réforme des retraites veulent croire que la stratégie du gouvernement peut relancer la contestation.

Dieppe, Évreux, Rouen, Le Havre... Conformément à l’appel lancé par l’intersyndicale nationale, des rassemblements se sont tenus dès lundi 2 février en fin de journée, dans la région, pour dénoncer le recours au 49-3 par le gouvernement pour faire passer sa réforme des retraites. Avec parfois de bonnes surprises pour les organisateurs : ainsi à Rouen, un bon millier de personnes a répondu à l’appel pourtant « lancé à l’arrache, par des SMS et les réseaux sociaux », dixit un cadre de la CGT. Au final, le cortège formé devant l’hôtel de ville s’est élancé jusqu’à la préfecture.

Obtenir le retrait de la réforme

« Ça ravive la colère », assure David Lecomte, secrétaire départemental du syndicat Force ouvrière dans l’Eure, malgré une mobilisation cette fois-ci beaucoup plus faible : une centaine de manifestants réunie devant la préfecture à Évreux. Mais « l’objectif n’a pas changé : obtenir le retrait de cette réforme », persiste le responsable syndical. Une nouvelle manifestation est à nouveau annoncée en fin d’après-midi aujourd’hui, dans la capitale euroise.

À Dieppe, rendez-vous est donné ce matin devant la sous-préfecture : là même où ils étaient déjà plus de deux cents - militants syndicaux, élus, candidats aux municipales, citoyens - réunis lundi soir.

Une manifestation est prévue par ailleurs mardi cet après-midi à Paris, de République à Concorde, alors que doivent être débattues à l’Assemblée nationale deux motions de censure séparées de l’opposition, déposées dès l’annonce samedi par Édouard Philippe du recours au 49-3. Cet article de la Constitution permet au Premier ministre, candidat à la mairie du Havre, d’engager la responsabilité du gouvernement devant les députés sur la réforme des retraites, pour la faire adopter sans vote. Mais compte tenu de la majorité donc dispose le Premier ministre, les deux motions de censure n’ont aucune chance de faire tomber le gouvernement.

Déjà très critiques samedi, les syndicats ont continué lundi à dénoncer cette procédure du 49-3, qui « démontre », selon l’intersyndicale nationale, « l’impuissance du gouvernement à répondre aux interrogations sérieuses et légitimes des parlementaires à propos de ce projet incomplet, très approximatif, aux multiples inconnues ». Pour autant, exténuée par dix journées interprofessionnelles, cette intersyndicale n’a pas convenu d’un nouvel appel interprofessionnel national mardi. « On a été réalistes, ça aurait été impossible en termes de dépôt des préavis de grève », a expliqué Éric Beynel, porte-parole de Solidaires.

Localement, la décision de manifester mardi n’a pas été adoptée par tous. Mais d’autres actions sont à prévoir dans les jours qui viennent : peut-être jeudi, à Rouen, mais aussi « autour de la journée du 8 mars pour les droits des femmes », souffle David Lecomte à Évreux... Une chose est sûre : la grande journée d’action du 31 mars, déjà prévue avant l’annonce du 49-3, reste « plus que jamais d’actualité » selon le représentant FO.

« Renvoyer Édouard Philippe dans ses pénates »

Remobiliser des grévistes qui, pour certains, ont perdu gros financièrement depuis le 5 décembre : la tâche ne sera pas aisée, concède Pascal Morel, secrétaire de l’union départementale CGT de Seine-Maritime.

La journée du 31 mars « doit être très grosse », confiait lundi à Paris-Normandie Laurent Brun, secrétaire général du syndicat CGT des cheminots, présent au Havre. « On se donne le temps de la préparation comme on s’était donné du temps avant celle du 5 décembre. » Aux deux cents manifestants ayant défilé lundi soir dans la cité portuaire, Laurent Brun a lancé un appel encore plus explicite : « Vous avez une responsabilité à l’occasion des élections municipales, renvoyer Édouard Philippe dans ses pénates ».


 Commentaire de Florestan:

Il serait intellectuellement malhonnête de nier l'actuelle réalité sociale normande qui est très tendue et de ne pas essayer d'en rechercher les causes alors qu'on en déplore les conséquences comme, par exemple, le vandalisme inacceptable des permanences électorales de certains candidats aux élections municipales à Caen, à Rouen et au Havre!

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/le-havre-rouen-caen-des-permanences-politiques-prises-pour-cible-depuis-l-annonce-du-49-3-CG16454035?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&mediego_ruuid=354aa90f-6727-42b0-870a-d1be1a54ef47_1&mediego_campaign=20200303_news_actu&utm_content=20200303&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

Le Havre, Rouen, Caen : des permanences politiques prises pour cible depuis l’annonce du 49-3

Le recours au 49-3 a mis le feu aux poudres et les opposants s’en prennent aux permanences des candidats soutenus par La République en marche. Après celles d’Edouard Philippe au Havre et de Jean-Louis Louvel à Rouen, c’est la permanence du maire sortant de Caen, Joël Bruneau (LR), qui a été vandalisée.

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D’ordinaire calme, Joël Bruneau est en colère. Dimanche, lors de la manifestation dans les rues de Caen organisée pour protester contre l’utilisation de l’article 49-3 dans le cadre de la réforme des retraites, sa permanence de campagne a été saccagée. Située en plein centre-ville, elle a été prise pour cible par un petit groupe d’opposants, la plupart cagoulés, au texte gouvernemental : vitrine cassée, mobilier renversé et étagères vidées. La veille déjà, des œufs avaient été lancés sur le local lors d’un défilé improvisé.

Au Havre, dès samedi soir, c’est la permanence de campagne du Premier ministre, Edouard Philippe, qui avait été vandalisée. À Rouen, le local du candidat Jean-Louis Louvel (actionnaire de Paris-Normandie), soutenu par la LREM, a été légèrement détérioré au cours du week-end.

« Halte à l’escalade de la violence contre la démocratie », lançait hier Joël Bruneau, maire LR de Caen et candidat à sa propre succession. Ce n’est pas la première fois que des actes contre le maire se déroulent. Dans les derniers mois, l’inauguration des travaux de la place de la République, deux réunions de vœux ou encore un meeting de campagne ont été empêchés ou perturbés. « Là, nous franchissons un palier. Et heureusement que la personne qui était là s’est sauvée juste à temps... », constate l’élu.