Nous l'affirmons ici encore avec conviction: l'hydrogène semble être la solution la plus efficace et la plus prometteuse pour procéder à la décarbonation massive de notre système de transports qui est responsable d'une grande partie des rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère générant le changement climatique.

L'Allemagne partage, semble-t-il, notre point de vue puisqu'un plan de 9 milliards d'euros a été décidé outre-Rhin pour développer toutes les solutions techniques liées à l'emploi de l'hydrogène. Objectif? Tous les poids-lourds pourraient rouler à l'hydrogène d'ici 2030. Les camions, bus et autocars sont au coeur de la cible mais aussi l'automobile avec la pile à combustible puisqu'en va de l'avenir même de l'industrie automobile. Ajoutons à cela les transports ferroviaires et maritimes où l'hydrogène pourrait remplacer facilement les hydro-carbures ou l'alimentation électrique directe. En revanche, l'hydrogène et l'aéronautique n'en sont qu'aux premiers balbutiements...

L'enjeu est donc de créer un mouvement suffisamment puissant pour que la bascule soit irréversible: c'est précisément ce qu'ils essayent de faire en ce moment avec les... éoliennes alors que c'est avec l'hydrogène qu'il faudrait agir puisque nous avons déjà à disposition la source d'électricité massive, continue et peu coûteuse et surtout neutre en terme de bilan carbone pour faire fabriquer de l'hydrogène par electrolyse grâce aux centrales nucléaires...

La Normandie a donc tous les atouts pour être, en France, une terre d'expérimentation et d'élection pour l'hydrogène (à condition de ne pas démanteler le potentiel électro-nucléaire normand):

https://www.ouest-france.fr/normandie/avranches-50300/avranches-l-entreprise-chereau-mise-sur-l-hydrogene-6869502

Avranches. L’entreprise Chéreau mise sur l’hydrogène

Le leader européen de la carrosserie frigorifique veut fédérer industriels et transporteurs de la filière froid pour produire et distribuer du « carburant vert ».

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Les véhicules à hydrogène ont fait, ces dernières années, des progrès considérables. À tel point que le carrossier Chéreau, après avoir testé cette technologie et mis au point plusieurs prototypes, assure désormais être en mesure de produire des semi-remorques hydrogène en série dès 2023. Début juillet 2019, Chéreau avait présenté la première semi-remorque frigorifique à hydrogène du monde sur son site de Ducey. Baptisé Road, ce véhicule est le fruit d’un projet collaboratif de grande envergure lancé en septembre 2016, mettant en relation de nombreux partenaires industriels, techniques et institutionnels pour un investissement total de 5,5 millions d’euros.

Décarboner la filière d’ici à 2030

Damien Destremau, président de Chéreau, a lancé, le mois dernier, un appel pour fédérer les bonnes volontés et a fixé un cap : décarboner totalement la filière d’ici à 2030 : « C’est possible, les technologies sont prêtes. » Mais si la technologie est au point, la disponibilité du carburant reste problématique. Il n’existe pas à ce jour de réseau organisé de fabrication et de distribution de l’hydrogène. « C’est le problème de la poule et de l’œuf, résume Christophe Danton, directeur marketing et communication de Chéreau. Sans stations, le parc ne peut pas se développer, et tant que les véhicules hydrogène ne sont pas assez nombreux, il n’est pas rentable de mettre en service des stations. »

« La transition énergétique, ça intéresse tout le monde, mais personne ne veut être le premier à se lancer. » Alors, que faire ? Chéreau, qui « croit en l’hydrogène comme source d’énergie propre pour l’avenir, mais aussi dès aujourd’hui », vient de lancer l’initiative H2Coldchain (que l’on pourrait traduire par chaîne du froid hydrogène), dont l’objectif est de transformer la chaîne logistique du froid, largement basée sur le diesel, et de faire émerger « une chaîne entièrement décarbonée, utilisant de l’hydrogène vert ».

Mise en place d’écosystèmes

Et comme il n’est pas envisageable, à brève échéance, de créer de toutes pièces un réseau complet de production et de distribution d’hydrogène, et qu’il faut bien commencer quelque part, « nous allons, dans un premier temps, favoriser la mise en place d’écosystèmes en nous appuyant sur les différents acteurs de la filière : fabricants, transporteurs, entreprises de l’agroalimentaire, grande distribution ». Des panneaux solaires de production et des postes de distributions seront ainsi implantés sur des sites industriels et logistiques situés sur des grands axes logistiques. Un projet de station est d’ailleurs en projet du côté de Poilley, facilement accessible depuis l’A84.