Billet de Florestan:

Le Normand est réputé individualiste et méfiant, soucieux aussi de son bon droit. On le dit lucide et prudent. Alors ce n'est pas en Normandie qu'on risque de voir des folies collectives mystiques à caractère sectaire. Tant mieux!

Mais il faut bien croire en quelque chose pour nous projeter dans l'avenir afin ne pas être soumis au seul présent: être "sire de sei" (seigneur de soi-même) tout en maintenant le cap, surtout dans l'adversité.

Les Normands sont des marins qui ne croient que ce qu'ils voient et expérimentent: ils doutent. Mais du bateau et du capitaine ils ne sauraient douter car les marins ne doivent pas faire naufrage!

La Normandie est notre navire: l'Histoire l'a mise rudement à l'épreuve et une célèbre devise qui prévaut à Paris conviendrait finalement beaucoup mieux à la Normandie:

"Elle flotte mais ne coule pas!" (fluctuat nec mergitur)

Mais la Normandie n'étant pas qu'une simple barque poussée d'amont en aval par le courant d'un fleuve, puisqu'elle est dotée d'une puissante voile, sait où elle va.

Depuis cinq ans, les Normands ont rembarqué. Nous sommes de nouveau à bord et il faut former un équipage.

Certains ont le mal de mer.

Pas nous!

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https://www.ouest-france.fr/normandie/les-normands-face-a-la-crise-economique-7009818

Les Normands face à la crise économique

Consciente des difficultés, la Normandie doit avant tout faire confiance à ses ressources internes, selon une enquête Odoxa

Bertrand Thimonier, PDG du groupe Adviso-Partners, spécialiste du conseil en financement pour les PME et entreprises de taille intermédiaire.

Quelles grandes tendances reflètent votre baromètre Odoxa-Adviso Partners ?

Réalisée auprès de 3 000 Français, notre enquête du 23 septembre relève la montée générale des inquiétudes. 69 % de Français jugent la situation économique du pays mauvaise et 4 salariés sur 10 ont peur de perdre leur emploi à cause du coronavirus, soit une hausse de 16 points depuis avril. L’ensemble des régions redoute de connaître dans les prochains mois une crise économique particulièrement grave à cause du coronavirus, particulièrement les Hauts de France (88 %), l’île de France (87 %) et le Grand-Est (83 %). Les Normands sont un peu moins inquiets (79 %) pour l’avenir, mais ils sont 73 % à considérer que la situation économique du pays se dégrade et 72 % reconnaissent que trouver un emploi attractif sur leur territoire sera une mission difficile dans les prochains mois.

Comment expliquez-vous cette inquiétude ?

La Normandie reste proche et dépendante de Paris. Beaucoup de choses se traitent encore de la capitale, notamment pour la Vallée de la Seine. Les Normands sont conscients des difficultés à venir, ils savent que les industries lourdes sont souvent les premières à souffrir, comme on vient de le voir avec Bridgestone à Béthune. Comme les habitants des Hauts de France, ils sont parmi les moins nombreux (7 % de la population) à pratiquer le télétravail, moteur de l’économie en cette période de crise sanitaire.

Les Normands trouvent-ils tout de même des raisons de rester optimistes ?

Notre enquête montre que les habitants gardent plus confiance dans leurs territoires. Comme les Bretons et les Ligériens, particulièrement optimistes, – 77 % et 73 % pensent que la situation économique de leur région est meilleure qu’en 2019-, 58 % des Normands notent également une amélioration de la situation de leur région. Ils ne sont que 37 % à redouter de perdre l’emploi à cause du coronavirus et craignent moins le risque d’un rebond de l’épidémie en Normandie (74 % au lieu de 79 % pour l’ensemble de la France). Ils sont 61 % à considérer que la situation de leur foyer est bonne (et pour 7 % d’entre eux très bonne). Je crois que les Normands gardent avant tout confiance dans leurs propres ressources. Nous vivons des moments difficiles de concentration où des leaders régionaux peuvent émerger. Il faut toujours vivre la difficulté comme une opportunité.

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