Les Agences régionales de la Santé n'ont de "régionales" que le nom...

Ce sigle d'A.R.S. devrait plutôt signifier: agence de restructuration de la santé car c'est pour mettre le service public hospitalier en coupe comptable réglée que ces officines bureaucratiques de la déconcentration de l'Etat sur nos territoires ont été créées.

En dix ans et d'incessantes réformes, l'hôpital public a rendu un peu moins de 12 milliards au budget général de l'Etat tout en ayant la lourde contrainte d'avoir à gérer en interne une dette d'investissements indispensable à la mise à niveau technique permanente pour garantir la qualité et la sécurité des soins.

On aurait pu croire que les ARS dans chaque région avec à sa tête un directeur général nommé en conseil des ministres et placé sous la tutelle directe du Premier ministre étaient des préfectures opérationnelles pour garantir la sécurité sanitaire du territoire: il n'en était rien. Car ces agences autonomes vis-à-vis du préfet de région (en charge pourtant des grandes sécurités régaliennes sur le territoire au nom de l'Etat) mais aussi du ministre de la Santé (les ARS ne sont pas une déconcentration territoriale du ministère central de la Santé) étaient et sont encore des agences essentiellement comptables pilotées par des énarques et autres inspecteurs des finances faisant du tourisme dans le monde mystérieux de la santé et de la médecine, pour le meilleur du pire!

La crise du coronavirus et ses urgences est violente par la gifle de lucidité qu'elle inflige à tous nos dirigeants: on croyait que la France était la championne du monde de la logistique urgentiste sanitaire. Les fameux "french doctors" sont toujours là mais à cause des bureaucrates comptables qui ne connaissent du réel que ce que leur tableur excel peut en dire, ils ont été littéralement désarmés, non pas pour stopper une catastrophe humanitaire en Afrique mais pour combattre une pandémie mondiale dans nos villes et nos bocages!

Il est évident qu'il va falloir réformer les réformateurs!

En supprimant les A.R.S. telles qu'elles fonctionnent actuellement et en les remplaçant par d'authentiques agences régionales de la sécurité et de l'aménagement sanitaire du territoire placées sous la tutelle du préfet de région. En parallèle, les CHU devraient passer dans le giron du conseil régional pour que l'intérêt général sanitaire soit gouverné par un co-pilotage entre le préfet et le président de région, loin de l'influence néfaste de la tour de contrôle des inspecteurs des finances de Bercy.

La Normandie, dans la gestion actuelle de la crise sanitaire, plutôt réussie si on l'a compare, hélas, à d'autres territoires régionaux, montre que ce co-pilotage préfet/président de région fonctionne bien: gérer une urgence sanitaire nécessite un contact concret et permanent avec la réalité, tout le contraire d'une bureaucratie comptable aveugle et... jacobine!

Lire ci-après, l'enquête proposée par l'hebdomadaire Marianne (n°1205, du 17 au 23 avril 2020) sur le désaste de l'A.R.S. du "Grand Est"...

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