Propos de campagne et d'estrade diront certains... Enfin! diront les autres car, pour la première fois, le candidat Philippe assure à ses électeurs havrais que le futur port fusionné de l'Axe Seine pourrait se situer au Havre.

On salue donc l'annonce sinon l'engagement à lire ci-après dans cet entretien donné pour le site actu.fr. Reste, cependant, une chose: que le candidat Philippe s'il l'emportait dimanche 28 juin 2020, puisse en parler au Premier ministre et le convaincre.

Par ailleurs, il rappelle l'urgente nécessité de grands travaux pour achever la darse de Port 2000 et le désenclavement du port vers le fleuve: sur ce dernier point, Hervé Morin et la région Normandie ont fait la proposition concrète de financer la fameuse "chatière" du port du Havre: là encore, il faudra que le candidat Philippe s'il était élu dimanche prochain puisse en parler au Premier ministre pour le convaincre qu'il est possible d'assurer l'avenir d'un grand port maritime d'intérêt national en coopérant étroitement avec le conseil régional de la région où ce port se trouve.

https://actu.fr/normandie/havre_76351/municipales-edouard-philippe-veut-proteger-et-armer-le-havre-face-a-la-crise_34531560.html

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Municipales. Édouard Philippe veut « protéger et armer Le Havre face à la crise »

Arrivé en tête le 15 mars avec 43,6 % des voix, le Premier ministre Édouard Philippe affronte le député communiste Jean-Paul Lecoq (35,75 %), dimanche 28 juin 2020. Interview.

Il a été le successeur d’Antoine Rufenacht en 2010, puis vainqueur haut la main des Municipales au Havre (Seine-Maritime) en 2014. Appelé à Matignon en 2017, le chef du gouvernement, Édouard Philippe a laissé sa place à Luc Lemonnier puis à Jean-Baptiste Gastinne dans la cité Océane. Dimanche 28 juin 2020, pour le second tour des élections municipales, il joue gros face au député Jean-Paul Lecoq. Perdre ferait l’effet d’un coup de tonnerre pour le pouvoir en place.

Favori selon un sondage Ifop pour Paris-Normandie, le premier Ministre, qui a récolté 43,6 % des voix au premier tour, aime à répéter qu’il n’y prête guère attention. À trois jours du vote, le candidat a répondu par écrit à nos questions.

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« Je ne me suis jamais beaucoup passionné pour les sondages… » 

76actu. La campagne a été mise en sommeil pendant trois mois. Votre statut de Premier ministre, vous a permis d’être omniprésent sur la scène médiatique. Votre cote de popularité grimpante joue-t-elle en votre faveur, ou au contraire n’y a t-il pas un risque que les Havrais considèrent que votre place est plus à Matignon ?

Édouard Philippe : Je ne me suis jamais beaucoup passionné pour les sondages et les cotes de popularité. Je suis certain que les Havrais ne s’y intéressent pas beaucoup plus. Mais, vous avez raison, la crise du COVID-19 a changé beaucoup de choses, et il faut proposer aux Havraises et aux Havrais des solutions à la hauteur de la crise économique et sociale qui arrive.

Votre adversaire n’hésite plus à vous attaquer sur votre rôle clef dans cette crise et soutenir que « le gouvernement a été mauvais ». Craignez-vous un vote sanction ? Ne regrettez-vous pas au vu du récent sondage qui vous donne gagnant avec une avance relative d’être tête de liste plutôt que colistier bien placé ?

Je ne crois pas que l’approche politicienne soit celle des Havrais. Dimanche prochain, ils voteront pour une tête de liste, une équipe et un projet pour les six prochaines années. Un projet pour Le Havre. Voilà ce qui les intéresse, voilà ce qui m’intéresse.

Depuis le début de cette campagne, je parle du Havre, je parle de nos projets pour la ville, de nos engagements, de la transformation des quartiers, de la dynamique qu’on a su créer – d’abord avec Antoine Rufenacht, et que j’ai poursuivie. 

J’ai un programme. Je le présente. J’ai été surpris d’entendre le député communiste dire que son programme serait finalisé après l’élection. Dire ce qu’on va faire et comment, ça me semble la moindre des choses quand même ! Ma campagne, c’est Le Havre et je suis prêt à parier que les stars de La France Insoumise qui ont défilé la semaine dernière ne l’ont pas fait par passion pour notre ville…

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Le Havre, « contrairement au député communiste, j’y vote »

Vous avez annoncé que vous ne renoncerez pas à votre fonction de Premier ministre tant que le président de la République vous souhaite à ses côtés. Dans une ville où des quartiers se sentent délaissés et un pays où le maire se doit d’être proche des gens, comment entendez-vous jouer pleinement ce rôle si vous restez à Matignon ?

Les Havrais connaissent ma situation. Ça fait trois ans qu’ils voient un des leurs servir le pays en tant que Premier ministre. Ils savent aussi que ma plus grande ambition est de redevenir maire aussi vite que possible, c’est-à-dire dès que la mission confiée par le président de la République s’achèvera. Ça peut venir très vite, et si c’est le cas, tant mieux, mais on n’est pas du genre à se défiler au Havre. Dans tous les cas, si les Havrais me font confiance, je veillerai scrupuleusement et activement à ce que mon programme soit bien mis en œuvre, par toute mon équipe rassemblée autour d’un projet fidèle à l’esprit de ce que j’ai engagé depuis 2010. Les Havrais savent que je connais la ville dans ses moindres recoins et que mon projet s’enracine dans ma connaissance intime du Havre. D’ailleurs, contrairement au député communiste, j’y vote.

La désertification médicale, et au lendemain de cette crise le mal être des soignants sont des sujets qui reviennent sans cesse au Havre. Quelles mesures prendrez-vous pour y répondre ?

La priorité est de continuer à attirer des médecins chez nous. Cela passe tout d’abord par une offre de formation. Nous avons commencé à le faire avec de vrais succès : LH Dentaire et plus récemment LH Ophtalmologie. En créant ces deux structures, de jeunes professionnels soignants peuvent achever leur formation au Havre et s’y installer ensuite… Dans le même esprit, les jeunes qui veulent se former pour devenir des professionnels de santé ont maintenant la possibilité de le faire au Havre, dès la première année d’université.

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Accélérer le déploiement de maisons des aidants

Il faudra aussi tirer les enseignements de la crise.. Des solutions nouvelles ont été trouvées… je veux les faire perdurer, pour que la médecine libérale, les cliniques privées et l’hôpital public fonctionnent mieux tous ensemble afin de libérer du temps aux soignants et de gagner en efficacité. Les professions médicales, paramédicales et les auxiliaires de vie ont fait un travail formidable…. La ville a décidé de la gratuité du stationnement pour faciliter leurs visites chez les patients. Enfin, à Matignon comme au Havre, je souhaite que nous portions une attention particulière aux aidants… Nous allons accélérer le déploiement de maisons des aidants. La première verra le jour avant la fin de l’année dans le quartier d’Aplemont….

Autre enjeu pour le Havre, l’avenir de son port qui inquiète après la crise et les mouvements sociaux contre la réforme des retraites. Quelles sont vos propositions pour faire en sorte que Le Havre reste un port d’envergure ?

Je n’ai jamais cessé de me battre pour développer la place de notre port… Nous avons bénéficié de trois bonnes années de progression en termes de trafic. C’est une excellente chose. Et puis, malheureusement, le début de l’année 2020 a été difficile et, soyons réalistes, les mois à venir le seront également…. D’abord, je veux que l’on continue à investir ! Il faut parachever Port 2000 grâce à la réalisation des derniers postes à quai et de la chatière, qui reliera le port à la Seine d’ici 2023. Ensuite, je veux que Le Havre continue à peser de toutes ses forces sur le développement des liaisons ferroviaires pour améliorer le transport des marchandises.

Enfin, je suis certain que nous allons réussir la fusion des établissements portuaires pour les ports de l’Axe Seine : un seul port, au service d’une seule stratégie, avec une politique commerciale unifiée et un service intégré aux clients. Ce sera tout bon pour le Havre ! Quant au siège de ce nouvel ensemble, fruit de cette fusion, le gouvernement décidera prochainement de sa localisation. Le Havre a des atouts évidents pour l’accueillir. Vous pouvez compter sur moi pour les faire valoir !

Commentaire de Florestan:

ENFIN!

Écologie : « aller plus loin et accélérer »

En tant que Premier ministre, vous avez reconnu vous-même « être venu sur le tard » aux préoccupations liées à l’écologie. Dans votre programme, elle occupe une place importante, n’y-a-t-il pas une part d’opportunisme électoral de votre part ? Comment entendez-vous rattraper le retard au Havre ?

Il suffit de regarder le bilan de notre action depuis 2010 et vous vous rendrez compte qu’en matière d’écologie, Le Havre est plus en avance qu’en retard…. Mais oui, il faut aller encore plus loin et accélérer… Si les Havrais continuent à nous faire confiance, nous planterons 10 000 arbres supplémentaires dans toute la ville.

Nous développerons la mobilité électrique en donnant  le choix de se déplacer par le tramway, le vélo électrique ou la voiture électrique. Nous construirons une troisième ligne de tramway…. Nous annoncions 100 bornes de recharge pour voitures électriques en 2026, nous en installerons finalement 200. Les pistes cyclables provisoires seront maintenues et nous mettrons à disposition 1 000 vélos électriques. Nous voulons également rendre à la nature le plateau et les falaises de Dollemard…. Un premier test de tri sera effectué dès début juillet sur le site… Mon objectif est qu’à mi-mandat, en 2023, nous ayons réglé totalement ce problème.

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En dépit de votre fonction lors du premier tour, on vous a vu à de nombreuses reprises au Havre. Comment avez-vous construit avec votre équipe cette seconde étape si importante pourtant notamment au vu des intentions d’abstention ?

Nous voulons protéger et armer Le Havre face à la crise. Nous avons tout d’abord réorganisé notre plan d’action autour de trois rendez-vous. Le premier, ce sont les six prochains mois, dans un moment qui sera celui de l’urgence et au cours duquel on doit soulager les Havrais qui souffrent ou vont souffrir de la crise… Le deuxième est celui des deux années à venir : c’est le temps nécessaire pour engager la ville dans la relance de l’économie locale, de l’activité culturelle, de l’activité touristique, du bâtiment. Enfin, le troisième sera à l’horizon des six ans à venir, pour atteindre les objectifs de modernisation et de transformation que nous nous sommes fixés pour Le Havre et son port : une ville plus verte, plus dynamique, plus agréable, et plus solidaire.

Commentaire de Florestan: pourquoi laisser détruire l'ancienne gare transatlantique qui aurait pu accueillir les paquebots de croisière?

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Nous avons ensuite adapté notre façon de faire campagne. J’ai toujours aimé les réunions publiques et les réunions d’appartement. J’en avais fait plus de 130 durant la campagne de 2014. Aujourd’hui, avec les contraintes sanitaires, nous faisons différemment… Je compte sur la mobilisation des Havraises et aux Havrais, avec une question simple : ont-ils envie de poursuivre sur la voie que nous avons engagée pour Le Havre ou souhaitent-ils changer totalement de direction avec une liste dirigée par un député communiste et soutenue par La France insoumise ?

Impôts : pas d’augmentation 

Enfin, si vous deviez retenir une mesure forte de votre programme et une mesure de votre adversaire à laquelle vous êtes foncièrement opposé, lesquelles seraient-elles ?

J’ai du respect pour Jean-Paul Lecoq, tout le monde le sait et je l’ai toujours dit. Mais ses propositions, elles ne sont pas nombreuses, tant il renvoie à plus tard le choix de ses mesures pour Le Havre… Peut-être est-ce parce que pour élaborer son programme il a dû négocier avec des composantes politiques qui ne s’entendent pas toujours : ça ne doit pas être commode de négocier avec la France insoumise.

Je suis en vérité opposé à son projet de rendre gratuits les transports publics. C’est totalement démagogique de proposer une mesure que la Communauté urbaine ne pourrait, de toute façon, pas tenir bien longtemps. Expliquez-moi comment on fait pour entretenir le réseau, pour le développer ? Eh bien c’est simple : soit on le laisse se délabrer, soit on augmente les impôts ! Moi, au contraire, je m’engage à ne pas augmenter les impôts pendant les six années qui viennent, tout comme ils n’ont pas augmenté lors des six dernières.

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