Billet de Florestan:

gardien-de-la-paix

https://photo.capital.fr/salaire-formation-decouvrez-les-metiers-qui-embauchent-a-la-police-nationale-29458#gardien-de-la-paix-509058


 Actualité désastreuse et consternante pour l'honneur de notre République en France...

Le pouvoir exécutif se montre faible devant une entreprise politique de déstabilisation idéologique menée par la gauche identitaire qui espère importer dans notre contexte français les réalités idéologiques nord- américaines lourdement marquées par l'héritage d'une histoire coloniale esclavagiste. On est donc contraint, face au feu roulant médiatique d'un politiquement correct émotionnel dominant de rappeler quelques évidences historiques concernant l'esclavage et le racisme, du point de vue de l'histoire de France:

1) La France n'a jamais pratiqué sur son sol métropolitain l'esclavage de façon massive et structurelle. Bien au contraire ! Dans toutes les provinces de la France d'avant 1789, à commencer par la Normandie et son droit coutumier, il n'y avait que des hommes libres et déjà égaux entre eux devant la loi (notamment en Normandie). Mis à part quelques vestiges de l'ancien servage féodal (par exemple, les paysans "mainmortables" du Morvan et de la Bourgogne) la France était un pays de libertés et qui fera en 1789 de la liberté et de l'égalité des principes universels.

2) En conséquence, le paradoxe maintenu entre la métropole française et ses colonies sucrières des Antilles (pas d'esclavage, en revanche, au Canada français) avec un odieux "code noir" établi par Colbert s'est tendu au point de se rompre en 1793 lorsque la Révolution française a aboli une toute première fois l'esclavage dans ses colonies avant qu'il ne soit rétabli en 1804 par Bonaparte (à la demande des planteurs français qui menaçaient de passer sous pavillon anglais) puis son commerce interdit par... Louis XVIII en 1817 et, enfin, esclavage et commerce abolis définitvement en 1848 par la seconde république: cela fait donc de la France un pays qui fut, plutôt, pionnier dans l'abolition de cette honte humaine. Voilà de quoi battre sa coulpe!

3) Aggravons notre cas: La raison principale de l'intervention de la marine française en 1830 en Algérie déclenchant la conquête qui s'en est suivie, était d'en finir définitivement avec le commerce des esclaves pratiqué depuis des siècles à partir des ports algériens (mais aussi marocains) qui pratiquaient la piraterie. A partir de ce point de départ, la colonisation française de l'ouest africain menée sous Napoléon III et, plus encore, sous la 3ème république de Jules Ferry (pour, aussi, trouver des relais de puissance face à une Allemagne impériale triomphante après la défaite de 1871), s'est assignée pour objectif d'éradiquer le commerce des esclaves qui sévissait depuis des siècles de part et d'autre du Sahara au profit des tribus commerçantes arabes (Touaregs) et des villes du Maghreb au détriment des populations noires du Sahel dans un contexte d'expansion politique d'états africains puissants sur la côte et à l'intérieur où le commerce consistait à échanger des armes (apportées par les marchands européens) contre des prisonniers vendus comme esclaves aux trafiquants qui n'étaient donc pas seulement les Blancs de cet hideux commerce triangulaire qui n'aurait jamais pu exister sans l'active collaboration de la traite négrière africaine en tant que telle: que l'on doive balayer devant sa porte cela paraît plus que nécessaire mais la mauvaise conscience, est, semble-t-il, à géométrie variable...

4) Après cent années de colonisation française dans l'Afrique de l'Ouest, à la veille des indépendances, il n'y avait plus aucun trafic d'être humain. Certes, tout n'était pas idéal avec cette différence de statut entre les Indigènes et les populations d'origine européenne qui bénéficiaient de la plénitude des droits de la citoyenneté française, notamment dans les départements algériens: ce sera, d'ailleurs avec la question sociale, la principale cause de la guerre d'Algérie avec le refus confirmé par le gouvernement (radical-socialiste) de la IVe République de donner les mêmes droits à tous les habitants de l'Algérie. Dans le cas précis de l'Algérie et dans ce seul cas, on pourrait parler d'une société coloniale avec le mépris raciste comme colonne vertébrale mais la situation politique n'était pas si figée que cela et un Albert Camus a témoigné, de part son courage politique et intellectuel exceptionnel, qu'on aurait pu faire autrement si...

On l'aura donc compris: l'Histoire est toujours plus compliquée que sa mémoire victimaire trafiquée au vitriol de l'idéologie communautariste diversitaire qui nous vient tout droit des Etats-Unis. La gauche identitaire progressiste (celle qui oublie de traiter la question économique et sociale ou qui l'instrumentalise parce que cela lui demanderait trop de travail de faire son... travail), a donc trouvé dans l'amalgame transatlantique des affaires Floyd/Traoré son nouveau cheval de bataille.

Consternant!

A cela on ajoutera le sempiternel constat du "deux poids deux mesures": ce gouvernement a gardé le silence quand les gilets jaunes se sont fait éborgner mais s'ébroue quand le clan Traoré s'en mêle...

Notons, cependant, le son de cloche différent de François Ruffin sur l'antenne matinale de France info (10/06/20) qui en appelle à une refondation d'une police républicaine à la française et à ne pas faire l'amalgame avec le contexte américain.

Car il ne faut pas nier la réalité: le contrat de confiance entre la police (moins avec la gendarmerie) et avec une partie de la population de notre pays s'est profondément dégradé.

Des gens ont peur de la police alors qu'il ne le faudrait pas.

Des questions budgétaires et des choix faits par les majorités gouvernementales précédentes en terme de doctrines d'emploi de la force ou dans l'art délicat de maintenir l'ordre public et la sécurité des populations notamment quand elles exercent la liberté fondamentale de manifester sur la voie publique, sont largement responsables de la crise actuelle: le gouvernement actuel, à commencer par le ministre de l'Intérieur, devrait plutôt nous dire comment il compte s'y prendre pour refonder la police républicaine et rétablir sa légitimité et donc son autorité plutôt que de se laisser à la faiblesse dénoncée fermement et à juste titre par Michel Onfray (lire ci-après).

Car il est intellectuellement malhonnête de dénoncer les violences policières (ou, du moins, certaines d'entre elles mais pas toutes...) et d'oublier les violences dont sont aussi victimes les policiers mais aussi les pompiers, les ambulanciers, les enseignants...

Il est donc urgent de traiter des causes au lieu de se faire promener par le bout du nez par des aigrefins militants qui font leur business politique en trafiquant les conséquences!


 

Michel ONFRAY: "Eloge de la police" (9 juin 2020)

https://frontpopulaire.fr/o/Content/co83677/michel-onfray-eloge-de-la-police

(Michel Onfray réagit aux dernières déclarations de Christophe Castaner suite aux manifestations contre les "violences policières")

Notre époque nihiliste se caractérise, en autres choses, par une défaite de la réflexion et un triomphe de la moraline. La moraline est cette substance toxique des gens sans morale qui n’abordent plus le monde qu’en pantins manichéens tout juste capables de dire: je like ou je nique… On ne se pose plus la question du pourquoi et du comment des choses, autrement dit de leur généalogie, mais on martèle qu’on adore ou qu’on vomit, disons-le dans le sabir du jour: qu’on kiffe ou qu’on invite à manger ses morts. C’est le degré zéro de l’humanité, le temps du cerveau reptilien qui décide de l’action binaire: on bave d’amour ou on bave de haine. Dans les deux cas, dépourvu de cerveau, on n’est plus qu’une bouche qui bave. Un ver annelé qui mange et qui défèque. Darwin n’avait pas prévu que l’évolution conduirait cette transformation de l’homme en ténia.

Dans les rues de Caen, un long cortège défile, nonobstant l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes. Mais ces manifestants ont le soutien du ministre de l’Intérieur pour transgresser la loi et celui du chef de l’État qui, jadis, était censé garantir l’état de droit car, bien sûr, le chef de l’État est silencieux mais il lui a donné sa bénédiction, comment pourrait-il en être autrement. Le slogan de ces manifestants? «Tout le monde déteste la police»! Quelle drôle d’idée d’affirmer une pareille chose quand moi, par exemple, je ne souscris pas à cette vocifération et que tout le monde moins un, ça n’est plus tout le monde.

D’autant que je sais ne pas être seul: nous sommes nombreux à penser que, non, nous ne détestons pas la police. Nombreux et d’ailleurs majoritaires.

Le ministre de l’Intérieur et le chef de l’État conduisent donc une politique en faveur des seules minorités dans le plus total mépris de la majorité, qui n’en peut plus... Voilà  qui montre que nous ne sommes plus en démocratie mais dans une oligarchie qui gouverne en fonction des intérêts d’une poignée de gens. Nous sommes en régime communautariste et racialiste qui a choisi pour ennemi le mâle blanc hétérosexuel.

Pour preuve que nous sommes dans un régime communautariste et racialiste anti-blanc, autrement dit un apartheid inversé: cette saillie de Castaner qui explique pourquoi la justice, aux ordres, du moins complice, ne poursuivra pas les gens qui ont manifesté malgré l’interdiction de le faire et malgré les lois relatives au coronavirus: «L’émotion dépasse les règles juridiques.»

Changement d’ère: Il  suffira dès lors, quand son enfant aura été violé, d’en appeler à l’émotion pour buter soi-même le violeur en estimant que sa souffrance justifie qu’on s’affranchisse des lois; il suffira, quand on se fera cambrioler pour la dixième fois sans que rien ne soit fait, de tirer sur les cambrioleurs pour les abattre afin que, sains et saufs, ils n’aillent pas porter plainte contre le cambriolé; il suffira, quand un chauffard nous coupera la priorité de le rattraper, de l’agresser puis de l’achever à coup de manivelle; il suffira, quand le chef de l’État aura trahi son peuple plus que de raison, d’entrer à l’Élysée pour lui trancher la tête et la mettre au bout d’une pique - il suffira désormais d’invoquer l’émotion…

Jamais on n’est tombé aussi bas qu’avec ce ministre de l’Intérieur qui invite à jeter la loi par-dessus bord si l’émotion le justifie! C’est proprement inviter à la loi de la jungle, aux règlements de compte, à la vengeance, à la vendetta, à la loi du talion. Ces prétendus progressistes ne s’activent que pour la régression!

C’est en même temps une invitation à abolir la police qui est le bras armé de l’un des droits de l’homme: la sûreté - c’est, avec la liberté, la propriété et la résistance à l’oppression, on devrait s’en servir de celui-là, l’un des quatre droits naturels et imprescriptibles - voyez l’article 2. Ce que veut Castaner, c’est abolir ce droit de l’homme au nom d’une logique qui est tout simplement celle de la mafia dont Castaner semble bien connaitre les règles.

On imagine que ça n’est pas l’émotion de tout le monde que Castaner porte en sautoir… Car l’émotion, les gilets jaunes n’en ont pas manqué. Or, quand ils manifestaient la leur, le pouvoir macronien envoyait la troupe pour leur arracher les mains, leur fendre le crâne ou leur faire sauter les yeux des orbites.

L’émotion de ceux qui appellent à la haine de la police, le chef de la police la bénit, il se dit même prêt à mettre un genou à terre: mais comment pourrait-il s’agenouiller alors qu’il a brûlé les étapes et qu’il se trouve déjà à plat ventre?

On a déjà vu que la vieille dame qui allait faire ses courses avec une attestation de sortie rédigée au crayon à papier se faisait taxer d’une amende qui comptait pour un quart de sa retraite: elle aurait pu frauder et modifier ses erreurs de sortie, il suffisait d’une gomme dans la poche. Ou bien qu’un fils qui se déplaçait pour fermer les yeux de son père mourant s’est fait, lui aussi, verbaliser. Ou bien encore que les morts se trouvent privés de cérémonies mortuaires avec leurs familles. Ou bien enfin que les anciens ont été parqués dans leurs usines à crever avec interdiction de voir leurs enfants.

Pendant ce temps : invitation de la hiérarchie policière à fermer les yeux sur le viol du confinement après la rupture du jeûne du ramadan à Hérouville-Saint-Clair (24 avril), match de football dans les quartiers chauds de Strasbourg (25 mai), même chose à Grigny (27 mars), prière de deux mille musulmans dans un stade (24 mai), manifestation dite antiraciste (en fait: racialiste) à Paris (31 mai). 20.000 personnes au coude-à-coude dans les rues de la capitale, voilà qui ne constitue pas un risque épidémique de foyer - de cluster comme disent les muscadins de l’Élysée tout à la dévotion l’Empire américain.

Le meurtre de George Floyd aux États-Unis n’est pas objet de like ou de nique. Mais d’une réflexion généalogique. Commençons par préciser que ce meurtre est inexcusable, il est tout même explicable, étymologiquement: susceptible d’une explication, et on ne m’empêchera pas de faire mon travail de philosophe.

Nul ne l’ignore, aux États-Unis, les armes à feu sont en vente libre: c’est le pays au monde où, faudrait-il s'en étonner? les morts par balles sont les plus nombreux. C’est également l’État où les meurtres d’enfants dans les écoles sont les plus nombreux, chacun a l’occasion de s’en apercevoir: les fusillades dans les lieux scolaires sont, hélas, monnaie courante. Quand aux USA un policier interpelle une personne suspectée d’un acte délictueux, il risque sa vie si on lui tire dessus: c’est le far-west, autrement dit c’est sa vie ou celle de l’individu qu’il appréhende. Qui refusera de prendre en compte cette donnée sociologique pour penser les polices? Ce qui se passe aux États-Unis n’est pas comparable à ce qui a lieu en France.

De la même manière que, sociologiquement, les morts par chute d’un toit sont plus fréquentes dans la profession de couvreur que dans celle de maître-nageur, les morts suite à des interpellations qui se passent mal sont plus fréquentes dans la profession de policier que dans celle de guichetier au Crédit agricole.

Le métier de policier consiste, chaque jour, à se retrouver avec le moins beau de la nature humaine. Olivier Marchal, un ancien du métier, a publié un très beau texte en défense de la police en interpellant les belles âmes «qui n’ont jamais vu un flic pleurer devant le cadavre d’un enfant de quatre ans tué d’un coup de fer à repasser ou d’un nourrisson violé par son beau-père et qui dégueule ses intestins par son anus». C’est ça le métier de policier: rencontrer cette engeance qui tue des enfants au fer à repasser où qui les sodomise au point de les déchirer.

Sauf quelques demeurés confits dans l’idéologie, chacun sait qu’il existe des centaines de territoires perdus de la République dans lesquels la loi est celle que chérit notre ministre de l’intérieur: celle de la jungle. Un monde de voleurs, de braqueurs, d’agresseurs, de dealers, de violeurs, devant lesquels il n’y a que deux solutions: soit ne rien faire et laisser dire pour obtenir une prétendue paix sociale, alors que cette fausse paix prépare une vraie guerre civile, c’est la jurisprudence Macron-Castaner, mais c’est aussi celle de tous les chefs de l’État depuis un demi-siècle; soit appréhender ces présumés coupables afin de les remettre à la justice pour que la loi soit dite, c’est la jurisprudence républicaine. La République est morte depuis que la première jurisprudence triomphe.

La plupart des policiers sont des prolétaires, exploités, sous-payés, mal considérés, exposés, pas soutenus par leur hiérarchie car, plus on grimpe, plus elle est faite de complices du pouvoir qui se signent devant cette fameuse jurisprudence Castaner: comment, sinon, grimper les échelons et obtenir de la promotion, sinon par zèle et empressement à s’agenouiller aux côtés de Castaner ou, mieux, à se mettre à plat ventre, près de lui?

Quand un adolescent répondant au nom de Gabriel témoigne des coups qu’il a reçus, il commence son témoignage en avouant sans vergogne qu’il était en train de voler un scooter. Lorsque ce reportage passe dans l’émission matinale de Morandini, qui, je crois, aura bientôt l’occasion de rencontrer la police lui aussi, ce passage où il est dit que le vol précédait l’interpellation a tout bonnement été effacé. Il est alors facile de parler de prétendues violences policières: le jeune garçon n’a rien fait, il a juste été attaqué parce que des policiers voulaient le tuer, normal, c’est dans leur ADN de «fascistes» et de «terroristes» est-il dit!

La censure de cette information est troncage de l’information, elle est donc propagande et idéologie, mensonge et mystification. Le coupable se trouve transformé en victime. Le policier qui tente d’interpeller un voleur qui s’enfuit devient le coupable absolu, le coupable véritable devient la victime totale: inversion des valeurs radicales… Et voilà donc toute la police raciste, toute la police violente, toute la police coupable.

Ces gens qui défilent en affirmant qu’ils détestent la police ne remettent pas en cause le régime macronien, l’État maastrichtien, l’ordre mondial américain, comment dès lors Castaner & Macron ne leurs feraient-ils pas le baiser mafieux? Le président de feu la République peut bien continuer à ruiner le pays, à détruire la France, à travailler à la paupérisation généralisée, à confiner et ficher les citoyens pour mieux les contrôler: ceux qui manifestent sont les idiots utiles de ce monde comme il va. Comment, sinon, expliquer la formidable mansuétude d’État dont ils profitent?

La police est le bouc émissaire de ce pouvoir qui flatte ceux qui haïssent la police dans le sens du poil. Le pouvoir sait que la police, idem avec l’armée, est loyale et ne retournera pas ses armes contre lui. Mais jusqu’à quand? Le jour où cette guerre civile que fomente le pouvoir aura envahi les rues, on saura répondre à cette question. 

Michel Onfray


Voir aussi:

https://www.lefigaro.fr/vox/politique/affaire-traore-nicole-belloubet-et-christophe-castaner-ont-cede-au-chantage-de-l-emotion-20200610

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/celine-pina-comment-l-affaire-adama-traore-est-instrumentalisee-pour-entretenir-le-communautarisme-20200604

Les manifestations contre les violences policières en Normandie:

  • A Caen:

https://actu.fr/normandie/caen_14118/a-caen-un-rassemblement-en-hommage-a-george-floyd-vendredi-5-juin_34042015.html

https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/caen-la-foule-contre-les-violences-policieres-6859543

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  • A Rouen:

https://www.tendanceouest.com/actualite-364535-normandie-george-floyd-manifestations-a-caen-et-rouen.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/mort-george-floyd-rassemblement-prevu-rouen-5-juin-contre-violences-policieres-1836872.html

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 Commentaire de Florestan:

S'ils étaient plus férus de Normandie ils auraient écrit sur leurs pancartes: "Haro! Haro! mon duc on me fait tort!"

Car ils sauraient que c'est en Normandie, au XIIe siècle après les grandes réformes de Raoul Le Sénéchal pour le compte du duc-roi Henri II Plantagenêt, que fut créé, pour la première fois dans l'histoire juridique occidentale, le droit de se plaindre et d'ester en justice contre un mauvais serviteur de l'administration de l'Etat. Ces affaires étaient même évoquées devant la Cour de l'échiquier siégeant pour la Normandie dans le château de Caen.

Les institutions du droit public de l'état anglo-normand ont donc été pionnières dans la longue marche vers l'état de droit occidental moderne dont certains se plaignent aujourd'hui au point de vouloir son démantèlement au nom d'un individualisme communautariste victimaire qui fait un pas de deux avec le nihilisme...