Face à cette crise sanitaire particulièrement violente et soudaine dans ses effets comme dans son étendue qui lui donne un aspect agressif qui oblige à une réponse organisée, volontaire, massive quasi militaire, il faut mettre en oeuvre une union de toutes les forces et de tous les acteurs pour que les solutions soient à la hauteur de la menace. En laissant de côté vieilles querelles et lancinantes rivalités pour ne considérer que le service de l'intérêt national et de l'intérêt général normand.

C'est ainsi qu'un Etat central encore tenté, il y a peu, par une reprise en mains jacobine de la décentralisation et une région Normandie tentée, il y a peu, par une aventure girondine plus affirmée, ont réussi à s'entendre pour répondre à l'urgence qui est de sauver les entreprises normandes: leurs salariés, leurs compétences, leurs savoir-faire, leurs machines, leurs brevets, leurs marchés. Car il en va de l'emploi de la plupart des Normands dans une région où les entreprises industrielles continuent de jouer un rôle important.

A l'occasion de cette épreuve extraordinaire, il est heureux que certains crânes d'oeufs tant à Paris qu'à Bruxelles redécouvrent enfin certaines évidences telle que l'idée d'intelligence économique ou de souveraineté industrielle ou entrepreneuriale, évidences mises en pratique à titre expérimental et non sans succès en Normandie depuis sa réunification.

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Pour une fois, il y a donc une convergence de vue parfaite et totale entre le président de la Normandie, Hervé Morin et le préfet de la Normandie, Pierre-André Durand: peut-être aussi parce qu'au niveau gouvernemental, MM. Philippe et Macron ont été convaincus que l'exemple normand d'une politique régionale d'intelligence économique dans le but d'affirmer la souveraineté des entreprises normandes était la bonne solution et qu'il fallait la généraliser à toute la France...


 

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-pour-faire-face-la-crise-des-aides-pour-les-entreprises-normandes-6789547

Coronavirus. Pour faire face à la crise, des aides pour les entreprises normandes

La direction régionale des finances publiques et la Région Normandie « sont mobilisées pour soutenir l’économie et les entreprises ». Parmi ces mesures : une aide de 1 500 € à 2 000 €, le report ou l’étalement des charges, une aide à la trésorerie

27 000 salariés en chômage partiel

À la date du vendredi 20 mars, en Normandie, 1 082 entreprises avaient déposé une demande d’indemnisation de chômage partiel pour 27 000 salariés et 10 millions d’heures. Les salariés au chômage touchent 70 % de leur salaire brut et 84 % de leur salaire net, payés par l’État. « Le volume de demandes explose. Il y a eu de très rares refus » , indique Philippe Lagrange, directeur adjoint de la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) de Normandie. « On ne peut pas seulement indiquer Covid comme justification. Nous rappelons pour des compléments d’informations et documents supplémentaires. »

Une aide de 1 500 €

Une aide de 1 500 € est accordée aux entreprises de moins de dix salariés, dont le chiffre d’affaires est inférieur à un million d’euros, si elles ont fait l’objet d’une interdiction administrative d’accueil du public entre le 1er et le 31 mars ou si leur perte de chiffre d’affaires est supérieure à 70 % par rapport à l’année précédente.

Avec le concours de la Région, cette aide est portée à 2 000 € lorsqu’elles emploient au moins un salarié, qu’elles se trouvent dans l’impossibilité de régler leurs créances à trente jours et qu’elles se sont vues refuser un prêt de trésorerie par leur banque.

Mobilisation

« La mobilisation de l’ensemble des acteurs : impôts, Urssaf, Direccte… pour soutenir l’économie et les entreprises est totale. Dans chaque département, des réunions de suivi et de veille ont été organisées avec les services de l’État et le monde de l’entreprise. Beaucoup d’initiatives ont été prises, assure Fabienne Dufay, directrice régionale des finances publiques en Normandie. Les dispositifs d’aides aux entreprises sont disponibles et actualisés en permanence sur nos sites economie.gouv.fr et impots.gouv.fr urssaf.recouv/portail/sites/urssaf/home/actualites/foire-aux-questions.html

Report ou étalement

Parmi les principales mesures : les entreprises peuvent demander un report de trois mois sans justificatif et sans pénalité ou un étalement de leurs échéances fiscales pour leurs impôts directs et impôt sur les sociétés, taxes sur les salaires ; pour les situations plus difficiles, une remise des impôts indirects (TVA). 4 396 entreprises ont demandé un report ou délai. Au total, plus de 8 000 entreprises sur quelque 54 000 concernées, ont bénéficié d’un report de paiement ou ont pu minorer le paiement des cotisations dues.

Les concours de trésorerie représentés par ces dispositifs ont totalisé 170 millions d’euros sur l’échéance de mars.Pour les indépendants (commercial, non commercial, agricole…) et autoentrepreneurs, il y a la possibilité de moduler à la baisse le taux du prélèvement à la source et de reporter les acomptes ou les supprimer, d’obtenir un remboursement des crédits de TVA…24 983 indépendants ont bénéficié d’un report du prélèvement du 20 mars, totalisant près de 46 millions d’euros. 283 indépendants ont demandé le bénéfice de l’action sociale.

« À chaque fois, les démarches sont simples sur nos sites et auprès de nos services pour un traitement le plus rapide possible », fait valoir Fabienne Dufay.

Collectivités locales

Les finances publiques assurent également un suivi auprès des collectivités locales (Région, Département, intercommunalités, communes…) pour assurer les paiements des fournisseurs.

Une aide à la trésorerie de la Région

De son côté, la Région apporte 29 millions d’euros d’aides aux entreprises normandes à partir de la semaine prochaine sous forme d’un prêt « Covid 19-trésorerie » : une aide à la trésorerie en contrepartie d’un prêt bancaire sur quatre ans avec remboursement différé d’un an et un fonds régional de garantie via BPI, à hauteur de 90 % (dans la limite de 714 000 €) du financement d’un prêt de trois à sept ans sollicité auprès des banques.