L'Etoile de Normandie relaye l'information suivante puisqu'il s'agit de l'intérêt général de la Normandie dans le domaine sensible des médias et de l'information: la liquidation judiciaire de Paris-Normandie, le dernier quotidien normand indépendant des grands groupes (notamment celui des Bretons de Ouest-France) pose la question de savoir si le reflet médiatique régional normand peut être maîtrisé par des décideurs normands...

Pour la suite, on vous laisse découvrir cette initiative du Club de la presse et de la communication de Normandie:

(source: page Linked In de Vincent Lalire)

paris normandie


 Commentaire de Florestan:

"Et de nombreux autres..." Sous cette formule, doit-on considérer que les intervenants essentiels ont été invités à participer à cette visio-conférence au -delà de la liste très institutionnelle des notabilités médiatiques, culturelles et politiques?

Les Normands et les Normandes qui lisent encore Paris-Normandie seront-ils invités à exprimer ce qu'ils pensent du quotidien qu'ils lisent encore? Et les Normands qui aimeraient avoir enfin un grand quotidien régional normand rayonnant sur toute la région seront-ils, eux aussi entendus?


 Sur la vente et la mise en liquidation judiciaire du quotidien Paris-Normandie on pourra aussi lire la dernière enquête proposée par Manuel Sanson (4 mai 2020) sur le média normand d'investigation, le "Poulpe"...

https://www.lepoulpe.info/

Voici, ci-après, notre lecture à partir des principaux éléments de cette enquête:

Les candidats repreneurs du titre ont jusqu'au 22 mai prochain pour se manifester, pour l'instant, dans la discrétion.

Le dossier de Paris-Normandie est un dossier stratégique pour l'avenir de la Normandie avec des implications économiques, sociales et politiques.

(240 salariés pour un chiffre d'affaires de 30 millions annuels)

Une dizaine de candidats repreneurs se serait manifestée...

Parmi les candidats à la reprise, Valéry Jimonet, l'actuel directeur général du titre. Il aurait le soutien de Jean-Louis Louvel, l'actuel propriétaire qui souhaite se désengager du titre.

Autre candidat sérieux: le groupe multimédias indépendant normand Leclerc qui possède les hebdomadaires La Manche Libre, le Courrier cauchois, le réseau de radio Tendance ouest et les gratuits métropolitains "Tendance ouest". Il y avait déjà eu des contacts sérieux l'été passé entre Jean-Louis Louvel et la famille Leclerc mais la dette massive de Paris-Normandie avait refroidi les ardeurs d'un projet de réunification de la presse écrite normande. Mais avec la liquidation judiciaire, le repreneur n'ayant plus la contrainte de reprendre à son compte la dette, le groupe Leclerc pourrait être intéressé pour passer un accord avec MM. Louvel et Jimonet.

Hervé Morin, bien entendu, suit le dossier de très près sans faire aucun commentaire sur tel ou tel repreneur, ça va sans dire...

Il n'en reste pas moins que l'opportunité de réunifier la Normandie de la presse régionale se présente maintenant.

Il faut aussi noter que le tribunal de commerce de Rouen qui avait refusé lors du précédent sauvetage de Paris-Normandie l'offre du papivore belge Rossel au profit d'une solution normande (celle de Jean-Louis Louvel à la demande d'Hervé Morin) pourrait être sensible à l'idée d'une reprise de PN par un groupe multi-médias indépendant 100% normand...

Cependant, les aspects financiers pourraient peser plus lourds cette fois ci d'autant plus que le groupe Rossel offre des possibilités de mutualisation des coûts qui pourrait peser dans la décision même si l'inconvénient majeur du groupe Rossel est le risque d'une satellisation définitive de Rouen et de la Normandie doublé d'un risque de standardisation éditoriale et rédactionnelle comme on a pu l'observer dans les titres de presse de l'Est de la France possédé par le groupe EBRA -Crédit mutuel ou dans les hebdos normands passés sous la coupe de Publi-hebdos-Ouest-France.

D'une manière ou d'une autre, il faudra faire baisser les charges financières du titre: l'imprimerie de Saint-Etienne-du-Rouvray est donc dans le viseur.

Il est donc très probable que le groupe Rossel La voix du Nord déposera une offre de reprise...

Pierre-Antoine Capton ne répond plus: on a trop bavardé à son sujet et, là encore, la dette a pu faire frémir. Mais, à l'occasion de la liquidation judiciaire, il pourrait revenir dans le jeu avec beaucoup d'incertitudes car la presse écrite n'est pas le premier métier d'un homme de télévision.

Autre candidat possible, Jacques Rosselin, le fondateur de Courrier International annonce qu'il est intéressé mais que le dossier financier est complexe: il aurait un projet éditorial qu'il annonce comme "disruptif"... A voir!

Enfin, il est probable que l'un de nos grands oligarques nationaux milliardaires et papivores, type Bernard Arnault ou Xavier Niel, peuvent d'ores-et-déjà roder autour du dossier...

Autre certitude: le dossier est très politique.

Au gouvernement, il intéresse, de près ou de loin, Edouard Philippe (ancien maire du Havre), Bruno Lemaire (ancien député de l'Eure), Sébastien Lecornu (ancien président du département de l'Eure et maire de Vernon)

En Normandie, évidemment, on l'a dit plus haut, c'est un sujet essentiel pour l'avenir de la région: à ce titre, Hervé Morin le président de la région qui pense à sa réelection en 2021, surveille le dossier comme le lait sur le feu et pas seulement pour garder je ne sais quel contrôle sur un média couvrant dans sa zone de diffusion, l'ex Haute-Normandie qui aurait été la plus réfractaire au vote Morin en 2015.

Analyse politicienne stupide à notre avis: le vrai sujet est, bel et bien, de réaliser enfin la réunification de la presse quotidienne régionale normande.

L'essentiel sinon l'urgence est que Paris-Normandie soit repris par des acteurs industriels connaissant la presse écrite. Si ces acteurs pouvaient être normands, se serait la solution idéale.