Fusion portuaire de la vallée de la Seine: Catherine Rivoallon, la préfiguratrice choisie par l'ex-futur maire du Havre dit qu'elle est prête alors que courait le bruit depuis quelques semaines (source: la lettre A) que la fusion portuaire envisagée pourrait être reportée bien après le 1er janvier 2021... Communication de crise habituelle qui n'abusera ici personne.

Car la question évidemment est moins celle de la forme que celle du fond et si l'on fusionne un contenant sans contenu, qu'importe le jour ou l'heure!

On rappellera donc ce qui pour nous importe:

1) Le siège du futur port de l'Axe Seine doit se trouver au Havre avec un partage des rôles avec Rouen voire Caen dans une logique de réseau métropolitain normand.

2) Ports de Normandie (ports de Cherbourg, Caen et Dieppe gérés par le conseil régional de Normandie) doivent être associés au futur grand port maritime de l'Axe Seine.

3) La gouvernance de ce futur port doit être ouverte aux collectivités territoriales directement concernées par le financement du projet portuaire à savoir: la région Normandie, la région Ile-de-France, la métropole de Rouen et la communauté urbaine du Havre. Mais aussi aux entreprises qui ont l'usage des ports: les UMP du Havre, de Rouen et du port fluvial de Gennevilliers.

Concrèrement, il n'est pas souhaitable pour l'efficacité réelle future de ce grand machin que tous les acteurs du réel (collectivités territoriales et les unions maritimes portuaires) soient relégués dans un conseil territorial qui n'aura qu'une voix consultative auprès d'un conseil d'administration entièrement peuplé ou presque de haut-fonctionnaires nommés par un Etat central parisien qui n'a jamais fait preuve dans une histoire passée ou récente d'un intérêt soutenu et prolongé pour les réalités maritimes ou logistiques.

4) Les pouvoirs parisiens doivent s'apercevoir que s'il y a enfin quelque chose de nouveau et de positif sur ce dossier de l'Axe Seine sur lequel on bavarde doctement depuis dix ans, c'est l'arrivée dans le réel avec la réunification régionale normande d'une autorité d'action publique qui a toute légitimité pour agir sur cet enjeu d'intérêt national en expérimentant la subsidiarité régionale:

Il est donc URGENT que le conseil régional de Normandie fasse une communication puissante sur le fait que le développement de la vallée de la Seine est d'abord l'affaire des Normands!

C'est aux Normands d'apporter les affaires maritimes au Grand Paris et non l'inverse!

Tel est le grand pari de la réunification normande...

Pour la Normandie et son avenir c'est une question de vie ou de mort!

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https://m.lantenne.com/Catherine-Rivoallon-Nous-sommes-prets_a53926.html

Nommée en février 2019 par Édouard Philippe, Premier ministre, comme préfiguratrice de la fusion des ports de l’axe Seine, Catherine Rivoallon rendra bientôt sa copie. Reste l’arbitrage de l’État.

Le rapprochement des ports d’Haropa (Le Havre-Rouen-Paris) était prévu au plus tard en janvier 2021. Après les mouvements sociaux contre la réforme des retraites, puis la crise sanitaire, pourra-t-il être mené à son terme dans les délais ?
Le défi était difficile, le délai très court avec dix-huit mois pour réaliser ce travail mais toutes les équipes se sont mobilisées comme les directeurs des ports et je vais arriver au terme de cette mission, qui vise à la création de ce nouvel établissement, au plus tard le 1er janvier prochain. Nous avons hâte de mettre en œuvre la fusion des trois ports, qui s’inscrit parfaitement dans le plan de relance économique annoncé.

Quelles sont les prochaines étapes ?
Après une large concertation sur le terrain, menée auprès des territoires, des clients et des salariés des trois ports, le plan stratégique a été présenté avec des propositions portant aussi bien sur le modèle économique, l’organisation, la gouvernance, les aspects juridiques et financiers. Le futur établissement unique étant sous la tutelle de l’État, c’est à l’État maintenant de le valider et nous en attendons les retours.
Depuis, le Premier ministre a changé et le ministère de la Mer a été créé, mais tout va se mettre en ordre de marche pour obtenir des arbitrages, des ministères de la Mer, des Transports et de Bercy. Le Premier ministre aura peut-être son mot à dire aussi. La nouvelle gouvernance devra ensuite approuver ce plan stratégique, dont le volet environnemental doit aussi être validé par le Conseil scientifique de l’estuaire de la Seine, avant de l'être par l’Autorité environnementale.

Votre mission comportait aussi un volet social…
La première étape a consisté à expliquer les apports de la fusion des trois ports de l’axe Seine, ce qui a été validé en 2019 par toutes les organisations syndicales. La deuxième étape consiste en un accord cadre unique interentreprises, à l’échelle des trois ports. Les négociations ont porté sur la finalisation de cet accord cadre, les réunions ont été momentanément suspendues par les grèves contre la réforme des retraites puis par la crise sanitaire, mais elles vont reprendre très prochainement pour une signature attendue dans les semaines qui viennent.
Tout le monde est convaincu, dans le contexte de la Covid-19 et particulièrement celui du plan de relance, que cet établissement unique permettra à l’axe Seine d’être en capacité d’apporter des réponses et des solutions logistiques, foncières et écologiques beaucoup plus performantes et visibles. La crise actuelle montre que chaque port aurait du mal à y faire face en restant indépendant. Ils ne pourront qu’être plus forts, à trois, pour rebondir.

Les ports maritimes du GIE Haropa garderont-ils le statut juridique d’établissements publics de l’État ?
La question du juridique induit le sujet de l’ordonnance et du décret. Les premiers textes ont été rédigés avec les services de l’État mais nous attendons les réponses de ce dernier en termes d’arbitrages. Avant d’en finaliser le contenu définitif, que nous espérons en octobre, nous poursuivons également les rencontres et les concertations avec les territoires, les élus, les organisations syndicales et les communautés portuaires.
Nous sommes dans le cadre d’une fusion et non pas d’une holding et ce sera bien un établissement public d’État, unique. Il sera sous le contrôle de l’État mais avec une structure d’entreprise, qui aura une logique commune d’investissements comme de politique commerciale : les trois ports, chacun de son côté, étaient jusqu'ici des aménageurs d’infrastructures, avec une vision plutôt technicienne. Demain, ils devraient se développer différemment, avec un nouveau modèle économique d’entrepreneurs.

Où en sont la localisation du siège de cette future entité et la nomination de son dirigeant ?
Il est important que l’État communique rapidement ses arbitrages et confirme la date de création de cet établissement unique, car c’est un sujet d’inquiétude important dans les écosystèmes des ports, des métropoles, des villes, comme des salariés. L’humain a horreur du vide et tout le monde attend les annonces.

La localisation du siège devra être judicieuse et avoir du sens pour donner toute la force souhaitée à cette fusion des trois ports. À la tête de cet établissement, il faudra une personne qui aime le terrain, sache écouter les attentes du privé tout en travaillant de concert avec le public, et soit force de propositions d’idées nouvelles dans les domaines de l’international, de la transition énergétique et de l’innovation. En quelque sorte, un mouton à cinq pattes.

La réaction des unions portuaires concernées (UMP du Havre, Rouen, Gennevilliers et Paris) ne s'est pas fait attendre: la relégation du conseil d'administration avec voix consultative ne passe pas:
"Comment imaginer un port entreprenant sans ses entrepreneurs?"
Poser la question, c'est, effectivement y répondre!

 

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