La passion pour la grande épopée de la Normandie médiévale est une passion qui dépasse de loin les frontières de notre région. On dira même que cette ferveur est souvent bien plus grande à l'extérieur des frontières normandes voire françaises quand on sait l'ampleur prise par la civilisation anglo-normande à la fin du XIIème siècle et au début du XIIIe siècle.

L'épopée des Vikings, du duc Guillaume, des chevaliers normands en Italie ou au Levant ou celle de la famille princière des Plantagenêts fascine toujours autant.

Et le site du Château-Gaillard au dessus des Andelys (Eure) cristalise cette fascination nationale et internationale pour la Normandie médiévale et ce, dès la première moitié du XIXe siècle avec les premiers touristes anglais romantiques et leurs guides érudits normands...

Pour lors, cette fascination pour la Normandie médiévale nous emmène en pays gascon où le lion d'Aquitaine se souvient des trois autres qui flottaient sur les étendards normands, angevins et anglais à l'époque des Plantagenêts.

Jacques Martel, un passionné d'histoire médiévale notamment normande, nous propose une reconstitution numérique plutôt convainquante de la célèbre forteresse de Richard Coeur de Lion dans son état d'achèvement, vers 1198.

A découvrir ci-après:

https://actu.fr/normandie/andelys_27016/eure-un-habitant-des-landes-a-reconstitue-le-chateau-gaillard-des-andelys-en-3d_34333568.html

Eure. Un habitant des Landes a reconstitué le Château-Gaillard des Andelys en 3D

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Jacques Martel est fasciné par l'ancienne forteresse qui surplombe Les Andelys. Passionné de modélisation de bâtiments historiques, il ressuscite Château-Gaillard.

Aux yeux de tous, Château-Gaillard n’est plus aujourd’hui qu’un tas de pierres. Mais de sa construction entre 1197 et 1198 à sa destruction, la forteresse érigée en surplomb des Andelys (Eure) par Richard Cœur de Lion constituait un ouvrage de défense remarquable.

Jacques Martel en a fait la reconstitution en 3D. Son travail de modélisation resitue Château-Gaillard dans les années qui ont suivi la mort de Richard (1199) après que Jean Sans Terre ait ajouté la chapelle du rempart ouest. Ce passionné d’Histoire installé dans les Landes, près de Mimizan, présente ce projet qui nous replonge au Moyen Age.

Jacques Martel, vous qui habitez les Landes alors comment en êtes-vous venus à vous intéresser au Château-Gaillard des Andelys ?

Un concours de circonstances. Quand j’étais plus jeune, en 1994-1995, j’appartenais à une troupe qui faisait de la reconstitution historique, un peu comme les Héritiers de Château-Gaillard. Mon personnage était censé être un gamin qui avait été recueilli parmi ceux qui avaient été expulsés de Château-Gaillard au moment du siège. Je n’avais jamais visité le château mais je connaissais les anecdotes et ça me plaisait bien. À un moment, j’ai eu l’occasion d’aller sur le site et j’ai vraiment trouvé ça impressionnant. Quand on arrive et que l’on voit ce qui reste, on se dit que c’était balèze.

Comment est née l’idée d’en faire une reconstitution ?

Dans les années 2000 avec deux associés nous avons monté les éditions Harnois qui ont créé les magazines Histoire médiévale, Histoire antique ou encore L’art de la guerre. C’est là que j’ai fait la première reconstitution de Château-Gaillard pour le magazine Histoire médiévale. Mais à l’époque elle n’était pas aussi détaillée.

Quand vous êtes-vous à nouveau penchés dessus ?

Ça me démangeait. J’en avais fait une deuxième version un peu plus fouillée toujours pour Histoire médiévale mais je n’étais pas pleinement satisfait. Je me suis donc remis dessus l’année dernière. J’ai ressorti tous les documents que j’avais compilés, j’ai refouillé un petit peu pour être plus précis. Une fois que j’avais tout ce qu’il me fallait j’ai attaqué la modélisation.

Après deux premières versions réalisées pour les besoins du magazine Histoire médiévale, Jacques Martel a réalisé une nouvelle reconstitution de Château-Gaillard en 3D plus détaillée et plus précise. (©DR)

Cela vous a demandé combien de temps ?

C’est difficile à dire car je n’ai pas travaillé en continu dessus. Mais quand même entre 6 à 8 mois à temps plein. J’ai commencé par faire les plans, ce qui ne m’a posé aucun problème étant dessinateur industriel de formation. Une fois les plans dessinés, je les ai modélisés, j’ai recherché les textures pour les rendus, les éclairages et faire tourner la machine pour qu’elle sorte une belle image. Comme c’est prévu pour être imprimé sur une double page A4, l’ordinateur tourne pendant 6 à 8 heures.

C’est un château qui vous fascine un peu plus que les autres ?

Il y a le personnage de Richard Cœur de Lion qui est une figure emblématique avec son côté chevaleresque. C’est cette accumulation de défense que j’ai bien aimé avec le bastion, derrière celui-ci on retrouve l’ouvrage principal. À l’intérieur de l’ouvrage principal on a la haute cour avec son donjon et son éperon. C’est quand même particulier.

Quelle suite comptez-vous donner à cette reconstitution en 3D ?

Elle va donner lieu à un livre que je vais autopublier en impression à la demande. Je suis en train de le finaliser, il devrait être prêt d’ici quinze jours. Dans un deuxième temps, j’aimerais bien faire les intérieurs mais il faut que je réunisse de la documentation dessus. Par exemple, la grande salle, le donjon, le logis du commandant, les intérieurs qui ont un intérêt. L’objectif serait de faire une vidéo de ce que j’ai fait avec la caméra qui se promène dedans. Une fois que l’on a le modèle 3D on détermine dans le logiciel un chemin que la caméra va suivre.

Et pourquoi pas une exposition dans l’enceinte de Château-Gaillard ?

Je n’y avais pas pensé mais ce serait une très bonne idée. Si la ville le souhaite, je l’autorise à utiliser mes images pour montrer aux visiteurs à quoi pouvait ressembler cette ancienne forteresse.

Lire aussi : Aux Andelys, dans l’Eure, Château-Gaillard reprend ses visites libres

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Voir le site internet de Jacques MARTEL:

http://www.virtuhall.com/