On va faire sobre car nous avons déjà ici longuement commenté le sujet pénible de la faillite de Paris-Normandie et la mauvaise blague belge qui s'en est suivie: c'est donc confirmé! La Normandie vue de Rouen sera pensée et fabriquée depuis Lille (à terme) tout comme la Normandie vue de Caen est pensée et fabriquée depuis Rennes (Ouest-France). L'unité normande de la presse quotidienne régionale n'aura donc pas lieu...

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https://www.jeanmarcmorandini.com/article-428080-la-justice-retient-l-offre-du-belge-rossel-proprietaire-de-la-voix-du-nord-sur-le-quotidien-regional-en-difficulte-paris-normandie-60-licenciements-attendus.html

La justice retient l'offre du belge Rossel (propriétaire de La Voix du Nord) sur le quotidien régional en difficulté Paris-Normandie - 60 licenciements attendus

La justice a choisi lundi Rossel, propriétaire de La Voix-du-Nord, pour reprendre le journal local en difficulté Paris-Normandie, au grand soulagement des salariés malgré la suppression d'un quart de l'effectif. Le groupe qui sera mardi propriétaire de Paris-Normandie a "montré une capacité à redresser des journaux en difficulté présentant des situations comparables à Paris-Normandie, comme récemment avec le Courrier-Picard et l'Union-de-Reims", estime le tribunal de commerce de Rouen dans un jugement écrit rendu lundi. A l'annonce par leur avocate de cette décision, une trentaine de salariés du journal rassemblés devant le greffe ont applaudi, a constaté une journaliste de l'AFP.

"C'est un soulagement mais pas une victoire", a déclaré à l'AFP Christophe Mulot de la CGT du livre, rappelant que 60 salariés sur 240 allaient être licenciés. Seul quotidien local de l'ex Haute-Normandie, Paris-Normandie tire à environ 41.000 exemplaires. Rossel a été préféré à son concurrent belge IPM qui aurait été actionnaire à 51% de Paris-Normandie, tandis que Fininco, la holding de l'actuel propriétaire du quotidien, Jean-Louis Louvel, en aurait détenu 49%. La question de la recevabilité de cette offre qui intègre M. Louvel dans son futur actionnariat "doit être posée" mais "au regard du droit et non de la morale, on peut relever que M. Louvel n'est pas dirigeant de droit" de Paris-Normandie et "ne porte pas l'offre d'IPM", avait estimé lors de l'audience à huis clos le 9 juin la procureure de la République Corinne Gérard avant de se prononcer pour Rossel, selon le jugement. M. Louvel a été candidat soutenu notamment par LREM au élections municipales le 15 mars à Rouen avant de renoncer au second tour.

La Voix du Nord "maitrise la presse régionale alors qu'IPM est plus axé sur la presse nationale", a aussi souligné le parquet. Le tribunal estime que les deux offres "présentent une assise financière solide" mais les jugent "décevantes" sur le plan financier "dans la mesure où le prix de cession proposé est dans les deux cas "très éloigné des estimations du commissaire-priseur". Rossel a offert 250.000 euros, IPM, qui supprimait aussi une soixantaine d'emplois, 150.000, selon le jugement. Les deux groupes proposaient "une conversion des métiers du média papier vers des formes intégrant les nouvelles technologies à plus ou moins long terme". Et ils ont "montré des capacités équivalentes dans ce domaine". Cette "conversion nécessite des investissements très élevés", soulignent les juges. Rossel annonce un chiffre d'affaires consolidé de près de 500 millions d'euros pour un effectif de près de 3.000 personnes. La Voix du Nord affichait un bénéfice d'exploitation de 6,5 millions d'euros au 31 décembre 2019. Les deux offres incluent "une poursuite de l'activité de l'imprimerie et un ancrage régional fort", selon le jugement.

Avec Rossel, "l'implantation physique est maintenue" sur tout le territoire, a ajouté Anne Bouchet, déléguée syndicale SNJ. "Et il y a une vraie consolidation du print et un développement du numérique", a-t-elle poursuivi. Le journal avait été placé en liquidation le 21 avril en raison de "l'érosion régulière des volumes de ventes(...), accentuée par les conséquences de la crise Codiv-19", de "la diminution du chiffre d'affaires des éditions papiers non compensées par les ventes numériques", de "l'insuffisante rentabilité de l'activité imprimerie liée à sa sous-utilisation" et du "poids de la dette", selon le jugement. "On pense aussi aux 60 licenciés. Dedans, il y en a au moins la moitié qui sera en départ contraint", a ajouté Christophe Mulot.

Avec Rossel "les salariés licenciés partent avec 28.000 euros de prime supra légale", soit des conditions nettement meilleures qu'avec IPM, a-t-il ajouté. "L'entreprise va être rapidement remise sur pied pour être (...) un moteur du développement dans sa région. Cette opération a également pour objectif de renforcer la cohérence et la puissance du secteur de la Presse Quotidienne Régionale, globalement le premier média d'information en France", a réagi Rossel dans un communiqué. De son côté IPM a estimé que son "projet très innovant (...) n'a peut-être pas été bien compris".


 Voir aussi:

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/reprise-du-journal-paris-normandie-le-tribunal-de-commerce-de-rouen-choisit-le-groupe-rossel_34285206.html

Reprise du journal Paris-Normandie : le tribunal de commerce de Rouen choisit le groupe Rossel

Le groupe belge Rossel sera le nouveau propriétaire du quotidien régional Paris-Normandie. Le tribunal de commerce de Rouen a tranché, lundi 15 juin 2020.

Le tribunal de commerce de Rouen (Seine-Maritime) a rendu sa décision, lundi 15 juin 2020. Des deux offres présentées pour la reprise du quotidien régional Paris-Normandie, placé en liquidation judiciaire le 21 avril, celle de la Voix du Nord et du groupe Rossel a été jugée la meilleure.

Cette décision concerne les deux sociétés du journal, la Régie normande de publicité (RNP) et la Société normande d’information et de communication (Snic). Une victoire pour ce géant de la presse francophone, déjà éconduit par le passé, et un soulagement pour les syndicats et une majorité de salariés, qui espéraient un tel choix. Ceux réunis devant le greffe du tribunal ont applaudi. Certains étaient même en pleurs.

Lire aussi : Les salariés de Paris-Normandie soutiennent le groupe Rossel devant le tribunal à Rouen

Une reprise, mais pas sans casse

Le délibéré confirme la tendance qui s’était dégagée après l’examen des offres lors de l’audience du 9 juin. Celle de Rossel, jugée plus solide financièrement et socialement plus acceptable, semblait déjà avoir fait l’unanimité au tribunal.

Une nouvelle page s’ouvre donc pour le journal normand dont l’histoire a souffert de nombreuses turbulences ces dernières années. « Un soulagement » pour les salariés, comme l’explique Anne Bouchet, élue au SNJ, mais « pas une satisfaction ». Ce passage de relais ne se fera en effet pas sans casse.

Une soixantaine de postes sur les 240 que compte le journal seront supprimés. Les administrateurs judiciaires ont un mois pour prendre des décisions sur ce volet à compter de la date du délibéré.

Un temps de rencontre et de concertation

La reprise effective par le groupe Rossel aura lieu le 22 juin. Chez Rossel, Eric Berthod, directeur général délégué de La Voix du Nord se dit « ravi » de la décision du tribunal. « Avec une liquidation surprise que personne n’a vraiment vu venir et cette période Covid-19, en plus de l’été qui se profile pour un personnel compétent mais fatigué, je pense que la première chose a faire est d’organiser des rencontres, de pouvoir rassurer, d’annoncer certains projets pour Paris-Normandie qui intègre un groupe de presse, souligne-t-il. Leur dire qu’on va travailler en pleine complémentarité et qu’on espère qu’ils vont avoir des vacances méritées afin de partir sur des chantiers en septembre. »

Le groupe souhaite prendre temps de réaliser un état des lieux en concertation avant de mettre en œuvre les moyens pour « retrouver le chemin des lecteurs ». Le redécoupage des éditions, la réorganisation de la distribution, une nouvelle maquette et bien d’autres projets pourraient voir le jour en fonction des résultats de cette période d’observation et d’étude.

« On avait demandé une vraie réorganisation pour aller de l’avant », souligne Anne Bouchet, qui affirme que les syndicats resteront « vigilants » dans cette période charnière.


 Commentaire de Florestan:

Sans surprise, le directeur général délégué de la Voix du Nord est ravi que Paris-Normandie puisse intégrer un groupe de presse.

Nous sommes ici surtout navrés que Paris-Normandie perde son indépendance... Avec le risque d'un nouveau Yalta médiatique coupant la Normandie entre les zones de diffusion de deux grands groupes de presse concurrents: Paris-Normandie tentait depuis quelques mois de nous proposer une vision "pan-normande" avec souvent des articles intéressants à lire. On peut craindre le retour à l'exclusivité haut-normande mais sous pavillon belge.

On espère vivement avoir tort!