On craint d'avoir à penser que l'économie culturelle n'est pas prioritaire dans les arbitrages de l'urgence sanitaire imposés par le gouvernement.

Comme on pouvait s'y attendre, le ministère dirigé par l'ancien maire de Couloummiers pèse d'un poids relatif face à la forteresse de Bercy et sa légion d'inspecteurs des finances qui ont, semble-t-il,  d'autres priorités idéologiques que la culture.

Sauf que le secteur culturel avec tous ses effets induits notamment pour dynamiser l'économie locale pèse autant dans le PIB français que la seule industrie automobile ou aéronautique: la saison estivale des grands festivals s'effondre sous nos yeux tel un château de cartes. On apprend, par ailleurs, que les salariés de la culture du fait de la complexité des statuts et des situations ne pourront pas bénéficier ni du chômage partiel ni du chômage technique et les quelques millions provisionnés par le ministère pour sauver les intermittants du spectacle vivant ne vont manifestement pas suffire!

Dans le secteur culturel où derrière quelques grosses structures institutionnelles et festivalières largement subventionnées par les tutelles publiques se cache la forêt d'une myriade de petits acteurs indépendants qui relèvent de l'artisanat, on angoisse: l'après crise sanitaire risque d'être sanglante malgré le soutien rassurant donné par la plupart des collectivités territoriales. La région Normandie n'a pas failli en renouvelant, comme si de rien n'était, toutes les conventions de subvention dont elle a pu avoir la connaissance.

Mais cela ne suffira pas. Certaines voix s'élèvent pour réclamer une "année blanche" pour 2020, c'est-à-dire que s'il n'y a pas de chiffre d'affaires il ne doit pas y avoir de charges.

En Normandie, le conseil régional réfléchit à cette éventualité et à la façon dont elle pourrait être accompagnée car c'est l'existence même du tissu culturel normand dans ce qu'il a de plus qualitatif, original et authentique qui est enjeu, à l'instar de ce que l'on peut observer non sans inquiétude avec d'autres filières artisanales qualitatives notamment dans l'agro-alimentaire et la pêche.

Outre le spectacle vivant qui risque d'être bien mort cette année il y a le secteur de la librairie indépendante qui est resté très important dans nos centre-villes normands comme nous l'avions déjà montré ici même dans un billet précédent.

Sauf qu'en raison des arbitrages jacobins et aveugles du gouvernement, la fermeture des librairies considérées comme "commerces non essentiels" depuis un mois désormais risque de provoquer des situations financières catastrophiques chez ces artisans indépendants:

Certains libraires normands tirent d'ailleurs la sonnette d'alarme.

Par exemple à Caen, la librairie PUBLICA, située rue Saint-Jean et spécialisée dans la spiritualité chrétienne, lance le SOS suivant:

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Chers amis de la librairie PUBLICA,

Malgré le confinement et l'impossibilité de nous retrouver, nous tenons à vous rejoindre pour partager cette joie de Pâques avec vous.
Nous vous écrivons aussi aujourd'hui car ...

Nous avons besoin de vous.

Notre librairie existe depuis bientôt 70 ans, et nous en sommes les acteurs depuis 15 ans. Nous déployons toute l'année nos compétences pour vous accueillir, vous faire partager nos lectures et vous offrir un choix de livres dans de nombreux domaines, vous proposer des objets religieux de qualité, et témoigner de notre foi.

Durant les 2 dernières années, notre librairie a bien souffert des différents événements que notre pays a rencontré. Nous avons, à force de travail et grâce à votre confiance, réussi à traverser ces tempêtes.

Nous ne pouvons plus ouvrir notre librairie, et ceci depuis le 16 mars, et encore pour plusieurs semaines. Toute la chaîne du livre est à l'arrêt. Le respect du confinement nous impose actuellement de ne pas faire d'envois, ni livraisons.

Nous avons besoin de votre aide dès aujourd'hui,
pour que nous puissions envisager
un avenir pour la Librairie PUBLICA.


En effet notre trésorerie, déjà bien mise à mal ces 2 dernières années, ne nous permet plus de faire face aux charges fixes de notre structure ( loyer, charges sociales, règlements fournisseurs, prêts bancaires...).

Votre prière est une aide très précieuse.

Mais, pour traverser cette période inédite et continuer l'aventure avec vous,
nous avons aussi besoin d'une aide financière.

Si cela vous est possible, vous pouvez nous faire un don sans contrepartie ou nous acheter des bons d'Achat utilisables dès la réouverture de la librairie et pendant une période d'un an.
Nous vous remercions d'avance pour votre soutien.

Concrètement:
- Vous pouvez envoyer un chèque à l'ordre de PUBLICA, à l'adresse suivante :
Christophe SCELLES-PUBLICA 111 rue de Bayeux 14000 CAEN,
en spécifiant au dos du chèque Don ou Bon d'Achat
- Sur la cagnotte en ligne www.onparticipe.fr/cagnottes/BgQnB5xT, en précisant en
commentaire Don ou Bon d'achat.
- Pour toutes autres formes, envoyez nous un message à l'adresse librairie.publica@orange.fr

Nous vous remercions de partager largement
autour de vous cette demande d'aide


Dès la réouverture de PUBLICA, nous serons heureux de vous accueillir à nouveau, et de vous rencontrer autour d'une soirée pleine de joie, sourires, et échanges.

Nous avons hâte de vous retrouver très bientôt.

Que la joie de Pâques inonde vos coeur!

Natacha et Christophe SCELLES

Voir aussi:
Voir enfin les premières annonces du ministre de la Culture sur l'antenne de France Inter (16/04/20):