Le festival "Normandie impressionniste" devait revenir en 2020: malgré la crise exceptionnelle du Covid 19, la promesse faite aux Normands et à tous les visiteurs de la Normandie a été tenue: le festival aura bien lieu en tant que symbole d'une identité et d'une fierté normande en plein déconfinement depuis la réunification...

https://fomo-vox.com/2020/06/24/selma-toprak-la-singularite-du-modele-de-normandie-impressionniste-construit-en-cooperation-avec-les-acteurs-locaux-fait-aussi-notre-force-quand-on-traverse-ce-type-de-crise/

Selma Toprak : « La singularité du modèle de Normandie Impressionniste, construit en coopération avec les acteurs locaux, fait aussi notre force quand on traverse ce type de crise ».

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En termes d’aménagements nous n’aurons pas de vernissages. La plupart des lieux partenaires vont prévoir des accueils en petits comités et sur mesure. Des dispositifs de médiation vont aussi évoluer pour s’adapter à l’évolution de la réglementation concernant les accueils de groupes.

Il faut aussi souligner les gestes de nos partenaires à l’égard du public qui subit comme nous tous la crise, avec des journées de gratuité comme par exemple au MuMa du Havre sur plusieurs samedis ou une baisse de tarifs au musée des Beaux-Arts de Caen pour les rendre plus accessibles. Sur l’ensemble du processus de visite, les lieux partenaires ont su réadapter leurs dispositifs pour tenir compte des contraintes sanitaires.

Quels sont les temps forts de l’édition 2020 conçue avec Philippe Piguet ?

Philippe Piguet propose une ligne directrice « la couleur au jour le jour » construite autour de l’idée du quotidien et de ses transformations, dont les artistes, impressionnistes ou contemporains se sont beaucoup saisis. Cela se traduit par une série d’’expositions où l’on retrouve des sujets de l’ordre de l’intime (Musée de Louviers), d’une journée de travail de l’artiste avec ses relations professionnelles et sociales (Musée de Saint-Lo), dans le processus de création à l’atelier (musée de Vernon), de la relation aux collectionneurs (François Depeaux à Rouen), de transformations technologiques ou sociales plus importantes (Nuits électriques au MuMa, Les Villes ardentes à Caen…).  

L’autre dominante est l’usage de la couleur par les artistes impressionnistes qui se saisissent d’une palette plus vive, plus claire que leurs prédécesseurs.

Ce fil directeur amène à des expositions contemporaines comme celles de Flora Moscovici au Shed, de Régis Perray à Bayeux, d’Hicham Berrada à la Maison des arts de Grand-Quevilly ou encore du FRAC avec l’abstraction photographique… On le retrouve en creux dans des formes contemporaines très variées.

Comment se sont organisées les invitations aux artistes contemporains ?

Nous fonctionnons par appels à projets, lancés il y a un an ½ auprès de l’ensemble des partenaires culturels mais aussi éducatifs et associatifs de Normandie. Avec Philippe Piguet et les partenaires locaux, nous avons construit ensemble le projet, rassemblé un conseil scientifique pour déterminer une série de critères et sélectionner les projets. En parallèle à cet appel à projets, nous avons engagé plusieurs visites et rencontres avec les acteurs du territoire, que sont les musées bien sûr, les centres d’art, et aussi les collectionneurs et des lieux susceptibles d’inviter des artistes contemporains pour pouvoir travailler avec eux autour de projet co-construits.

Depuis votre arrivée en 2017, quelle nouvelle impulsion avez-vous souhaité donner à cette manifestation ?

L’art contemporain, la création contemporaine au sens large, et la question de l’ouverture à l’international comptent beaucoup pour moi. Je souhaitais adopter une méthode qui repose sur la concertation avec les acteurs du territoire et élargir les horizons du festival, aborder des sujets sociétaux, ouvrir encore plus à la période actuelle en parlant du regard que les artistes portent sur une société en transformation, autant à la fin du XIXème siècle qu’aujourd’hui avec les mutations technologiques, l’observation du travail, le rapport au marché de l’art.

Cet axe important pour moi rejoignait aussi des enjeux portés par des musées régionaux qui s’appuient beaucoup sur leurs collections pour programmer leurs expositions impressionnistes. Je pense par exemple au musée des Beaux-Arts de Rouen qui va proposer une exposition sur François Depeaux, un des grands collectionneurs de l’impressionnisme en France au XIXème. A partir de ses choix et de sa façon de vivre se dessine le spectacle d’une société en transformation, de l’apparition du marché de l’art.

Quelles sont vos relations avec l’impressionnisme vous qui venez plutôt de la sphère contemporaine ?

Malgré moi, je m’étais un peu enfermée dans la sphère contemporaine. En travaillant sur le programme de la saison, en dialoguant avec les conservateurs, en lisant des catalogues, j’ai redécouvert l’impressionnisme. Cela a été une démarche intellectuelle qui m’apprend aussi à mieux regarder la peinture, quelque que soit son époque. Le fait de cheminer avec Philippe Piguet qui est à la fois un expert dans le champ de l’art contemporain et de l’impressionnisme a été très intéressant pour repérer les liens entre la création d’aujourd’hui et celle d’hier et voir que beaucoup d’artistes d’aujourd’hui s’y référent. Nous avons hier par exemple visité l’exposition de Benjamin Deroche jeune photographe qui a effectué une résidence à l’Abbaye de Jumièges en Seine Maritime, (une exposition Normandie Impressionniste) qui dans sa manière de construire des images se réfère, entre autres, à un langage pictural qui est celui de l’impressionnisme.

Quel est le budget du festival et comment est-il réparti ?

Le budget total de la manifestation est de 5M€ sur 3 ans ce qui inclue toute la phase de préfiguration et de conception de l’évènement, et intègre une série de commandes artistiques. Ce budget est porté en premier lieu par la Région Normandie le premier financeur à hauteur de 40%, en second lieu arrive la Métropole Rouen Normandie, ensuite les deux départements : l’Eure, la Seine Maritime, les 3 villes : Rouen, Caen, Le Havre, et les deux agglomérations : Caen-La-Mer, le Havre-Seine-Métropole. Nous avons aussi plusieurs mécènes qui nous accompagnent via du mécénat financier et/ou des projets spécifiques comme par exemple la SNCF avec des expositions dans cinq gares à Paris et en Normandie, la Poste qui va éditer un carnet de timbres spéciaux Normandie Impressionniste ou Transdev qui va nous aider à développer des actions d’éducation artistique ou culturelles en offrant des transports. Il y a aussi des actions en direction des salariés de ces entreprises qui nous permettent d’élargir les publics.

Petit aperçu pluridisciplinaire : Nuits électriques au MuMa le Havre, Formes de l’abstraction dans la photographie contemporaine au Frac Rouen,“Plein air. De Corot à Monet” au musée des Impressionnistes de Giverny, La Mode des bains de mer aux Planches de Trouville, Camille Moreau Nélaton au musée de la céramique de Rouen, ou “Flora Moscovici, who said decoration was a bad word ?” àl’Académie, centre d’art contemporain de Normandie, Maromme, Claire Tabouret au musée des Beaux Arts de Rouen, Françoise Pétrovitch à l’Opéra de Rouen, ou Lorenzo Vitturi au centre photographique de Rouen.

Infos pratiques :

Normandie Impressionniste 2020

Du 4 juillet au 15 novembre

Le Programme, Les Parcours, Le Pass :

https://www.normandie-impressionniste.fr/


Voir aussi:

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/en-images-immersion-dans-l-impressionnisme-avec-la-cathedrale-de-monet-au-panorama-xxl-de-rouen_34528906.html

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EN IMAGES. Immersion dans l’impressionnisme, avec La cathédrale de Monet, au Panorama XXL de Rouen

La nouvelle toile à découvrir au Panorama XXL, à Rouen (Seine-Maritime), La cathédrale de Monet, a été installée. Ouverture au public prévue samedi 4 juillet 2020. Présentation.

Immersion dans l’impressionnisme. Voilà l’expérience qui est proposée avec la nouvelle fresque géante installée au Panorama XXL, à Rouen (Seine-Maritime). La cathédrale de Monet, l’espoir de la modernité, c’est son nom, est à découvrir à partir de samedi 4 juillet 2020, dans la rotonde des quais rive droite. 

Lire aussi : Gros horloge, Panorama XXL, musées… Ce qui est ouvert et ce qui le sera bientôt, à Rouen

Une gigantesque fresque impressionniste

La toile présente une scène de la vie quotidienne sur le parvis de la cathédrale, au temps de l’impressionnisme. On y aperçoit des badauds endimanchés, un tramway, la grande pharmacie du centre etc. Le tout, accompagné de jeux de musique et de lumière. L’inspiration de ce nouveau panorama, commandé par la Métropole Rouen Normandie, est la série des cathédrales de Rouen de Claude Monet, peinte entre 1892 et 1894, à Rouen, dans les locaux actuels de l’Office de tourisme. 

Pour la première fois, Yadegar Asisi, l’artiste allemand déjà créateur de Rome 312, Amazonia, Rouen 1431, La grande barrière de corail et Titanic, a réalisé cette fresque entièrement à la peinture à l’huile. La toile originale mesure 5,5 mètres de large pour deux mètres de hauteur. Elle a ensuite été numérisée et imprimée sur toile de 32 mètres de hauteur pour 100 mètres de longueur, soit une surface totale de près de 3 500 mètres carrés. 

L’objectif est que le visiteur se sente immergé dans la toile, qu’il sente les coups de pinceaux, souligne le créateur de la fresque.

 

Infos pratiques :
La cathédrale de Monet, au Panorama XXL, quai de Boisguilbert, à Rouen (Seine-Maritime), à partir du 4 juillet 2020. 
Ouvert du mardi au dimanche, de 10 heures à 19 heures.
Tarifs : plein 9,50 euros, réduit : 6,50 euros ; tarif tribu pour les familles (2 adultes et 2 moins de 18 ans) 26 euros ; gratuit pour les moins de 6 ans.
Tarif pass Normandie impressionniste : 6,50 euros. 
Renseignements au 02 35 52 95 29.