"Ominous sky!" Comme disent les Anglais!

La seconde partie de l'année 2020 inquiète de plus en plus tous les acteurs et décideurs:

1) Le coronavirus ne prend pas de vacances et prend ses quartiers d'été. Si son caractère saisonnier se confirme on peut raisonnablement s'attendre à une seconde vague de l'épidémie à l'automne ou à l'hiver prochain.

2) La reprise économique liée au déconfinement est présente mais l'inquiétude et l'incertitude s'installent au risque d'impacter durablement les secteurs d'activité qui vivent de la relation sociale humaine en "présentielle": le tourisme, la culture, l'hôtellerie, la restauration, le commerce de détail sont des secteurs clairement menacés.

3) Les entreprises sont financièrement fragilisées: on apprend, par exemple, que seules 3% des entreprises françaises sont couvertes par leurs assurances pour le risque de perte d'exploitation. L'aide publique de l'Etat et des collectivités territoriales, à commencer par les conseils régionaux, va devoir se poursuivre plus longtemps que ce qui avait été prévu pour éviter un massacre au pied d'un mur du défaut de la trésorerie lorsqu'il va bien falloir payer à nouveau toutes les charges habituelles. En outre, les protocoles sanitaires et le manque de clientèle ne permettent pas de revenir à l'activité à 100% comme avant la crise.

4) Deux des principaux donneurs d'ordres de l'industrie normande vont connaître des difficultés durables, à savoir, l'industrie automobile (par ex: Renault) avec un effondrement du marché automobile de plus de 80% et l'industrie aéronautique avec l'effondrement du marché international du transport aérien: le réseau régional d'entreprises sous-traitantes où l'on trouve les fameuses pépites du savoir-faire normand est en danger.

Bref! les nuages de Cassandre s'amoncellent sur l'horizon de l'économie régionale normande...

ominous sky

 

Source: Chronique de Normandie, n°632, Lundi 22 juin 2020

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Relocaliser en France et en Normandie un peu de l'industrie pharmaceutique qu'on a laissé filé en Chine: pas si simple!

B Leroy

 

L'arrêt de l'usine de la Chapelle Darblay est la conséquence dont on trouvera l'une des causes ci-après:

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Malgré ces perspectives qui s'annoncent redoutables il y a, néanmoins, quelques raisons d'espérer...

1) La réunification normande essuie sa première grosse tempête. Confirmation de l'évidence: notre esnèque tient bon la mer et le vent au point d'être le seul élément rassurant et positif dans cette aventure. Pour qu'il y ait une aventure, il faut justement un bon bateau. Avec la Normandie réunifiée, nous l'avons enfin!

2) Compter sur les éoliennes terrestres ou marines pour espérer donner un avenir à l'industrie normande voilà qui semble bien illusoire... Du vent! En revanche, la perspective de recréer une filière industrielle textile complète en Normandie à partir de la fibre de lin pour viser la confection haut-de-gamme voilà un projet industriel réellement prometteur.

https://www.ouest-france.fr/normandie/bientot-une-filature-de-lin-en-normandie-6881188

Bientôt une filature de lin en Normandie

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Portée par la coopérative NatUp, la filature de lin devrait voir le jour en 2021 à Saint-Martin-du-Tilleul, dans l’Eure.

Si la Normandie est la première région productrice de lin au monde, les fibres teillées localement continuent d’être massivement exportées vers la Chine, l’Inde ou l’Europe de l’est d’où repartent les chemises et les pantalons. Mais le « local » retrouve des couleurs.

Des projets de relocalisation de filature sont à l’étude (Linpossible). Près de Caen, la coopérative Linportant se prépare à produire en grande série des tee-shirts en lin bio. Dernier exemple en date : le groupe coopératif normand NatUp annonce vouloir investir le segment de l’habillement « 100 % made in France ».

Un objectif de 250 tonnes de fils par an

La coopérative de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime) lance « un projet de création d’une filature de lin qui devrait voir le jour en 2021 à Saint-Martin-du-Tilleul, dans l’Eure, indique un communiqué du groupe. Si les autres étapes de transformation initiale de la fibre, que sont le teillage et le peignage, comptent plusieurs acteurs dans la région, la filature est jusqu’à aujourd’hui absente ».

Objectif ? Produire 250 tonnes de fils par an. Ce projet normand, qui attend encore le soutien de BPI France, la Région et l’État, nécessite « un investissement de 3 millions d’euros et s’accompagnerait de la création de 25 emplois », selon Patrick Aps, directeur général du groupe. Avec cette filature, 500 hectares (sur 75 000 ha) pourraient être destinés à la production de tissu « made in France ».

Jusqu’à maintenant, NatUp Fibres élabore des matériaux composites à base de lin (Ecotechnilin) dans son usine de Valliquerville (Seine-Maritime) et transforme des fibres pour le textile dans son atelier de peignage (Linière Saint-Martin) à Saint-Martin-du-Teilleul (Eure). La coopérative normande avait annoncé début juin le rachat du dernier tisseur de lin français, Lemaitre & Demeestere, qui fabrique près de 400 000 mètres de tissu de lin chaque année, pour les plus grands noms de l’ameublement et de la décoration mais aussi pour le prêt-à-porter.


 

Mais nous sommes, hélas, contraints de finir ce billet par une mauvaise nouvelle: le célèbre traiteur de luxe "Fauchon" vient de demander la protection du tribunal de commerce de Paris...

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/23/touche-par-la-crise-liee-au-coronavirus-fauchon-demande-a-etre-place-en-redressement-judiciaire_6043935_3234.html

On peut donc craindre une remise en cause du très beau projet de créer une école internationale de la gastronomie à Rouen, un projet porté, justement par le groupe Fauchon, qui entendait, à cette occasion, renouer avec ses racines normandes...

Bref! un dossier chaud de plus à surveiller du côté de la cuisine du conseil régional de Normandie...

Archive de l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2019/07/11/37492972.html