Encore beaucoup trop de flou dans les annonces d'Edouard Philippe du 28 avril 2020 à l'Assemblée nationale qui ont donné l'impression générale que le gouvernement planifie en catastrophe la préparation d'une échéance (celle du 11 mai) qui a été décidée a priori et en solitaire par le président de la République.

A la décharge du Premier ministre, on peut dire qu'il est extrêmement difficile de décider et de gouverner lorsque l'incertitude est totale et que cette incertitude peut être, de surcroît, renforcée par certaines décisions politiques...

Retour sur le plancher des vaches normandes. Hervé Morin s'interroge sur les conséquences concrètes pour le territoire normand du plan de déconfinement annoncé par le Premier ministre.

Pour notre part, nous craignons une nouvelle division normande: entre départements verts où nous pourrions profiter d'un déconfinement plus large et les départements orange ou rouge où le confinement pourrait durer après le 11 mai avec l'impossibilité de circuler d'un département rouge vers un département vert et vice-versa!

On voit que le gouvernement retrouve son vieux logiciel jacobin vertical d'une chaîne de commandement allant du préfet aux maires, c'est-à-dire, territorialement, le couple département/commune qui ignore, par principe, l'échelle régionale.

Une échelle régionale, hélas, rendue peu pertinente à cause de la géographie inepte de la réforme de 2015 qui a créé des monstres territoriaux néo-régionaux dans l'Est et le Sud-Ouest du pays.

Pour la Normandie, au contraire, l'échelle régionale serait la plus pertinente pour piloter le déconfinement de nos territoires mais avec le jacobinisme français fâché depuis plus de deux siècles avec la carte des territoires, le déconfinement territorial de la France ne sera pas à la carte!

Hervé Morin le déplore tout autant que nous!

https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/crise-du-coronavirus/plan-de-deconfinement-en-normandie-les-questions-d-herve-morin-6820235

Plan de déconfinement en Normandie : les questions d’Hervé Morin

Après le discours du Premier ministre, ce mardi 28 avril 2020, le président de la Normandie regrette que le plan de l’après-11 mai n’ouvre pas plus la voie à des adaptations selon les territoires.

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« Pas assez d’adaptation aux situations des territoires »

Même si Hervé Morin, président (Les Centristes) de la Normandie reconnaît que le discours d’Édouard Philippe, ce mardi 28 avril 2020, répond à beaucoup de questions que se posent les Français  , il a un regret :  J’aurais aimé plus d’adaptation en fonction des territoires. 

 Je comprends que l’on va serrer la jugulaire là où le virus circule encore mais pour les autres départements, on aurait pu adapter le dispositif. 

Hervé Morin pense en priorité aux cafés et restaurants :  La situation dans le tourisme est catastrophique. On aurait pu faire un point dans quinze jours. Et là où la baisse de la circulation du virus se confirme, pourquoi ne pas rouvrir ces établissements ? L’on sait déjà que certains auront beaucoup de mal à passer cette crise. Pour les autres, les questions d’espacement vont rendre l’équation économique très compliquée. Alors, pourquoi encore attendre partout ? 

« Pour les lycées, l’affaire est entendue »

 J’avais plutôt raison sur les établissements scolaires en disant qu’il serait raisonnable d’attendre la rentrée de septembre, note Hervé Morin. Avec le discours du Premier ministre, on assiste à un sacré rétropédalage par rapport aux annonces du Président de la République. 

La Région a la responsabilité des lycées.  Je pense que l’affaire est pliée, lance Hervé Morin. Une réouverture après le 2 juin par demi-classes correspondrait à cinq jours de cours effectifs par lycéen. Sauf besoins impératifs liés à des diplômes ou des formations, je ne vois pas pourquoi les lycées rouvriraient. J’avais déjà commandé des masques pour tous les lycéens normands, je vais largement réduire mes achats. 

Le président de Région s’interroge sur la reprise dans les écoles :  Dans les contacts que j’ai avec des maires en Normandie, tous s’interrogent sur les demi-journées où les enfants ne seront pas en classe. Une écrasante majorité des communes n’a pas les moyens, ni les équipes pour assumer ce dispositif. Seules quelques grandes villes pourront s’y mettre.

Mettre le paquet sur les trains du matin et du soir »

Pour une reprise de la vie des entreprises, la question des transports est fondamentale. Sur le trafic ferroviaire en Normandie, Hervé Morin a son idée :  Ma volonté est de mettre le paquet sur les trains du matin et du soir pour les personnes qui travaillent. Cela repose sur la capacité de la SNCF à nous mettre des trains à l’heure et qui fonctionnent. En Normandie, nous avons encore trop l’habitude de subir des pannes. Je demande à la SNCF de préparer des trains de secours capables d’être mobilisés rapidement. J’ai encore une réunion avec la direction de la SNCF ce mercredi.

Qui va faire respecter le port du masque dans les transports ? »

L’obligation du port du masque dans les transports est une des annonces du Premier ministre. Une décision ouvrant des questions :  Qui va faire respecter cette règle, s’interroge Hervé Morin.Est-ce la Région, autorité organisatrice de transport ? Faudra-t-il prévoir des points de vente dans les gares pour les voyageurs qui auront oublié leur masque ? 

Autres interrogations, pour les transports scolaires :  Certaines de nos lignes ne font pas uniquement du transport d’élèves. Dans ces bus, comment vont cohabiter des enfants des écoles primaires sans masque et des adultes ? Dans ces transports scolaires, nous allons devoir mettre à disposition des flacons de gel hydroalcoolique. Et il va falloir organiser des flux d’entrées et de sorties pour assurer la protection des chauffeurs.  


 

Commentaire de Florestan:

Le plus grave défaut de la vision jacobine française c'est qu'elle est naïve. Elle se croit suffisamment intelligente et éclairée pour se croire capable de penser à tout.