Comme ici même annoncé, le "G5" normand, à savoir la réunion des présidents des cinq départements normands (Calvados, Manche, Orne, Eure et Seine-maritime) s'est tenu ce jeudi 24 septembre à Caen au siège du conseil départemental du Calvados à l'invitation de Jean-Léonce Dupont.

Pourquoi cette réunion?

Pour améliorer l'efficacité de la coordination des politiques publiques normandes et la coordination évidente, normale et nécessaire avec le conseil régional de Normandie, d'une part, et la préfecture de région d'autre part?

On se permettra d'en douter!

Ces derniers temps, le localisme, sous le prétexte de la défense de la soi-disant démocratie de proximité, s'avance masqué...

Le vrai enjeu, c'est, au contraire, d'affirmer la présence des départements au moment où, depuis la réforme territoriale de 2015 (loi NOTRe), les conseils régionaux affirment leurs compétences et leur pouvoir sur les politiques publiques territoriales les plus stratégiques (par ex: le développement économique, la promotion et l'attractivité du territoire) mais aussi au moment où les préfets ont récemment rappelé à l'ordre les présidents de département et ce, de façon plutôt sévère, (notamment ceux de l'Orne et de la Manche) lorsque ces derniers prenaient des mesures qu'ils ne pouvaient plus prendre puisque c'est au conseil régional de les prendre et de les mettre en oeuvre...

Ajoutons à cela la perspective des prochaines élections sénatoriales en octobre prochain et des prochaines élections départementales couplées aux élections régionales de mars 2021 et on comprendra donc mieux pourquoi le gros gibier localiste sort soudainement du bois!

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Lire le communiqué officiel diffusé à l'issue de cette réunion:

Très réactifs pendant la crise sanitaire, les cinq Départements normands se sont mobilisés pour assurer la continuité des services publics essentiels, protéger et accompagner les plus fragiles : distribution de plusieurs centaines de milliers de masques, soutien psychologique et matériel aux familles, équipements pour permettre la continuité scolaire à distance des collégiens, plateformes en ligne d’entraide entre citoyens, ouverture de nouveaux téléservices etc. Cette séance de travail a permis d’identifier les bonnes pratiques. Plans de continuité d’activité, équipements et consommables, organisation du travail… le retour d’expériences a démontré que les Départements sont en ordre de marche pour affronter le risque de « seconde vague » épidémique.

Les Départements en première ligne…

Dans la continuité de cette gestion efficace au quotidien et qui a révélé toute la pertinence de l’échelon départemental, les Présidents répondent aujourd’hui présents pour prendre toute leur part et faire face à la crise sociale et économique en déployant des actions publiques au service des habitants des cinq départements normands, à travers des plans de relance solidaires.

…face à la relance sociale

Chefs de file des solidarités, en particulier au travers des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, les Départements normands sont les premiers amortisseurs d’une crise sociale qui s’annonce déjà comme historique. Pour faire face à l’afflux de nouveaux bénéficiaires du RSA, comme pour adapter et renforcer leurs dispositifs d’insertion adoptés dans des contextes alors plus favorables, ils ont déjà abondé leurs enveloppes en 2020 et s’apprêtent à le faire à nouveau en 2021.

Ils ont également mis en place des initiatives pour venir en aide aux plus fragiles.

Voir quelques initiatives marquantes portées par les Département en annexe

Pour faire face à ces dépenses, et dans un contexte financier qui s’annonce difficile, les Présidents des Départements normands font leur la revendication portée par l’Assemblée des Départements de France d’un « bouclier social », par lequel l’Etat prendrait à sa charge toute augmentation des dépenses de RSA supérieure à 5 % en 2021.

face à la relance économique

L’incertitude sanitaire tend à croître de nouveau et conduit à tempérer le rythme prévu pour la poursuite de la reprise. Premiers investisseurs locaux par habitant à l’échelle de la Normandie, les Départements se mobilisent pour favoriser la reprise et le maintien des activités et limiter les impacts de la crise. Ils poursuivent leur contribution à l’effort public et au plan de relance porté par l’Etat.

Voir quelques initiatives marquantes portées par les Département en annexe

Les Départements normands sont prêts à s’engager dans la relance économique en portant des projets verts et solidaires et en territorialisant les crédits du plan France Relance, dont les objectifs – transition écologique, cohésion sociale et territoriale – recoupent largement les compétences des collectivités départementales : sont ici visés les projets de rénovation thermique des bâtiments publics et des logements, le développement des pistes cyclables, la protection des espaces naturels ou encore l’aménagement numérique…

Des mutualisations pour renforcer l’efficacité des politiques publiques

Par des projets soudés, des partenariats et des mutualisations, les cinq Départements cherchent en permanence à renforcer l’efficacité des politiques publiques qu’ils portent ensemble au service des Normands.

Les Présidents ont ainsi pris la décision de constituer une cellule interdépartementale d’inspection des foyers et des services dans le domaine de l’aide sociale à l’enfance qui donnera corps à la compétence de contrôle des Départements. Sa mission consistera à apprécier que les conditions d’organisation et de fonctionnement d’une structure ne compromettent pas la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des enfants pris en charge.

En faveur de la relance sociale

  • Dans le Calvados par exemple, les subventions annuelles aux associations de lutte contre la précarité ont ainsi été doublées, tandis qu’une allocation d’insertion pour les jeunes diplômés primo-entrants sur le marché du travail sera soumise au vote de l’assemblée départementale dans les prochains jours.
  • Dans l'Eure, la plateforme "Job 27" qui favorise le retour rapide à l'emploi des BRSA et répond aux problématiques de recrutement des entreprises euroises sur les métiers en tension a été renforcée. Cette démarche inédite d'accompagnement global, qui allie l'expertise des conseillers de pôle emploi à celle des travailleurs sociaux, a reçu le soutien de l'Etat et de l'Union européenne et a déjà permis, en un an d'existence, de faire reprendre le chemin de l'emploi à plus de 300 allocataires du RSA.
  • Le conseil départemental de la Manche a impulsé la mise en place d’un Groupement d’Intérêt Public « GIP Tandem » destiné à accompagner l’insertion professionnelle durable des bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA). Son objectif : augmenter la création de valeur dans les entreprises du territoire par le recrutement de bénéficiaires du revenu de RSA.
  • Dans l’Orne, le Département va doubler le montant des bourses scolaires départementales dont bénéficient plus de 3 000 familles, représentant un quart des collégiens ornais (27% d’élèves boursiers). C’est également un soutien accru aux jeunes majeurs en formation issus de l’Aide sociale à l’enfance avec une allocation supplémentaire de 200 euros par mois pour les accompagner dans leur autonomie.
  • Le Département de la Seine-Maritime a adopté un avenant à la Convention d’appui à la lutte contre la pauvreté et d’accès à l’emploi (CALPAE) qui conduit, parmi d’autres actions nouvelles à un renforcement significatif de l’accompagnement des structures de l’Insertion par l’Activité Économique (I.A.E.) avec la réalisation d’une cartographie ciblant l’offre et les besoins du territoire et une dotation de 350 000 € pour le Fonds Départemental d’Insertion. Ce dispositif vient en complément des orientations données en Seine-Maritime au SPI pour favoriser l’insertion et l’accès à l’emploi des primo bénéficiaires du RSA.

En faveur de la relance économique

  •  Le Département du Calvados lance ainsi une aide pour dynamiser l'activité des structures de sport de pleine nature sous la forme d'un bon de 40€ destiné aux 6-17 ans à laquelle il consacrera 200 000 € jusqu’en 2021 ; il a par ailleurs engagé une tournée au sein des 16 EPCI calvadosiens pour encourager sans tarder la consommation des crédits dédiés aux investissements sur les territoires.
  • Dans l'Eure, pour relancer l'économie locale, la Préfecture et le Conseil départemental de l'Eure ont ouvert un dispositif de financements exceptionnels dotée de 4M€. Son but : aider les communes à lancer rapidement pléthore de chantiers de moins de 100 000€ Ce plafond a permis à la fois de démultiplier les chantiers (288 projets financés générant 10M€ de travaux) sur tout le territoire et d'entrer plus spécifiquement dans le champ d'intervention des petites et moyennes entreprises locales.
  • Le Département de la Manche a mobilisé un budget d’un million d’euros pour inciter les touristes et les habitants de la Manche à fréquenter notre département en leur offrant un pouvoir d’achat augmenté par des chèques cadeau « chèques évasion » à faire valoir dans un réseau de prestataires d’offres de visite ou de loisirs. Au total, 80 000 chèques pourront être consommés chez les partenaires référencés, avec un montant maximum de 100 € par séjour selon la typologie de séjour. Le projet est porté l’agence d’attractivité Latitude Manche et l’ensemble des offices de tourisme du département.
  • Orne Rebond, c’est le dispositif mis en place par le Département de l’Orne pour secourir quelque 3 000 petites entreprises, artisans, commerçants…du territoire. L’aide s’élève à 500€ pour chacun des deux mois concernés (mars et avril), soit un total de 1000 € par entreprise.  L’Orne a également lancé un plan de soutien au secteur culturel, à travers un fonds de 200 000 € qui s’inscrit dans un schéma de complémentarité et de concertation avec l’Etat et les collectivités territoriales normandes.
  • Malgré la crise, le Département de la Seine-Maritime maintient un niveau d’investissement élevé et proposera un peu plus de 200 M€ notamment pour accompagner la commande publique de très haute qualité environnementale, que le département agisse en maitre d’ouvrage dans le cadre de ses plans AMBITION COLLEGE ou en tant que chef de file des solidarités territoriales au titre des aides aux communes et EPCI.

 

Commentaire de Florestan:

Pas un mot sur la Normandie et encore moins sur le conseil régional de Normandie: le G5 n'est pas le... G6!