Au cas par cas sans contrainte générale qui pourrait compliquer inutilement une réalité qui l'est passablement et surtout, à la discrétion des chefs d'établissements: c'est le compromis bien normand qui a fini par sortir de la discussion entre, d'un côté, la rectrice d'académie, Christine Gavini-Chevet qui voulait la réouverture la plus large possible des lycées à partir du 2 juin (puisque c'est la volonté du gouvernement) et Hervé Morin, le président de la région Normandie en charge du fonctionnement des lycées et de quelque 2800 personnels de service qui ne souhaitait pas cette réouverture pour si peu de temps (trois semaines de cours effectives, du 8 juin au 4 juillet 2020).

On se réjouira donc qu'en Normandie le pragmatisme l'ait emporté sur le volontarisme abstrait de la bureaucratie centrale de l'Education Nationale.

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Voir ci-après:

https://www.francebleu.fr/infos/education/deconfinement-la-reouverture-des-lycees-sera-tres-partielle-en-normandie-annonce-herve-morin-1590735950

Déconfinement : la réouverture des lycées sera "très partielle" en Normandie annonce Hervé Morin

Les lycées normands n'ouvriront que très partiellement en Normandie. Annonce du président de région Hervé Morin sur France Bleu vendredi 29 mai après la présentation de la phase 2 du déconfinement. Le centriste a aussi réagi sur le tourisme et l'économie.

Pas de réouverture des lycées normands avant la fin de la semaine prochaine. Annonce faite ce vendredi matin par Hervé Morin, le président de région, invité sur France Bleu.  Il avait affiché une certaine réticence à l'idée de les rouvrir en juin mais se plie finalement à la décision de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation nationale.

J'ai toujours pensé qu'une réouverture générale des lycées n'avait pas de sens puisque les conseils de classes seront passés et qu'il n'y a même plus de bac français. Il faut que ce soit en fonction de besoins particuliers. Nous avons prévu de consulter les proviseurs sur les besoins qui leur paraissent essentiels jusqu'à la fin de l'année, avec une priorité pour les lycées professionnels pour l'apprentissage des gestes métiers. Après, il y a le besoin d'ouvrir pour les concours, le rattrapage du bac, ce sera une réouverture très partielle.

Des réouvertures qui vont prendre quelques jours avec le lundi de Pentecôte, la remise en route de la restauration scolaire et la préparation des classes.

"On est sur un début de rescolarisation des lycées vers le 5/6 juin et quand les conseils de classes sont finis, vous n'avez pas beaucoup de lycéens qui sont prêts à revenir au lycée", ajoute l'ancien ministre.

"Nous aurions pu territorialiser beaucoup plus le déconfinement"

Pour Hervé Morin, certains départements peu touchés par l'épidémie, "comme la Manche" auraient pu rouvrir plus tôt le secteur touristique, les restaurants, les bars. "On aurait pu se priver de quelques semaines de souffrances supplémentaires."

Hervé Morin se dit inquiet pour l'économie en Normandie en septembre. "Beaucoup d'entreprises sont en train de préparer des plans sociaux. Quand vous avez la première région industrielle de France, avec des départements où l'emploi industriel représente plus de 30 % de l'emploi total, c'est ça mon sujet."

"La première façon d'aider les chômeurs, c'est de faire en sorte que l'effondrement de l'économie soit la plus courte possible, réagit le président de région après la hausse record du nombre de demandeurs d'emplois au mois d'avril (+ 26 %) en Normandie.

On consacrera cette année au soutien aux entreprises 180 millions d'euros au lieu de 100 millions d'euros, on a essayé d'aider au maximum tout ceux qui avaient été oubliés dans le cadre des régimes nationaux, à ceux qui avaient moins d'un an d'activité ou aux toutes petites entreprises."

Des réflexions sont en cours sur la relocalisation de certaines activités, dans le secteur pharmaceutique, de l'agroalimentaire, du tissage. Des aides à l'investissement devraient aussi voir le jour au mois de septembre.

Marcellin Robine


 

Voir aussi:

https://actu.fr/societe/normandie-la-reouverture-des-lycees-se-precise-selon-herve-morin_33934141.html

Normandie : la réouverture des lycées se précise selon Hervé Morin

Ce matin, dans une interview accordée à nos confères de France Bleu, le président de la Région Normandie Hervé Morin a déclaré que les lycées pourraient rouvrir le 5 ou 6 juin.

Hier, suite à l’annonce de la deuxième phase du déconfinement, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer déclarait que « l’école est bonne pour tous les enfants, et en période de crise peut être encore plus qu’en période ordinaire ».

Alors que le retour de l’école primaire est proche de se faire à 100 % sur l’ensemble du territoire, que les 4e et 3e retrouvent le collège quelques jours après les 6e et les 5e, serait-ce au tour des lycéens de reprendre le chemin des études en Normandie ?

Cette hypothèse prend de l’ampleur quelques heures après les annonces du Gouvernement qui annonçait hier que les lycées situés dans les « départements verts » pourront rouvrir la semaine prochaine. Reste à définir les conditions. 

Lire aussi : 100 km, bars et restaurants, éducation… Ce qu’il fallait retenir des annonces du gouvernement

Le 5 ou 6 juin en Normandie ?

Ce vendredi 29 mai 2020, sur les ondes de nos confrères de France Bleu, Hervé Morin, président de la Région Normandie, a donné quelques détails concernant cette éventualité : 

J’ai eu une conversation avec la rectrice pour arrêter les modalités. J’ai toujours pensé que l’ouverture générale des lycées n’a pas de sens, surtout que la scolarité est facultative. Donc il faut que l’ouverture se fasse en fonction de besoins particuliers. Nous allons donc consulter les proviseurs sur les besoins qui leur paraissent essentiels.

Concernant l’hypothèse d’une réouveture rapide des lycées de Normandie, Hervé Morin précise qu’il veut donner la priorité « aux lycées professionnels, pour le réapprentissage des gestes métiers ». 

Dans cette interview, l’ex Ministre de la Défense précise : 

La rentrée des professeurs, c’est mardi. Il faut ensuite au moins 48 h pour que les restaurants scolaires s’approvisionnent. Donc le début des cours ne sera pas avant le 5 ou 6 juin.

Dès le 2 juin, des entretiens seront proposés aux lycéens afin d’évoquer leur projet d’orientation. Une campagne visant à accompagner les « élèves décrocheurs » sera également mise en place dans la mesure du possible. 

« Et vous savez, quand les conseils de classe sont passés, il n’y a pas beaucoup de lycéens qui veulent retourner en cours », concluait le président de la Région.


 

Voir, enfin, cette analyse à lire sur le site de Paris-Normandie: les syndicats d'enseignants restent indécrottablement jacobins mais ils partagent finalement avec Hervé Morin le même point de vue sur le manque de pragmatisme du gouvernement...

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/reouverture-des-lycees-herve-morin-persiste-et-signe-les-enseignants-vigilants-DL16843365

Réouverture des lycées : Hervé Morin persiste et signe, les enseignants vigilants

Education. Les syndicats d’enseignants accueillent favorablement les annonces de la réouverture des lycéens, mais demandent que les règles soient bien respectées.

Tout d’abord « un énorme soulage-ment », affirme Claire-Marie Feret, du syndicat Snes-FSU (second degré) en Seine-Maritime, au sujet de l’annulation de l’oral du bac de français. « C’était notre demande depuis longtemps, on sentait beaucoup de stress chez les élèves et les personnels. »

« Au moins, sur cette question-là, le ministre nous a entendus, se réjouit également Laurent Baussier, secrétaire départemental FO Éducation dans l’Eure. On assistait à une rupture d’égalité dans la préparation de cet examen. Avec l’enseignement à distance, les profs n’ont pas réussi à suivre tous les élèves. »

En revanche, sur la réouverture annoncée des lycées la semaine prochaine, en principe (lire ci-contre), les deux représentants syndicaux n’opposent pas d’hostilité de principe, mais une profonde réserve quant au timing en lui-même. « Cette annonce n’est pas vraiment une surprise : mais cette précipitation, c’est assez incroyable, lance Claire-Marie Feret. Quand on pense que l’on a donné trois semaines aux écoles et aux collèges pour préparer leur rentrée... »

« Délai très court »

Certes, « les chefs d’établissements ont anticipé », mais « le délai reste quand même très court, d’autant plus que les lycées sont généralement de grosses structures », appuie Laurent Baussier. Si le représentant FO juge important le retour des élèves devant leurs enseignants, « pour les aider dans leur orientation et préparer la prochaine rentrée », son syndicat restera très vigilant sur le strict respect des conditions sanitaires, annonce-t-il. « Nous sommes favorables, mais pas à n’importe quel prix », dit-il.

À cet égard, « une nouvelle fois, on transfère la responsabilité et un poids énorme sur les chefs d’établissements » chargés de déterminer quels niveaux reprendront lundi, déplore au passage Laurent Baussier. Un « renvoi au local, pour savoir qui y va, qui n’y va pas », qui ne passe pas non plus chez Claire-Marie Feret.

Quant aux lycées professionnels, « nous aurons besoin de précisions sur les protocoles sanitaires », souligne le responsable FO Éducation dans l’Eure, en évoquant notamment les ateliers « où les contraintes de sécurité sont importantes ».

« À la fin, c’est l’Éducation nationale qui décide. » C’est, en creux, la réponse qu’avait faite le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, il y a dix jours lors de sa visite au collège Pompidou de Pacy-sur-Eure, à Hervé Morin. Il s’agissait alors d’évoquer le refus de rouvrir la totalité des lycées clairement exprimé par le président de la Région Normandie, ce dernier arguant des difficultés d’organisation de transport et du faible nombre de jours effectifs de cours avant la coupure estivale.
L’annonce du gouvernement change-t-elle la donne ?
Pas vraiment. En Normandie, les lycées rouvriront « au plus tôt en fin de semaine prochaine », après qu’aient été « interrogés les proviseurs sur les réelles priorités », que les enseignants aient fait leur propre rentrée que soit remise en route la restauration scolaire, annonce Hervé Morin. « Aucune région de France ne pourra faire plus vite », assure-t-il.
Et surtout, ce retour des élèves se fera au cas par cas en fonction des « besoins spécifiques », persiste le président de Région : pour les lycées professionnels, pour les élèves en première année de prépa, pour l’organisation des concours...
« Au fond, nous allons faire ce que j’ai toujours dit que nous allions faire », commente Hervé Morin, toujours convaincu qu’ « une ouverture générale n’a pas de sens ». « Les conseils de classe sont passés, l’épreuve orale du bac de français est annulée, et en plus la scolarisation reste facultative... Avec cette annonce, le gouvernement est avant tout dans le symbole ! »