Décidément, la crise du Covid-19 n'aura été pour certains, certaines, qu'une parenthèse puisqu'il leur faut reprendre au plus vite les activités parfois frénétiques qui pouvaient les occuper dans le monde d'avant...

Puisqu'il s'agit, à nouveau, d'évoquer la constitution toujours en cours d'un Fonds régional d'art contemporain dit de "Normandie" par la fusion des deux structures actuelles héritées de la divison régionale normande dans un futur EPR culturel c'est-à-dire, un Etablissement Public de Coopération Culturelle, on est en droit de se poser sérieusement la question de savoir si l'organisation régulière d'une partie de Clochemerle entre Caen et Rouen n'est pas délibérée au titre d'une sorte de happening provocateur et fondateur de ce futur FRAC qui n'a de Normand que le nom...

On reconnaît là le talent unique et toujours aussi créatif de Catherine Morin-Desailly, artiste majeure d'une poétique conceptuelle débridée ayant acquis une réputation mondiale par l'organisation de ses fameux clochemerles  rouenno-caennais qui sont comme autant de joyeuses disruptions telluriques dans le magma de nos certitudes identitaires: l'art ancestral du clochemerle subtilement revisité en virtuose par Catherine Morin-Desailly déconstruit en profondeur notre rapport au localisme de clocher dans une perspective néo-duchampienne totalement assumée. Cette nouvelle provocation stimulante de Catherine Morin-Desailly par la mise en crise qu'elle suscite doit être considérée comme une audacieuse tentative de refonder l'évidence de notre unité normande...

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Pour mémoire: Catherine Morin-Desailly est sénatrice centriste de la Seine-maritime, présidente de la commission culturelle du Sénat et conseillère régionale de Normandie. Comme elle a la responsabilité d'un mandat de la représentation nationale, Mme Morin-Desailly ne peut être en charge d'une fonction exécutive au niveau local ou régional. En conséquence, Mme Morin-Desailly n'est vice-présidente en charge de la culture au conseil régional de Normandie qu'à titre... officieux.

Trève de plaisanteries!

Revenons, quelques instants, aux réalités qui fachent d'un plancher des vaches normandes qui ne sont pas les seules à ignorer les "oeuvres" absconses d'un certain art dit "contemporain" faute d'être assez intelligent pour les apprécier...

1) Le 6 juillet 2020, le dossier de la création d'un FRAC de Normandie est, à nouveau, examiné par les élus de la commission permanente du conseil régional avec la mise au vote des statuts d'un futur établissement de coopération culturelle devant se substituer aux deux structures actuelles établies l'une à Rouen et l'autre à Caen: nous nous sommes procurés le document officiel qui devrait servir de base à la délibération des élus régionaux et nous en reproduisons ci-après les extraits les plus édifiants...

2) En effet, à la lecture de ce document, nous sommes au regret de constater que l'on tourne en rond sur ce dossier en suivant la danse et le rythme d'un traditionnel clochemerle rouenno-caennais puisque le siège prévu pour la nouvelle entité est arbitrairement fixé à Sotteville-lès-Rouen pour, non seulement, administrer le site rouennais mais aussi et surtout pour piloter le site caennais qui a le triple avantage d'être un bel écrin patrimonial (un ancien couvent de Visitandines datant du XVIIe siècle rescapé des bombes de 1944) ayant fait l'objet d'une restauration et d'une mise en valeur exemplaires, d'être plus grand et plus opérationnel que le site rouennais et qui, enfin, est géographiquement mieux situé en Normandie pour assurer la diffusion auprès du public régional. Ajoutons à cela que l'association FRAC Normandie Caen a su développer de nombreux partenariats institutionnels avec les autres grands acteurs culturels du territoire normand (par exemple: l'Institut de la Mémoire de l'Edition Contemporaine, ancienne abbaye d'Ardenne près de Caen) ou avec des collectivités territoriales (par exemple: la communauté d'agglomération Lisieux-Normandie).

3) Comme nous l'avions déjà noté la fois précédente, on déplore l'absence au tour de table du conseil d'administration du futur FRAC de Normandie des représentants des principales villes concernées, à savoir: Caen, Rouen mais aussi Le Havre. N'avoir à ce tour de table la représentation que de la seule ville de Sotteville-lès-Rouen est, pour le moins... ridicule!

4) On notera aussi, une sur-représentation des représentants de l'Etat et une quasi absence de représentation des artistes oeuvrant et vivant en Normandie. On nous parle de la "structuration de la filière professionnelle, de la dynamisation d'un éco-système régional" (sic!) limité, semble-t-il, aux seuls arts visuels... Il s'agit donc encore et toujours du même gros arbre d'art conceptualo-bidulaire labelisé "FRAC" qui doit cacher la forêt des artistes normands vivant et travaillant en Normandie ou ayant un lien avec notre région sans préjuger de façon idéologique avec un label d'art officiel des expressions esthétiques très variées qui sont à l'oeuvre chez les artistes de notre région...

5) La question de fond que nous avons déjà soulevé ici reste toujours sans réponse...  S'agit-il de faire de la culture en région ou de promouvoir authentiquement la culture régionale? Avec de tels statuts, le futur FRAC dit de "Normandie" risque de n'être qu'un machin institutionnel de plus diffusant la Kulture officielle subventionnée sur prescription de l'Etat central via son ministère de la Culture (ou dumoins ce qu'il en reste) avec, comme souvent, la caution prestigieuse des oeuvres d'art et des architectures patrimoniales d'une culture disparue (notamment religieuse) pour donner du sens à une création artistique contemporaine conceptuelle qui bien souvent, refuse d'en avoir...

6) Le ministère de la Culture nous a benoîtement fait savoir que, contrairement aux autres structures culturelles notamment celles du spectacle vivant, les FRAC avaient peu souffert pendant la période du confinement lié à la crise du Covid-19: on se demande bien pourquoi!

Avec de tels statuts, il est à craindre que le confinement du futur FRAC "Normandie" en terme d'attractivité populaire ne soit durable!

 

 

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On lira aussi, ci-après, une motion rédigée par des élus du conseil régional et proposée au vote des conseils municipaux des communes du Calvados qui s'oppose au principe d'un siège du futur FRAC de Normandie à Sotteville-lès-Rouen:

Le happening clochemerleux post-duchampien risque de durer. On pourrait demander à Christo de nous l'emballer... (Trop tard! Il est mort...)

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Quant à Hervé Morin qui suit ce dossier de loin ou du seul point de vue financier, on dira qu'il a, en ce moment, bien d'autres chats à fouetter que les chats de l'art contemporain...

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La bataille de siège va donc reprendre...

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L'urinoir de Caen est, bien entendu, plus doré que celui de Rouen... pour apprendre à mieux pisser dans un violon!


 

L'Etoile de Normandie avait déjà plusieurs fois de la question du FRAC Normandie...

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